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Revue n° 53-54, 2005

En Australie, l’enseignement dispensé par les bahá’ís dans les écoles publiques rencontre un large succès

SYDNEY, Australie — Comme beaucoup d’autres parents de par le monde, Vicki Thomas tient à ce que ses enfants reçoivent un enseignement religieux.

« Mes enfants sont très jeunes et n’ont pas besoin pour le moment d’un enseignement trop poussé, mais je pense que c’est important pour eux d’avoir une éducation religieuse », dit cette jeune femme de 33 ans résidant dans la banlieue-nord de Sydney.

Le fait qu’elle ait opté pour l’enseignement bahá’í peut sembler surprenant sachant qu’elle est issue d’un milieu catholique. Elle a malgré tout décidé d’envoyer ses trois enfants aux cours bahá’ís qui se tiennent dans leur école primaire. « J’aimais l’ouverture d’esprit du programme bahá’í », dit-elle.

Au total, environ 6 000 enfants de toutes confessions assistent à ces cours dispensés par les bahá’ís dans plus de 300 écoles primaires publiques dans le cadre d’une loi votée il y a un siècle obligeant les écoles à offrir une instruction religieuse lorsque les parents le souhaitent.

Importance des valeurs morales

Conformément au principe bahá’í selon lequel toutes les grandes religions du monde ont la même origine divine et ont été révélées progressivement à l’humanité, le programme BESS (Bahá’í Education in State Schools - Education bahá’íe dans les écoles publiques) comprend une introduction à toutes les grandes religions du monde.

Ce programme met l’accent sur les valeurs morales telles qu’elles sont enseignées dans toutes les religions : la patience, l’honnêteté et la compassion, ainsi que les grands principes sociaux tels que l’unité de l’humanité, l’égalité de l’homme et de la femme et la tolérance raciale et religieuse.

« Les parents apprécient le fait que nous apprenons aux élèves à respecter les différentes cultures et religions du monde », dit Yvonne Perkins, porte-parole de la communauté bahá’íe d’Australie qui compte environ 10 000 membres.

« Ils aiment aussi le fondement moral du programme et le fait que nous encourageons les enfants à s’interroger sur leur comportement et la façon dont ils peuvent l’améliorer pour contribuer à l’établissement d’un monde meilleur. »

En Australie, contrairement à d’autres pays, l’éducation religieuse dans les écoles publiques n’est pas interdite en vertu du principe de séparation de l’église et de l’Etat. L’éducation religieuse générale fait souvent partie du programme d’étude, bien que des prières ne soient pas récitées et qu’aucune religion ne soit désignée comme unique détentrice de la vérité.

En plus de cela, la plupart des Etats et territoires autorisent les étudiants à suivre un enseignement religieux spécifique à l’école. C’est ce qu’on appelle « l’éducation religieuse spéciale ». Elle est dispensée parles formations religieuses elles-mêmes, mais l’Etat contrôle et gère les cours.

Dans l’ouest de l’Australie, c’est le Département d’éducation et de formation qui contrôle les programmes des différentes formations religieuses qui souhaitent dispenser des cours dans les écoles.

Brian Rogers, responsable des programmes dans ce Département note que « le programme bahá’í, intitulé le ‘Peace Pack’, a été contrôlé par le Département qui a autorisé des bahá’ís formés à cet effet à dispenser ces cours ». Il ajoute : « Avant de donner son autorisation, le Département examine plus l’approche pédagogique que le contenu particulier du programme dont le choix est laissé à l’appréciation des différentes formations religieuses. »

Les bahá’ís enseignent la religion en Australie depuis 1960. Les premières classes ont été ouvertes dans les écoles locales par des mères bahá’íes soucieuses de donner une instruction religieuse à leurs enfants. Le programme BESS existe officiellement depuis la fin des années 1980, date à laquelle le gouvernement de l’Etat de Nouvelle Galles du Sud a officialisé la communauté bahá’íe en tant qu’entité habilitée à enseigner la religion dans les écoles.

Aujourd’hui, des centaines de volontaires bahá’ís enseignent le programme BESS dans la plupart des Etats du pays. Ils suivent une formation continue en matière d’éducation religieuse et de protection de l’enfant et ils sont enregistrés conformément à la politique des départements d’éducation des différents Etats. Ils utilisent des matériels pédagogiques mis au point spécialement pour le programme BESS par des éducateurs professionnels bahá’ís.

Priorité aux valeurs

Au-delà des principes de base de la foi bahá’íe, le programme BESS couvre également les autres grandes religions ainsi que les cultures du monde. Les enfants font partager aux autres leur patrimoine culturel à travers le chant et l’artisanat. Le programme prévoit aussi des temps de prière et de méditation.

Les responsables gouvernementaux reconnaissent le besoin d’éducation religieuse et l’acquisition des valeurs dans une Australie de plus en plus multiculturelle.

Selon M. Rogers, la section « Société et environnement » du Département d’éducation et de formation du reconnaît qu’à tous les niveaux de scolarité il est important d’étudier la diversité de l’interaction entre les cultures, les croyances et les pratiques du passé et d’aujourd’hui. C’est ainsi que le programme d’étude encourage les élèves à respecter le patrimoine culturel et à défendre la justice sociale.

Le programme BESS s’attache en particulier à encourager chaque enfant à reconnaître les qualités qui lui sont propres et celles qu’il doit développer.

Un principe bahá’í pleinement appliqué dans ces classes est que l’éducation doit faciliter la capacité des individus à développer une pensée indépendante et objective. C’est pourquoi les enseignants ne cherchent aucunement à convertir ou à endoctriner leurs élèves. Ils les encouragent plutôt à se poser des questions et à se mettre au service de l’humanité.

