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Revue n° 53-54, 2005

Des femmes se rassemblent à l’ONU pour défendre les acquis de Beijing

NATIONS UNIES — Pendant deux semaines, au mois de mars dernier, les halls imposants du bâtiment de verre et d’acier des Nations Unies ont changé radicalement d’aspect et d’atmosphère. Des milliers de femmes représentant des organisations locales du monde entier ont déferlé dans ce centre de la diplomatie internationale y apportant une bigarrure qui n’était pas sans rappeler l’effervescence de la conférence de Beijing, il y a une dizaine d’années.

Drapées dans des saris indiens multicolores, des boubous africains de couleurs vives, ou encore coiffées d’un foulard, les femmes se sont massées dans les salles de conférence du sous-sol ou les halls de l’étage supérieur pour défendre les droits et prérogatives chèrement acquis en 1995 à la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes.

A la 49e session de la Commission de la condition de la femme, ces femmes ont réussi à obtenir des gouvernements une déclaration claire réaffirmant les engagements pris à Beijing et rattachant les promesses de Beijing aux objectifs du Millénaire pour le développement.

Dans sa déclaration, la Commission dit que : « La mise en oeuvre pleine et entière de la Déclaration et de la Plate-forme d’Action de Beijing est essentielle pour atteindre les objectifs du développement approuvés par la communauté internationale, notamment ceux contenus dans la Déclaration du Millénaire. » La Commission a aussi adopté 10 résolutions visant à promouvoir l’amélioration de la condition de la femme.

« Sans aucun doute, la participation de milliers de femmes au processus d’examen de Beijing a eu un impact sur les gouvernements », dit Bani Dugal, présidente du Comité des ONG sur la condition de la femme. « La diversité des femmes représentées, ainsi que la participation de jeunes femmes, a démontré la vitalité du mouvement mondial des femmes et sa détermination à obliger les gouvernements du monde à respecter les promesses faites à Beijing. »

Mme Dugal, qui est aussi la principale représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies, estime à plus de 2 700 le nombre de femmes représentant des ONG qui ont participé à la Commission, chiffre record pour la participation d’ONG à une commission de l’ONU.

Evaluation de Beijing

La conférence de Beijing de 1995 représente indiscutablement une étape décisive dans les efforts internationaux destinés à promouvoir l’amélioration de la condition de la femme. Représentant 189 nations, des femmes ont adopté une déclaration générale et une Plate-forme d’Action visant à lancer une campagne mondiale en faveur d’une participation entière des femmes à égalité avec les hommes tant dans leur vie privée que dans la vie publique, et ce dans le monde entier.

Tenue en septembre 1995, la conférence a été l’une des réunions internationales les plus importantes jamais organisées sous les auspices des Nations Unies, enregistrant quelque 17 000 participants. Nombre d’entre eux représentaient des organisations non gouvernementales lesquelles ont tenu un forum parallèle auquel plus de 20 000 personnes ont participé.

En plus d’un agenda général sur l’autonomisation des femmes, la Déclaration et la Plate-forme d’Action de Beijing ont examiné 12 domaines cruciaux pour les femmes : la pauvreté, l’éducation, la santé, la violence contre les femmes, les conflits armés, les perspectives économiques, le partage du pouvoir et de la prise de décision, les mécanismes pour promouvoir l’avancement des femmes, les droits fondamentaux, les médias, l’environnement et, enfin les fillettes.

La Commission de 2005 devait examiner les progrès enregistrés par les gouvernements dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d’Action. Elle a constaté que le bilan était en définitive mitigé.

Environ 95 gouvernements, représentés essentiellement au niveau ministériel, ont pris la parole en session plénière au cours de la première semaine. Les progrès enregistrés dans la mise en oeuvre des objectifs de la Plate-forme de Beijing ont été largement évoqués, mais nombre d’intervenants n’ont pas caché ses insuffisances.

« Malgré de nombreux succès, nous reconnaissons qu’il reste encore des lacunes et des problèmes : la proportion élevée de femmes parmi les pauvres, la forte prévalence du VIH/sida chez les femmes, la faible participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux, la violence incessante contre les femmes, y compris la traite des femmes et des enfants, la discrimination sexuelle, et l’absence de données et statistiques différenciées hommes/femmes », dit Meutia Farida Hatta Swasono, ministre d’Etat indonésienne chargée des droits des femmes.

Les discussions ont porté sur le rapport du Secrétaire général des Nations Unies qui a présenté sommairement les progrès et les échecs dans la mise en oeuvre des objectifs de Beijing. Le mérite de Beijing aura été d’encourager partout dans le monde un changement radical des attitudes par rapport aux droits des femmes, dit-il.

Dans ce rapport, il est dit : « Ces dix dernières années, la condition et le rôle des femmes ont connu un changement significatif à l’échelle mondiale, bien qu’à un rythme inégal selon les régions. » Pourtant, on lit plus loin que « un large fossé demeure entre la théorie et la pratique dans la promotion de l’égalité entre les sexes ».

Parmi les points positifs détaillés dans le rapport, on notera l’accent mis sur les droits de la femme en tant que droits inhérents à la personne humaine, l’engagement des gouvernements à respecter les quotas féminins et l’adoption d’une législation au niveau national pour éliminer la discrimination et promouvoir l’égalité entre les sexes.

Le rapport dit aussi que « les gouvernements ont également noté un accroissement du nombre d’organisations et de réseaux de femmes qui jouent un rôle très important, par exemple dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes. [...]Ils ont aussi remarqué que la collaboration était plus étroite avec les ONG et les groupes et réseaux de la société civile ».

