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Revue n° 21, 1995

Des milliers de personnes se dirigent vers Beijing pour la Quatrième conférence mondiale sur les femmes

Le projet de Plate-forme d’action comme base de réflexion ; le Forum des ONG promet de mettre en évidence l’action des femmes.

NEW YORK — A première vue, sous son aspect physique, le projet de Plate-forme d’action de la Quatrième conférence mondiale sur les femmes paraît anodin. Comme nombre de documents officiels des Nations Unies, sa présentation est terne et la typographie est banale.

Élaboré en mai par des délégués gouvernementaux réunis pour la réunion annuelle de la Commission sur le statut de la femme, le rapport de 149 pages n’est orné que de deux logos des Nations Unies sur la couverture et la typographie elle-même n’a rien d’original.

A un examen plus attentif, on peut comprendre le document comme un symbole important des aspirations et des préoccupations des femmes du monde entier – et, peut être, comme l’un des principaux véhicules qui permettra de les traduire dans la réalité au siècle prochain.

Dans ce contexte, le projet de Plate-forme d’action est au cœur de multiples espoirs, activités et controverses alors même que quelque 40 000 hommes et femmes du monde entier se préparent à se rendre à Beijing fin août et début septembre pour participer à la Conférence et au Forum des ONG qui se tiendra en parallèle.

Au cœur du document figurent 12 thèmes que les délégations gouvernementales, avec l’appui résolu et réfléchi des organisations non gouvernementales (ONG), ont reconnu ces deux dernières années comme étant « des thèmes de préoccupation critiques » pour les femmes du monde entier.

Ces thèmes de préoccupation sont les suivants : le fardeau de la pauvreté qui pèse sur les femmes ; l’inégalité d’accès à l’éducation ; les inégalités dans le domaine des soins de santé ; la violence à l’égard des femmes ; les conséquences des conflits armés pour les femmes ; les inégalités d’accès aux structures économiques ; les inégalités en ce qui concerne le partage du pouvoir et la prise de décisions ; les insuffisances des mécanismes destinés à encourager le développement de la femme ; la promotion et la protection des droits inhérents à la femme ; les femmes et les médias ; les femmes et l’environnement et enfin les questions rattachées au problème des jeunes filles.

Dans le projet en question, chaque thème est suivi d’une série de mesures concrètes que les gouvernements et les institutions internationales – et les ONG – devraient prendre.

« C’est un document très important, » dit Soon-Young Yoon, coordonnateur des Nations Unies auprès du bureau du Forum des ONG. « Il contient près de 600 mesures différentes et couvre un large éventail d’acteurs, depuis les gouvernements jusqu’aux différents secteurs de la société civile depuis les syndicats jusqu’aux organisations religieuses. Et, d’une manière générale, je pense qu’il s’agit d’une déclaration. »

Pourtant, comme pour les documents provisoires établis lors des précédentes conférences mondiales des Nations Unies, il reste encore beaucoup de débats et de controverses quand à la question à savoir à quel point les recommandations et mesures d’action devraient porter sur chaque thème de préoccupation – ce qui, avant la conférence, entraîne toute une activité parallèle de couloir préalable aux conférences de la part des ONG, des gouvernements et des autres acteurs internationaux.

Il reste beaucoup de « parenthèses »

Dans le document provisoire, par exemple, 30 pour cent environ des termes restent flous. Ils figurent « entre parenthèses », comme ceux utilisés dans les négociations, référence au fait que les expressions provisoires et passages sujets à controverse sont indiqués entre parenthèses.

Si bon nombre de ces passages sont relativement peu importants et s’expliquent par le fait qu’un langage nouveau a été introduit lors de la réunion de la Commission en mars et que de nombreuses délégations gouvernementales n’ont pas pu s’entendre avec leurs capitales en temps voulu, un certain nombre de thèmes restent très controversés, par exemple la question du droit des femmes en matière de reproduction, les droits de la femme en général, la question des ressources qui doivent leur être attribuées et la mesure dans laquelle les engagements pris en leur faveur peuvent être concrets et spécifiques.

« La vraie question, c’est de changer les rapports de force et l’équilibre du pouvoir entre les hommes et les femmes et entre les différents pays et les générations, » dit Rachel Kyte, analyste à la Coalition internationale pour la santé de la femme.

Au sein de la communauté des ONG, les opinions divergent largement sur ces questions. Les organisations orientées sur les questions de la femme pensent d’une manière générale que, même si toutes les questions les plus litigieuses évoquées dans les documents provisoires étaient résolues selon leurs vœux, la Plate-forme d’action resterait globalement en deçà de leurs objectifs.

