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Revue n° 8, 1991

L’école Rabbání : une éducation de qualité pour la jeunesse rurale

SUSERA, Madhya Pradesh, Inde — En 1969, des bandits locaux kidnappèrent deux élèves de l’école Rabbání, pensionnat géré par des bahá’ís et situé dans ce petit village à 15 km au nord de Gwalior, importante cité de l’Inde centrale. Les bandits, connus dans cette région sous le nom de dacoïts, exigeaient une rançon pour leur libération. Cependant, ils ramenèrent les enfants sans aucune compensation lorsqu’ils apprirent Que l’école était surtout destinée aux familles pauvres des villages.

« Ils avaient pensé Qu’un internat ne recevait Que des élèves aisés et Qu’ils pourraient obtenir une bonne rançon », dit le Major Khanna, proviseur de l’école.

Cet incident illustre bien ce Qui distingue Rabbání : l’école était alors et demeure le seul établissement de ce type, dans la région, dont le but est d’offrir aux jeunes garçons de familles pauvres l’éducation de qualité normalement accessible aux seules classes moyennes et supérieures en Inde.

Grâce à un système nouveau d’antennes régionales et de bourses, environ 75% des élèves de Rabbání sont issus de villages pauvres situés dans un rayon de 30 km. Autrement, la plupart d’entre eux n’aurait aucune chance d’être scolarisés dans un internat.

« Nos cours commencent en 6ème mais la majorité de ceux Qui s’inscrivent ici sont à peine du niveau de la 3ème année du primaire », nous dit le Major Khanna Qui dirigeait le département linguistique de l’Académie militaire de l’Inde avant de rejoindre Rabbání en 1986. « Ces enfants ne seraient admis dans aucun autre internat », précise-t-il.

Malgré leur niveau médiocre avant leur admission, les élèves de dernière année à Rabbání ont obtenu l’an dernier le meilleur score d’ensemble aux examens organisés par le gouvernement pour tous les élèves de fin d’études dans l’Etat de Madhya Pradesh. « Tous nos candidats ont réussi leur examen terminal », déclare le Major Khanna. « Or, en moyenne, 45% seulement des élèves d’autres écoles de l’Etat ont été reçus. »

Un engagement envers la communauté

Le Major Khanna et d’autres responsables de l’établissement déclarent Que l’efficacité dont fait preuve leur école dérive en partie de sa philosophie de l’engagement communautaire Qui permet aux élèves d’intégrer à leur vie Quotidienne l’aspect pratique de leur travail de classe.

« Nous croyons Qu’une école doit être bien plus Qu’un enclos et Quelques bâtiments », nous dit le Major Khanna. « L’école est un élément de la société dans son ensemble et doit répondre à ses besoins. Ceci exige une interaction très étroite entre l’école et la communauté. Les bahá’ís pensent que servir la société est le but le plus noble. A Rabbání, nous croyons que les enfants doivent pouvoir saisir toute l’importance du service lorsqu’ils sont jeunes, afin de grandir comme des êtres attentionnés et bienveillants pour qui servir leurs semblables est la plus grande priorité dans la vie. »

Cette philosophie de l’éducation s’applique dans le programme de développement entrepris à l’extérieur de l’école. Une vingtaine de villages proches ont été “adoptés” par l’école et l’on attend des élèves qu’ils consacrent une partie de leur temps à travailler pour leur développement. Ces efforts se portent notamment sur des projets de plantation d’arbres, sur la promotion de poêles économiques en combustible et non polluants et sur des programmes concernant la santé et l’hygiène. L’école soutient également, pour la formation et l’administration, un certain nombre de cours pratiques gérés localement, dans les villages. Elle offre aussi aux cultivateurs une formation technique concernant le défrichement et l’agriculture.

« Lorsqu’il est temps de procéder aux travaux de sylviculture, c’est à dire pendant la mousson, les enfants recueillent des jeunes plants dans la pépinière de l’école et se rendent dans les villages pour aider à les
repiquer », déclare M. Chaurasia, chef du département de développement socio-économique. Il ajoute par ailleurs : « Lorsque le Ministère de la santé lance un programme de vaccinations, nous envoyons nos élèves dans les villages où ils identifient les enfants à vacciner. Leurs noms et adresses sont ensuite communiqués aux services gouvernementaux. »

Selon M. Giakwad, inspecteur adjoint de l’enseignement pour la région, il est tout à ‘fait inhabituel qu’une école soit aussi nettement impliquée dans le développement communautaire socio-économique.

