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Revue n° 4, 1990

Encourager, de New York, les femmes agriculteurs d’Afrique

Les Défenseurs de la sécurité alimentaire en Afrique influencent les Nations Unies de l’intérieur

NATIONS UNIES — Que ce soit dans les salles de réunion caverneuses des sous-sols, dans les bureaux d’acier et de verre du bâtiment du Secrétariat, ou dans l’auditorium même de l’Assemblée générale de l’ONU, obtenir d’être bien écouté lorsqu’on énonce des idées importantes est une préoccupation commune tant des organisations gouvernementales que non-gouvernementales.

Les Défenseurs de la sécurité alimentaire en Afrique utilisent de nouvelles méthodes pour réaliser leurs objectifs et donc offrent un exemple novateur à d’autres groupes et pour d’autres questions.

Se consacrant à défendre une prise de conscience internationale du rôle des femmes agriculteurs dans la production alimentaire en Afrique, les Défenseurs sont une coalition d’Organisations non-gouvernementales (ONG), d’organismes des Nations Unies et d’organisations gouvernementales. Probablement unique au sein des Nations Unies en raison de cette combinaison remarquable de membres, ce mélange leur donne une influence surprenante, malgré un budget quasiment inexistant et une structure fort souple.

« Les Défenseurs sont un exemple inhabituel » déclare Barbara Adams, conseillère auprès du Bureau de liaison des Nations Unies avec les Organisations non-gouvernementales. « Les Défenseurs œuvrent à la fois de l’intérieur et de l’extérieur, de sorte qu’ils surmontent les inconvénients de beaucoup d’Organisations non-gouvernementales car ils savent comment fonctionne réellement l’ONU. Beaucoup d’Organisations non-gouvernementales sont très intéressées par telle ou telle question, mais elles ne savent pas toujours comment se faire entendre. »

Le groupe des Défenseurs a été constitué en 1986 à la suite d’un colloque tenu sous les auspices du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), colloque qui s’est principalement intéressé aux femmes agriculteurs d’Afrique. Un certain nombre de participants, en particulier des femmes représentant diverses Organisations non-gouvernementales et divers organismes des Nations Unies à New York ont décidé de rester actifs dans ce domaine, estimant que l’appui donné aux femmes agriculteurs d’Afrique était insuffisant – sachant que les femmes produisent 50 à 80 % de la nourriture de ce continent.

A l’heure actuelle, on compte, parmi les Défenseurs, des représentants de divers organismes des Nations Unies tels que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’UNIFEM et le Bureau de liaison des Nations Unies avec les Organisations non-gouvernementales. L’Organisation de l’unité africaine, organisation gouvernementale, y participe aussi, par l’intermédiaire de son représentant à New York.

Les ONG participant à ce groupe comprennent des groupements religieux tels que le Congrès mondial des églises pour la paix et l’Eglise romaine unifiée, ainsi que des groupements s’occupant du développement tels que Save the Children Foundation (Fondation pour la sauvegarde des enfants), la Coordination pour le développement (CODEL) et l’Institut Afrique-Amérique. La Communauté internationale bahá’íe est membre du groupe depuis ses débuts, et cette année c’est elle qui est chargée de convoquer les membres.

Principale activité des Défenseurs : l’organisation annuelle, aux Nations Unies, d’un forum sur le rôle des femmes agriculteurs d’Afrique. Mais ce groupe a également écrit et monté une pièce de théâtre qui conte la vie quotidienne des femmes agriculteurs, et a publié plusieurs dépliants et brochures. [Voir article sous le titre « Un jour dans la vie d’une femme » dans le même numéro]

Les Défenseurs sont très appréciés pour leur approche réaliste des problèmes du développement en Afrique. En effet, à leurs forums, ils invitent des femmes agriculteurs et des femmes expertes dont ils mettent en avant les points de vue. Ils agissent de même dans leurs publications.

« Les Nations Unies sont une bureaucratie et, comme dans toutes les bureaucraties, le travail devient de la routine au bout d’un certain temps » déclare Elizabeth Okwenje, Directrice pour l’Afrique d’OXFAM Amérique et membre des Défenseurs. « Lorsqu’on y amène l’expérience concrète des pays en voie de développement, on crée chez ceux qui travaillent à New York un intérêt plus grand. »

Et Mme Okwenje ajoute, « à bien des égards j’estime que l’influence est plus forte quand on voit une femme agriculteur d’Afrique raconter sa journée que lorsqu’on voit un Ministre des affaires étrangères se lever à l’Assemblée générale pour essayer de faire comprendre la réalité des problèmes de son pays ».

Outre la diversité de ses membres, plusieurs autres facteurs ont aidé les Défenseurs à être beaucoup plus efficaces que ne l’implique leur nombre ou leur budget. Ruth Engo, l’une des fondatrices des Défenseurs, a déclaré lors du colloque annuel du 12 octobre dans l’amphithéâtre de la bibliothèque Dag Hammarskjöld « un aspect important du groupe des Défenseurs est qu’il s’agit d’un organisme informel sans bureaucratie institutionnelle. Nous n’avons ni président ni directeur. Nous nous réunissons pour encourager les femmes agriculteurs et non pour promouvoir une institution, c’est cela notre force ».

Mme Engo, qui travaille avec les Défenseurs en tant que consultant auprès de l’UNIFEM précise en outre « du fait que nous traitons d’un sujet particulier et non d’une institution, il y a moins de danger de se perdre dans la bureaucratie ou dans un travail de pure propagande ».

« Nous avons un objectif commun qui est d’aider les femmes agriculteurs à assurer la sécurité alimentaire en Afrique. C’est de cela qu’il s’agit, et non du PNUD ou d’UNIFEM, ni d’aucun autre organisme. En outre, du fait que nous ne sommes pas une institution, nous ne sommes en butte à l’inimitié de personne. Nous ne prenons la place de personne. Nous ne faisons que renforcer la bonne volonté de tous en vue de la solution du problème de la faim en Afrique. »

La Communauté internationale bahá’íe participe largement au groupe des Défenseurs parce que ce groupe agit sur diverses questions qui intéressent de très près la communauté bahá’íe mondiale : égalité des droits pour les femmes, sécurité de l’alimentation et développement de tous les peuples. Mary Power, qui, parmi d’autres, représente la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies déclare : « Dans le cadre de notre action avec le groupe des Défenseurs, nous relions entre elles toutes ces questions. »

Mme Engo, et d’autres personnalités, ont déclaré que le groupe des Défenseurs est efficace parce qu’il travaille sur un seul sujet : les femmes agriculteurs en Afrique, et laisse de côté d’autres aspects du problème de la faim, les questions propres aux femmes ou le développement du tiers-monde. Le groupe des Défenseurs pourrait servir de modèle à d’autres qui désirent porter au premier plan de la scène internationale un problème particulier.

« J’estime que ce modèle est applicable à d’autres situations » déclare Mme Engo. « On peut s’accorder sur la paix, en raison du nouveau concept de la paix et du développement. Ce modèle pourrait aussi servir pour des questions à fortes implications politiques, telle que la question des denrées de base en Afrique. Dans ce dernier cas, il faut certainement l’avis des experts. Mais ce sont les populations elles-mêmes qui produisent ces denrées de base, et par conséquent on a besoin de leur point de vue. »



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Dernière mise à jour le 22/09/2017