« Je pense que, dans l’ensemble, le document réitère des idées déjà exprimées dans le cadre d’autres conférences et d’autres accords des Nations Unies, » dit Charlotte Bunch, directrice du Center for Women’s Global Leadership qui a joué un rôle éminent dans la coordination des pressions exercées par les ONG en ce qui concerne les questions des droits de l’homme.

« Pour beaucoup d’entre nous, ce qui importe à propos de la Plate-forme d’action, c’est d’avoir quelque chose à remporter dans nos pays et de pouvoir dire à nos gouvernements : “Vous avez signé, maintenant il faut aller de l’avant”, » dit Claire Fulcher, représentante auprès des Nations Unies de la Fédération internationale des femmes de carrières libérales et commerciales qui compte plus de cent associations nationales.

Le Forum des ONG place la barre très haut

En ce qui concerne les critiques émises à l’encontre de la Plate-forme d’action, certains observateurs pensent que les activités et conclusions du Forum des ONG risquent à certains égards d’éclipser celles des gouvernements dans le cadre de la conférence principale.

En effet, les organisateurs du Forum espèrent largement que leur manifestation qui commence le 30 août et se termine le 8 septembre sera à la fois le cœur et l’âme des activités de Beijing et qu’elle permettra au monde entier de « regarder la terre à travers les yeux des femmes, » thème choisi par les organisateurs du Forum.

Environ 36 000 femmes originaires de plus de 180 pays se sont inscrites au Forum qui se tiendra dans la ville rurale de Huairou, à environ 50 kilomètres du site principal de la conférence. (Initialement, le Forum devait se tenir au Stade des travailleurs de Beijing, beaucoup plus près du site de la conférence, mais, à la fin du mois de mars, le gouvernement chinois en a décidé autrement.)

« Les centaines d’individus qui viennent au Forum veulent avant tout échanger des idées, apprendre ce que les autres ont fait et remporter ces idées chez eux après Beijing, » dit Mme Fulcher. « Tout ne dépend pas de la Plate-forme d’action. »

Des ONG et des individus ont demandé la tenue de plus de 5 000 activités séparées pendant le Forum. Il y aura à la fois des séminaires et des ateliers ainsi que des jeux et des danses.

« Les thèmes de discussion porteront sur tous ceux abordés par la conférence et davantage encore, depuis les droits de l’homme jusqu’à l’économie et l’environnement, » dit Chandra Budhu, coordonnatrice du programme du Forum. « Il y aura une grande diversité de perspectives et de discours qui, je pense, montreront la multitude des moyens utilisés par les femmes pour mettre les valeurs humaines au cœur de la société partout dans le monde. »

De même que la Plate-forme d’action a été conçue autour de 12 thèmes, le Forum sera lui aussi organisé autour de 12 « groupes thématiques » qui, pour beaucoup d’entre eux, se chevauchent avec les thèmes de la Plate-forme, certains étant complètement différents. Parmi ces thèmes figurent : l’économie ; le gouvernement et la politique ; les droits de l’homme ; la paix et la sécurité ; l’éducation ; la santé ; l’environnement ; la spiritualité et la religion ; la science et la technologie ; les médias et l’information ; l’art et la culture ; la race et la différence ethnique.

« A mon avis, les meilleures idées viendront du Forum, » dit encore Mme Budhu. « Il sera beaucoup plus excitant que la réunion au niveau gouvernemental. »

Examen des problèmes liés aux jeunes filles

Selon plusieurs représentants d’ONG, un exemple de l’influence des ONG a pu être observé dans les changements apportés à la Plateforme d’action : elle comportera dorénavant une section séparée sur les jeunes filles.

« Si je souscris aux nombreux points exprimés à l’encontre de la Plateforme d’action dans son ensemble, je reconnais comme positif le fait que le thème des jeunes filles soit maintenant inséré dans cette plate-forme, » dit Renate Bloem, qui représente la Fédération mondiale des femmes méthodistes auprès des Nations Unies à Genève.

Selon Mme Bloem et d’autres, la section demandant aux gouvernements et aux institutions de mettre l’accent sur l’éducation, la nutrition et les droits des jeunes filles comme moyen de promouvoir la cause de l’ensemble des femmes a été insérée dans le document vers la fin de la réunion de la Commission en mars, à la demande des ONG, en particulier celles qui sont fortement représentées en Afrique et travaillent avec les gouvernements africains.

« Les ONG ont fortement appuyé ce thème, en particulier en ce qui concerne le libellé du texte adopté par les gouvernements et elles ont exercé des pressions pour s’assurer qu’il figurerait à l’ordre du jour et serait accepté, » dit Gianni Ballerio, représentant de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies à Genève.



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Dernière mise à jour le 24/11/2017