Un prix national de l’environnement

En 1986, pour ses réalisations en matière de plantations d’arbres et de défrichement, l’école Rabbani s’est vue décerner par le Ministère indien de l’environnement et des forêts, le prix “Indira Priyadarshin Vrikshamitra” institué en mémoire du Premier ministre Gandhi, conjointement avec 20 autres organisations et personnalités ayant apporté une importante contribution à la protection de l’environnement en Inde. Le programme de reboisement de l’école Rabbání était qualifié d’“exemple réconfortant de la contribution d’une école à la sylviculture sociale”, dans le discours de remise du prix où était dit aussi : « Conduits par leurs professeurs, les élèves s’avancent par groupes, portant leurs jeunes arbres, en direction des villages environnants, et cela chaque samedi en saison, et procèdent à la plantation des arbres. Les enfants ont réussi à persuader les parents et les anciens des villages de planter des arbres sur leurs propres terrains. Des milliers d’arbres ont déjà été plantés grâce à l’action stimulante de Rabbání. » Depuis 1985, les élèves ont planté 250 000 arbres.

Dans le cadre d’un projet similaire au sein des vingt villages “adoptés”, les élèves de Rabbání ont eu la responsabilité de la promotion de la fabrication de poêles non polluants. Des tuyaux spéciaux, fournis par une entreprise énergétique locale subventionnée par le gouvernement indien, sont distribués à bas prix par les élèves aux villageois. Les élèves montrent aussi aux usagers la manière d’utiliser les tuyaux dans la fabrication d’un poêle amélioré dont l’efficacité est de 30 % supérieure à celle des modèles traditionnels.

M. Sanjeev Madan, ingénieur à la “Madhyar Pradesh Energy Corporation” qui distribue ces tuyaux au niveau national, a déclaré que le mérite de la réussite du programme à Gwalior revenait principalement à Rabbání qui avait distribué plus de mille poêles. « Rabbani est l’une des principales organisations non-gouvernementales œuvrant à la distribution de poêles non polluants dans cette région », a-t-il dit.

La participation des élèves à des projets locaux de développement ne reflète qu’une partie du programme de l’école Rabbani. Son côté académique est rigoureux comme le prouvent les résultats aux examens d’Etat. Une de ses autres caractéristiques est l’accent qu’elle met sur l’éducation morale.

Le Major Khanna déclare : « Un quart de nos élèves appartient aux castes inférieures, dites “intouchables”. Au début, certains de ceux des castes supérieures refusent de s’asseoir avec des enfants de castes inférieures. Mais nous insistons sur l’importance d’un traitement égalitaire. Et, après qu’ils aient passé quelque temps dans notre école, grâce à l’atmosphère de tolérance et au programme d’éducation morale, leurs préjugés disparaissent. »

Les élèves confirment cette observation. « Certains d’entre nous, à l’école, appartiennent à des familles d’intouchables, mais nous sommes tous des amis et ces camarades sont bien traités », dit Ued Narayan Gachhadav, élève originaire du Népal. Environ 20 % des élèves sont bahá’ís, le pourcentage dans la population rurale est identique.

« Nous ne faisons aucune distinction entre les élèves bahá’ís et ceux d’autres religions », précise le Major Khanna. « Notre programme d’éducation morale s’appuie largement sur les enseignements bahá’ís, mais comprend aussi l’histoire et les principes de toutes les religions. »

L’an dernier, l’école avait un effectif de 275 élèves. Bien que la plupart des écoles bahá’íes favorisent largement l’éducation mixte, Rabbání est une école de garçons. « En Inde, les habitants des villages n’accepteraient pas l’idée d’un internat accessible aux garçons et aux filles », précise le Major Khanna.

Le programme de l’école insiste également sur l’importance de la formation professionnelle. Chaque élève reçoit une formation en agriculture et élevage. L’apprentissage empirique est favorisé. Les élèves passent une partie de leur temps dans les champs et en compagnie des animaux. La presque totalité des 29 ha. de l’école est constituée de labours, deux bâtiments sont réservés à l’élevage de la volaille et à la production des œufs, on envisage en outre la construction d’une étable.

Il en résulte de bonnes connaissances pratiques et aussi une certaine autosuffisance pour l’école. Son budget opérationnel annuel s’élève à quelque 1,7 million de roupies, soit environ 600.000 FF. dont 39.000 proviennent de la vente de l’excédent agricole.

« Pour le riz et l’huile de senneh, non seulement nous suffisons à nos besoins, mais nous avons un excédent », déclare le Major Khanna. « Nous produisons 40% de nos propres besoins en froment. Et nous couvrons totalement nos besoins en légumes. En tenant compte de la production et de la vente des produits agricoles ainsi que des revenus de l’enseignement, nous sommes presque auto-suffisants. »

Officiellement, les frais de scolarité sont de 4.500 roupies par an et par élève, montant encore inférieurs au tarif moyen exigé par d’autres internats de la région.

« Il nous arrive parfois de renoncer à la totalité des frais de scolarité » explique le Major Khanna. « Mais généralement nous insistons, peut-être avec un petit pincement au cœur, pour que les parents des élèves payent quelque chose car nous croyons qu’il faut un élément de sacrifice de la part des familles afin que cette éducation revête sa pleine signification. »



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Dernière mise à jour le 22/11/2017