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Revue n° 21, 1995

Des mesures sanitaires simples pénètrent dans les villages de Zambie

LUSAKA, Zambie — Henry Kasondah tire sa subsistance du travail de la terre. A 35 ans, il cultive le riz, le maïs et le manioc sur un lopin de terre du village de Makuya, dans le district de Mwinilingua, à environ 550 km de la capitale de ce pays d’Afrique centrale.

Toutefois, sa vocation est d’être travailleur de santé communautaire rurale, à titre bénévole. C’est une mission qu’il s’est fixée depuis 1988, quand il a reçu une première formation à l’Institut bahá’í Masethla qui se trouve lui-même à environ 65 km au nord de Lusaka, près de Liteta dans la Province centrale.

« Avant ma formation en tant qu’éducateur de santé, ma communauté souffrait d’un grave problème, » dit M. Kasondah au cours d’un récent cours de recyclage à l’Institut. « Pendant la saison des pluies, l’herbe pousse très haut. Les petits enfants et les ivrognes n’hésitent pas à faire leurs besoins sur la route au lieu d’aller en brousse. »

« Après ma formation, j’ai parlé au chef. Je lui ai parlé de ce problème. Il a exprimé son mécontentement et a envoyé des acolytes annoncer publiquement que chaque famille devait avoir ses propres toilettes, une fosse à ordures, un égouttoir à vaisselle et une salle de bains. Aujourd’hui, c’est chose faite dans presque toutes les familles, » ajoute M. Kasondah.

Ce sont en fait des mesures simples : savoir qu’il est important de creuser des trous et d’utiliser des latrines et une fosse à ordures ; de laisser la vaisselle sécher au soleil qui se stérilise sur un égouttoir ; et de comprendre qu’il faut se laver les mains avant de faire la cuisine et de manger.

La difficulté tient au fait qu’il faut savoir communiquer ce genre de choses – et d’autres informations élémentaires en matière de soins de santé – dans les villages éloignés où les services publics sont rares.

A cet effet, le gouvernement a encouragé la mise au point d’un réseau d’éducateurs de santé communautaire. Moyennant 10 heures de cours à leurs camarades de village, les éducateurs de santé sont sur la ligne de front des soins de santé primaires en Zambie.

Depuis 1987, la Communauté bahá’íe de Zambie a coopéré avec le gouvernement pour offrir une formation gratuite aux intéressés et pour utiliser son réseau de communautés locales pour essayer d’identifier et d’encourager les bénévoles.

Si d’autres organisations non gouvernementales en Zambie offrent elles aussi une telle formation, le Projet bahá’í de soins de santé primaires se distingue par la manière dont certaines qualités « morales » – comme le service et le sacrifice – sont débattues pendant les sessions de formation. C’est ce qui permet aux stagiaires de se sentir plus motivés.

« Nous avons formé un grand nombre de travailleurs de santé au gouvernement et nous avons un taux d’abandon élevé, » dit Katia Bwalya, infirmière de santé publique au Ministère de la santé, qui n’est pas bahá’íe. « Ils se portent aisément volontaires pour la formation mais ils ne sont pas sincèrement préparés à travailler au service des autres. Leur zèle a besoin d’un soutien. Ils ne semblent pas savoir à qui ils rendent réellement service. »

« Les éducateurs de santé formés par le projet bahá’í savent, eux, qu’ils rendent service, » dit Mme Bwalya qui a travaillé dans le district de Mwinlingua à la fin des années 80 lorsque ce projet a été lancé pour la première fois ; elle travaille actuellement à l’hôpital pilote de Mwachisompola, à environ 15 km de l’institut. « Et, d’après ce que je vois, la différence entre les deux programmes est de nature spirituelle. »

« Lorsque nous organisons un cours de recyclage pour les travailleurs de santé formés par le gouvernement, il est toujours beaucoup question d’argent, » ajoute encore Mme Bwalya. « Ces questions ne se posent pas dans le cours bahá’í. »

Soutien à la base

Depuis 1987, environ 132 éducateurs de santé communautaires ont été formés à l’Institut ou dans le cadre de programmes de vulgarisation. Ces éducateurs de santé sont originaires de régions très dispersées de la Zambie ; le programme est rattaché au réseau de communautés locales bahá’íes qui apporte aux éducateurs un soutien à la base.

« Le lien avec la communauté locale à travers les Assemblées spirituelles locales bahá’íes est un élément-clé du projet, » dit Allan Fuller, administrateur du projet pour le Service bahá’íe canadien de développement international qui recherche le soutien technique et financier d’organismes donateurs pour le projet en Zambie. « Ainsi, au niveau local, les gens ne sont pas motivés par l’appât du gain, mais parce qu’ils ont un certain sens des valeurs qui met l’accent sur le service de la communauté. Ce lien avec la communauté plutôt qu’avec des individus seuls, rend également le programme beaucoup plus viable. »

La communauté bahá’íe de Zambie compte environ 15 000 membres dispersés dans l’ensemble du pays et est organisée en quelque 145 Assemblées spirituelles locales qui sont les conseils directeurs élus librement et qui gèrent les affaires de la communauté au niveau local. Environ 80 Assemblées spirituelles locales participent au programme des éducateurs de santé locaux.

