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Revue n° 40, 2000

Au Botswana, un club de couture pour les femmes fait toute la différence

OODI, Botswana — Segametsi, jeune mère célibataire de ce petit village de 2 000 habitants, situé à environ 25 kilomètres au nord de Gaborone, s’est battue pendant des mois pour trouver assez d’argent pour se nourrir ainsi que son bébé de 18 mois.

Elle dispose aujourd’hui d’un modeste revenu en cousant chez elle après avoir adhéré à un club de couture créé, dans le cadre d’un petit projet de développement, par la communauté bahá’íe locale.

« Avant d’adhérer à ce club, la vie était difficile parce que je devais nourrir et habiller mon bébé et je ne savais pas comment faire », dit Segametsi jeune femme de 20 ans. « Je n’avais pas d’argent. Mais je suis très heureuse aujourd’hui car j’apprends et je travaille tous les jours. Après avoir acheté ce dont mon bébé a besoin, j’aide mes parents. »

Comme la plupart des projets de développement, le club de couture d’Oodi est modeste. Depuis son lancement en 1995, environ 25 femmes y ont participé, dont la majorité sont des mères célibataires pauvres.

Cependant, le club constitue un remarquable exemple de succès à petite échelle et un modèle en matière de développement communautaire. Au début de cette année, les 15 premières participantes avaient presque toutes trouvé un emploi. L’une travaille dans une usine de vêtements, trois font de la couture sur mesure et la plupart des autres travaillent à domicile.

« Grâce à ce projet, ainsi qu’à d’autres projets intéressant les femmes, celles-ci restent au village au lieu d’aller travailler en ville », dit le chef du village, Semile. « Les salaires y sont inférieurs, mais les femmes restent auprès de leurs enfants et de leur famille. En ville, elles gagnent plus d’argent mais doivent effectuer un long trajet et se séparer de leur famille et de leurs enfants toute la journée. »

D’une superficie de 600 000 km2 et d’une population de 1,5 million d’habitants, le Botswana a un taux de chômage de 21%. Selon l’ONU, le revenu moyen par habitant au Botswana est d’environ 17 000 francs français par an. Environ 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les femmes célibataires représentent la majorité des plus pauvres des pauvres. Un rapport officiel sur la sécurité alimentaire du pays estime à 13% la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition.

Afin de contribuer à l’amélioration de cette situation sociale et économique, la Communauté bahá’íe d’Oodi a commencé il y a quelques années à s’interroger sur la possibilité de mettre en œuvre des projets de développement. Avec sa trentaine de membres et inspirée par les enseignements bahá’ís qui soulignent l’égalité des hommes et des femmes, la communauté a estimé qu’il fallait aider les femmes, en particulier les adolescentes, à acquérir un plus grand respect d’elles-mêmes en apprenant un métier qui leur permette de gagner leur vie et d’être indépendante. C’est alors qu’est née l’idée du club de couture et du projet de formation.

Nooran Mahmoudi, une bahá’íe arrivée à Oodi en 1995, avait de l’expérience dans ce domaine et c’est elle qui a fondé le club. Avec l’aide du chef Semile, le club a été autorisé par le Comité de développement du village à utiliser la salle municipale un jour par semaine.

« Beaucoup de femmes se plaignaient de ne pas trouver de travail pour nourrir leurs familles, en particulier leurs enfants », dit Madame Mahmoudi. « J’ai senti que je pouvais les aider en leur donnant gratuitement des cours de couture et en créant un club afin d’orienter utilement les compétences et les efforts des femmes. »

Le club n’a pas reçu de fonds extérieurs et est entièrement autonome. Madame Mahmoudi a fourni le matériel initial. Au cours de leur formation, les membres du club ont confectionné des coussins et des vêtements qu’elles ont vendus. Une partie des revenus a servi à acheter du matériel supplémentaire.

Il est apparu très vite qu’il n’était pas difficile de coudre. Ainsi est né l’espoir qui à son tour a motivé les participants à travailler plus dur et à produire des articles de meilleure qualité.

« Mes enfants sont heureux parce que je travaille et que je peux acheter ce dont ils ont besoin pour l’école, par exemple des chaussures, des vêtements et de la nourriture », dit Sekgopi, mère de trois enfants, célibataire et âgée de 31 ans. « Je veux plus tard acheter ma propre machine à coudre et faire de la couture à la maison. J’ai toujours voulu apprendre à coudre. »

Le projet d’Oodi a été calqué sur un projet similaire lancé en 1992 par Madame Mahmoudi dans un village reculé près de Mutare au Zimbabwe. Il a compté jusqu’à 45 membres et a inspiré les femmes des villages voisins où au moins deux clubs du même type ont été lancés. Ces trois clubs fonctionnent toujours et neuf au moins de leurs membres ont acheté leurs propres machines à coudre et fondé leur propre affaire.

Bien qu’ayant reçu une formation d’ingénieur mécanicien, Madame Mahmoudi se considère maintenant comme agent de développement communautaire. « Au Zimbabwe, lorsque nous avons demandé aux gens ce qu’ils voulaient apprendre, ils ont tous répondu ‘à coudre’, alors je leur ai simplement appris ce que je savais », dit Madame Mahmoudi. « J’ai essayé de faire la même chose au Botswana. »

Au cours de l’année 1996, le projet d’Oodi s’est déplacé dans un lieu ouvert quotidiennement. Les cours ont lieu un après-midi par semaine. Le club a reçu plusieurs machines à coudre et une nouvelle forme de marketing a germé dans l’esprit des membres. Ils ont décidé de confectionner plusieurs modèles d’uniformes scolaires et les ont mis en vente dans les écoles locales puisqu’il n’existait pas de magasin pour vendre les uniformes ni de tailleur pour les faire. Certains membres du club en tirent leur revenu.

« Ce club est très utile pour notre village », dit Diana Meswele, membre du Comité de développement du village. « Les filles et les femmes apprennent. Elles étaient désespérées mais elles peuvent aujourd’hui travailler et se sentent bien. »

— Ladan Doorandish-Vance



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Dernière mise à jour le 24/11/2017