Par ailleurs, le rapport constate une amélioration des statistiques en ce qui concerne la fréquentation scolaire des filles, la pauvreté des femmes, la santé des femmes et la représentation des femmes dans la vie publique.

Insuffisances dans la mise en œuvre

Dans le même temps, le rapport repère de nombreuses insuffisances dans la mise en oeuvre du Plan d’Action, notamment la faible représentation des femmes aux postes de décision, des pratiques discriminatoires persistantes ou encore une inégalité marquante dans les salaires.

« La violence contre les femmes, dont la violence conjugale, est considérée comme un problème majeur dans le monde entier, plusieurs pays africains faisant état encore aujourd’hui de pratiques exécrables. […] Dans certaines régions, en particulier en Afrique, dans certaines parties d’Asie et d’Amérique latine ainsi que dans les Caraïbes, les gouvernements relèvent des niveaux de pauvreté nettement plus élevés chez les femmes et un accès insuffisant de ces dernières aux richesses économiques ou à leur contrôle. »

Ce rapport et d’autres recensent aussi plusieurs nouveaux domaines de préoccupation concernant en particulier les droits des femmes et l’amélioration de leur condition dans le monde entier. Les discussions ont porté en particulier sur l’incidence du VIH/sida et les conséquences des guerres et des conflits sur les femmes, et il est reconnu que, d’une manière générale, la traite des femmes redevient un sujet de préoccupation dans le monde entier.

« Le VIH/sida continue à poser un obstacle sérieux à la concrétisation des objectifs visant l’amélioration du sort des femmes », selon Glenda Simms, directrice générale du Bureau des affaires féminines en Jamaïque. « Les statistiques montrent que le taux d’infection et la propagation de l’épidémie sont aujourd’hui plus élevés chez les femmes et les filles dans de nombreux pays. »

« Pour la majorité des femmes des pays en développement », dit-elle, « l’accès à un traitement financièrement abordable demeure un problème important. Le nombre croissant d’enfants orphelins à cause de la maladie ou montrés du doigt parce qu’ils sont infectés par le virus sont également des questions qu’il convient de résoudre rapidement. Nous ne devons par conséquent épargner aucun effort dans la lutte contre la propagation du VIH/sida. »

Un sujet de préoccupation : la Violence

« Les actes de violence contre les femmes, tant dans leur vie privée que dans la vie publique, sont une violation de leurs droits en tant qu’êtres humains », dit Juliana di Tullio, représentante spéciale de l’Argentine sur les questions des femmes, qui parlait aussi au nom du Groupe de Rio. « L’un des principaux objectifs des pays de notre région vise à concevoir des politiques adéquates pour éliminer toutes les formes de violence contre les femmes, en particulier la violence conjugale, tant physique que psychologique. »

En sa qualité d’ambassadrice, Madame Tullio dit qu’il faut prévoir toutes sortes de mesures - participation des garçons et des hommes, campagnes publiques d’information et renforcement des services sociaux. « Nous ne tolérerons aucune forme de violence contre les femmes et les filles. »

Un lien est établi dans la déclaration entre la Plate-forme et les objectifs du Millénaire pour le développement. Il est dit en effet que « la mise en oeuvre pleine et entière de la Déclaration et de la Plate-forme de Beijing est essentielle pour atteindre les objectifs du développement, tels qu’ils ont été approuvés au plan international, y compris ceux contenus dans la Déclaration du Millénaire. »

« Le point positif, c’est que tous les 191 membres de l’Organisation des Nations Unies ont réaffirmé leur engagement en faveur de la Plate-forme de Beijing qui affirme que les objectifs du Millénaire pour le développement ne peuvent être remplis aussi longtemps que les Etats Membres ne consacrent pas leurs efforts à l’amélioration de la condition de la femme dans leurs pays », dit Mme Dugal.

Elle ajoute : « Sachant que les objectifs du Millénaire pour le Développement visent en définitive à réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015, et que les femmes et les enfants souffrent le plus de la pauvreté, il est important de reconnaître que, faute d’agir pour améliorer la condition des femmes, les pays ne pourront pas remplir cet objectif. »

Les ONG bénéficient de mesures inhabituelles

L’une des particularités de la conférence de Beijing aura été le haut niveau de participation des ONG et l’engagement qu’elles ont pris dans la Plate-forme d’Action de poursuivre leur partenariat avec la société civile pour examiner les questions propres aux femmes. Les organisations et mouvements féministes ont manifesté un intérêt évident.

Environ 2 700 organisations non gouvernementales étaient présentes, soit près d’un millier de plus par rapport au nombre enregistré à Beijing + 5 à New York en 2000 et environ 1 700 de plus que pour une réunion ordinaire. Pour répondre à cette affluence record, l’ONU a pris quelques mesures inhabituelles lui permettant de résoudre le problème d’espace.

« Le secrétariat de la Commission s’est beaucoup investi pour que la participation des ONG soit aussi large que possible », dit Bani Dugal. L’une des principales préoccupations des ONG était d’empêcher les gouvernements de renégocier ou de reprendre les engagements pris à Beijing en faveur des droits des femmes.

« Ce que nous avons réussi à démontrer, notamment par le seul nombre des femmes présentes au Forum, c’est que le mouvement féministe est bien vivant et actif », dit Charlotte Bunch, Directrice du Center for Women’s Global Leadership à la Rutgers Université. « Nous représentons toujours une force mondiale et la Plate-forme d’Action de Beijing a ses partisans. Elle n’est pas qu’un document, elle représente aussi la vie, le sang, la sueur et les larmes des femmes du monde entier. »



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Dernière mise à jour le 25/09/2017