L’objectif primordial des éducateurs est, cependant, non pas de servir à leur retour la communauté locale bahá’íe mais le village tout entier. De même, il n’est pas nécessaire d’être bahá’í pour recevoir cette formation et faire partie de la structure du programme. Lors d’une session de formation en juin 1995, par exemple, seulement 10 des 24 participants étaient bahá’ís.

Actuellement, le projet se déroule sur deux ans. Au cours des deux dernières années, quelque 26 éducateurs nouveaux ont reçu une formation et des cours de recyclage ont été offerts à 21 éducateurs déjà formés. Certains d’entre eux ont indiqué qu’ils avaient déjà effectué quelque 689 visites à domicile, donné 192 cours de santé publique dans des écoles primaires et participé à 234 conférences. Ils ont montré 372 fois comment préparer la boisson spéciale administrée dans le cadre de la réhydratation par voie orale. Ils ont signalé la construction dans leurs communautés de 422 nouvelles latrines, 463 fosses à ordure, 602 égouttoirs à vaisselle et 189 puits.

« Le Programme de soins de santé primaires en Zambie visait à aider le gouvernement à atteindre l’objectif de la santé pour tous d’ici l’an 2000, » dit Stéphanie Parrot, directrice du projet. « Et, au delà d’une simple formation d’éducateurs de santé communautaires, nous considérons ce programme comme un programme complet d’éducation en matière de santé, un programme qui reconnaît que cette dernière va au delà de l’information ; nous aidons les gens à traduire l’information en décisions prises en toute connaissance de cause en vue d’améliorer les comportements de santé. »

Une autre preuve du succès du projet tient au degré de participation des éducateurs formés à l’Institut aux autres activités de développement communautaire. Dans la Province du Nord-Ouest, trois éducateurs, une femme et deux hommes, ont été désignés comme membres des comités par le Ministère de l’eau pour aider à la construction de puits avec la participation de la communauté. Un autre éducateur de la province travaille actuellement en tant que « technicien nutritionniste » à un projet de développement agricole financé au plan international. Dans la Province du Nord-Ouest, deux éducateurs ont trouvé un emploi dans des dispensaires locaux afin d’éduquer ceux qui viennent au dispensaire.

Le programme des éducateurs formés à l’Institut s’appuie sur différentes publications dont le programme « Savoir pour sauver » produit par l’UNICEF, l’OMS et l’UNESCO et sur une brochure intitulée « Elever des enfants sains », éditée par la communauté bahá’íe du Kenya. Le programme comprend des mesures simples d’assainissement, des soins de première urgence, la réhydratation par voie orale, l’allaitement au sein, la nutrition et les maladies courantes. L’accent est mis sur la prévention et les techniques de communication.

L’équité entre l’homme et la femme

Lorsque les femmes sont éduquées dans le domaine de la santé, leurs enfants et leurs familles en bénéficient ; de ce fait, l’équité entre l’homme et la femme est devenu l’un des objectifs majeurs du projet. A cette fin, le programme d’étude met l’accent sur le fait qu’il faut traiter équitablement les hommes et les femmes et s’efforce d’informer les femmes sur l’allaitement au sein, les vaccinations pour les enfants et la réhydratation par voie orale.

Les communautés sont également encouragées à sélectionner des femmes et à leur faire suivre des sessions de formation – bien que souvent les problèmes posés par les déplacements et l’éducation des enfants ne facilitent pas les choses. Globalement, 27 pour cent des éducateurs formés à l’Institut sont des femmes.

« Si ces statistiques sont assez bonnes par comparaison avec d’autres programmes d’éducation en matière de santé communautaire, nous ne sommes pas satisfaits, » dit Mme Parrot. « Nous envisageons donc d’autres stratégies pour résoudre ce problème. L’une des raisons pour lesquelles peu de femmes suivent la formation tient au fait qu’elles n’aiment pas faire le long trajet jusqu’à l’Institut. Ainsi, pour les encourager à participer, nous organiserons l’année prochaine une formation dans la Province du Nord-Ouest. »

Flint Sanyikosa a été formé à l’Institut en 1988. Ce fermier de 30 ans, originaire du village de Kingovwa, dit qu’il essaie d’appliquer le principe de l’égalité dans son travail : « J’apprends aux hommes à aider leurs femmes dans leurs activités comme les travaux agricoles, la collecte de bois de chauffage, et l’éducation des enfants. »

Il dit que son travail d’éducateur n’a pas seulement aidé son village mais aussi sa famille.



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Dernière mise à jour le 24/11/2017