« Nous constatons que l’intérêt et la participation au programme BESS augmentent constamment, en particulier depuis une dizaine d’années », dit Mme Perkins, porte-parole des bahá’ís. « Les classes sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus fréquentées, en grande partie grâce au bouche-à-oreille et aux résultats que les parents constatent chez leurs enfants. » « Les enfants adorent ce type d’enseignement, le programme est très varié et l’art, l’artisanat, la méditation et les histoires qui sont contées stimulent l’imagination. » S’y ajoutent le chant, la danse, des jeux et d’autres activités participatives.

Nombre d’enseignants s’inspirent d’un programme bahá’í, le « Peace Pack », mis au point par une enseignante professionnelle, Georgina Sounness et une illustratrice, Terri Turner qui ont commencé à écrire les livres après avoir ouvert elles-mêmes une classe en 1993.

Georgina Sounness explique « c’était très décourageant car nous nous sommes rendu compte que nous pouvions accueillir beaucoup plus d’élèves mais que nous ne disposions pas des matériels pédagogiques nécessaires pour faire appel à d’autres volontaires ».

Le « Peace Pack » est un cours en quatre parties destiné à différents groupes d’âge, qui comporte un CD de chansons pour enfants, compilées par le musicien australien Greg Parker. Le programme porte sur l’unité raciale, l’égalité des sexes, l’élimination nécessaire de la pauvreté, et l’importance primordiale de l’éducation pour la paix et la prospérité dans le monde. « Tout l’enjeu consiste à faire comprendre aux enfants que la paix est possible et à leur donner les outils nécessaires pour être des artisans de paix et les aider en ce sens. »

Par exemple, pour que les enfants puissent imaginer à quoi pourrait ressembler un monde de paix, on leur demande de construire une « maison de la paix ». A l’aide de carton et de peinture ils doivent construire une maison où les habitants, « citoyens du monde » se sentiraient heureux et confortables – et ce, pour toutes sortes de raisons : l’égalité entre les hommes et les femmes, le bien-être économique, l’éducation pour tous ou encore la compréhension entre personnes de religion différentes.

« Les enfants trouvent l’idée amusante : on leur donne du carton, du feutre, des bâtons de crème glacée et ils comprennent tout de suite que si une seule ardoise manque la maison n’est pas terminée…Pour bâtir la paix, il faut réaliser l’unité de l’humanité ou l’égalité entre les sexes.»

Changements dans le comportement

La réaction des parents au programme BESS a été massivement positive. « Certains parents ont appelé pour nous remercier », dit encore Mme Sounness. « Ils veulent donner une éducation spirituelle à leurs enfants, mais ils ne savent souvent pas comment s’y prendre. Ils savent ce qu’on leur apprend et tombent amoureux du programme. »

Mme Perkins raconte que nombre de parents ont remarqué une amélioration dans le comportement de leurs enfants.

Mme Sounness ajoute : « Nos enseignants partent du principe que même si les qualités d’un enfant sont cachées par les mauvaises habitudes qu’il a prises petit à petit, chacun n’en possède pas moins quelque chose d’exceptionnel. Les enseignants bahá’ís cherchent à révéler ces qualités en évitant de coller des étiquettes comme : « manque de concentration » ou « mauvaise conduite ».

« Si quelqu’un est là pour encourager un enfant à exploiter ce qui est bon en lui, une fois par semaine, au lieu de se polariser sur ce qu’il fait de mal, sa vie peut être changée du tout au tout. »

Robert Chivers, concepteur de programmes informatiques à Perth qui a enseigné le programme BESS pendant trois années, dit que les parents remarquent souvent un changement d’attitude chez leurs enfants après les cours, ils sont plus calmes et parlent des vertus.

Venus Nasrabadi a commencé à enseigner comme volontaire lorsque ses propres enfants en ont eu besoin, et cela fait maintenant huit ans qu’elle enseigne. Le nombre d’élèves dans sa classe a considérablement augmenté.

« Cette année, j’ai commencé avec trois élèves, dont mon fils, mais comme les parents me connaissent et connaissent mes enfants, ils ont envoyé les leurs, et j’ai terminé l’année avec 29 élèves. »

« Je cherche toujours à leur faire faire un maximum d’activités créatrices illustrant les thèmes enseignés en classe. A propos de Moïse et de l’introduction au judaïsme, par exemple, nous avons fabriqué des paniers en papier pour rappeler que Moïse a été mis dans un panier et déposé au bord du fleuve par ses parents. »

Michelle Ostowari, mariée à un Zoroastrien, a choisi le programme BESS parce que c’est ce programme qui se rapproche le plus de la religion de son mari.

« C’est formidable, parce que sinon nous aurions été obligés d’envoyer nos enfants dans ce genre de classes où l’on se contente de les faire asseoir les bras croisés », dit Mme Ostowari. « Ma fille assiste à ces classes depuis le jardin d’enfants et elle est maintenant en 5ème année ; mon fils ira aux cours dès qu’il entrera à l’école l’année prochaine.

« Les classes ont été très positives pour ma fille ; elle est devenue véritablement tolérante. Juifs, musulmans ou autres, elle s’entend avec tout le monde et nous sommes ravis de constater que pour elle la religion ne sera jamais un obstacle à l’amitié. »

Mme Thomas, qui habite dans la banlieue de Sydney, dit que ses enfants semblent eux aussi très satisfaits de l’enseignement bahá’í.

« L’accent est mis sur la paix et l’unité, et les enfants aiment ça. Ils rentrent à la maison avec de jolis devoirs à faire et un cahier rempli de belles citations. Tout ceci est fait avec un très bon esprit et ne peut que leur faire du bien. C’est l’un des points forts de la semaine, ils attendent le mardi matin avec beaucoup d’impatience ! »

Corinne Podger



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Dernière mise à jour le 22/11/2017