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Revue n° 44, 2002

Le projet d’éducation pour la paix de Landegg veut contribuer à surmonter les préjugés en Bosnie-Herzégovine

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine — Pour comprendre ce que les enseignants et l’administration de l’université internationale de Landegg entendent par « études intégratives » et « spiritualité appliquée », il n’y a pas de meilleur exemple que le projet d’éducation pour la paix mis en œuvre dans ce pays ravagé par la guerre.

Depuis deux ans, un petit groupe d’élèves diplômés de Landegg a participé à un projet pilote novateur visant à présenter les concepts d’éducation pour la paix aux enseignants, aux élèves et aux parents de six écoles de trois communautés ethniques différentes en Bosnie-Herzégovine.

L’éducation pour la paix s’attache essentiellement à former les enfants et les jeunes à devenir des artisans de paix en surmontant les préjugés tenaces afin de contribuer à faire cesser les conséquences de la violence qui, dans le passé, a si souvent décimé les populations de ce pays.

La clé de cette approche est la méthode intégrative qui s’efforce d’introduire les concepts fondamentaux de paix, d’unité et d’harmonie interethnique dans toutes les matières d’enseignement de sorte que l’éducation pour la paix ne soit pas seulement une matière de plus mais qu’elle fasse partie intégrante de l’expérience des élèves. Elle implique aussi la participation des parents et vise à créer une force pour la transformation de toute la communauté.

« Notre formation part d’une nouvelle compréhension de la nature humaine selon laquelle les êtres humains ont en eux la capacité de créer une civilisation de paix », dit Sara Clarke, administratrice du projet en Bosnie. « A partir de là, nous nous polarisons sur la dynamique du conflit, les conditions préalables de la paix et ce qu’il faut pour créer une culture de paix. »

Financé par le gouvernement du Luxembourg et soutenu par le Bureau du Haut représentant en Bosnie-Herzégovine (OHR), l’agence civile internationale chargée de surveiller l’application des accords de paix de Dayton, le projet a été salué par les administrateurs et les spécialistes de l’éducation de Bosnie.

« Ce projet remarquable a été conçu pour que le processus de réflexion profonde auquel sont soumis les participants au projet (élèves, enseignants, parents, administrateurs, employés habituels d’une école) résulte […] d’une prise de conscience globale accrue de ce qu’ont signifié la guerre et ses tragiques conséquences et déclenche chez eux le désir de devenir des artisans de paix authentiques […] », écrit Claude Kieffer, conseiller principal pour l’éducation auprès de l’OHR, dans un rapport publié en avril 2001.

Le projet a suscité une réaction très positive de la part des nombreux étudiants auxquels il s’adresse.

« Grâce au projet, notre école a complètement changé », dit Zlatan Karakas, élève d’une école secondaire mixte de Travany. « Avant, nous avions simplement ‘classe’ tous les jours, mais le projet nous a montré une nouvelle façon d’apprendre par le biais d’activités créatrices. »

« L’objectif du projet est de créer une culture de la paix fondée sur des principes scientifiques et éthiques fondamentaux tels que la prise de conscience de l’unité de l’humanité et la pratique de l’unité dans la diversité », dit Hossain Danesh, président de Landegg et directeur des programmes d’éducation pour la paix.

Lancé officiellement le 28 juin 2000, le projet a reçu le soutien des ministères bosniaques concernés. Les administrateurs du projet veulent espérer que son financement sera prolongé et renforcé.

Pendant les deux premières années, le projet a visé essentiellement six écoles des trois régions de la Bosnie Herzégovine : la troisième école primaire d’Ilidza, (Canton de Sarajevo) ; le deuxième lycée de Sarajevo, (Canton de Sarajevo) ; l’école primaire Ivo Andriae de Banja Luka (Republika Srpska) ; le lycée de Banja Luka (Republika Srpska), l’école primaire Nova Bila de Travnik (Canton de Bosnie centrale) et le collège mixte de Travnik (Canton de Bosnie centrale).

La première année, les responsables du projet ont travaillé directement avec environ 400 enseignants, administrateurs et personnel d’appui touchant ainsi près de 600 enfants et adolescents. De plus, grâce à la distribution de matériels, à des réunions en groupe et à l’organisation de manifestations régionales et nationales en faveur de la paix, le projet a présenté les bases de la prévention de la violence et de l’éducation pour la paix à une portion non négligeable des 8 à 10 000 parents concernés dans les six écoles.

Au cœur du projet figurent une série de thèmes principaux qui transcendent et unifient les différentes matières enseignées dans le programme d’une école publique type. Des séminaires de formation apportent aux enseignants dans toutes les matières – physique, sports et éducation technique, arts et lettres – les connaissances et compétences requises pour intégrer ces thèmes principaux, définis comme des « principes de paix » dans leur enseignement tout au long de l’année.

« L’un des principes que nous examinons, par exemple, est la notion que l’unité est la condition essentielle de la vie et de la croissance », dit Melle Clarke. « Cette idée peut être enseignée dans tout le programme. Même en classe de physique, le professeur peut démontrer que l’unité est un aspect nécessaire de l’univers en décrivant les liens fondamentaux qui unissent les atomes et en montrant que tous les phénomènes sont soumis à la même loi. On peut aussi examiner ce concept en biologie, en sociologie, en histoire, en musique et dans d’autres matières. L’objectif du programme est d’amener les enseignants à commencer à réfléchir à ce qu’ils enseignent à leurs élèves. »

Zerina Ibricic, professeur de biologie à la troisième école primaire d’Ilidza, où environ 70% des enfants ont perdu un père ou une mère, ou les deux, dans un conflit ethnique, dit que ces concepts ont aidé les élèves à comprendre que « la haine n’est pas bonne pour la vie et que nous devrions continuer à vivre ensemble avec nos différences ethniques ».

Et elle ajoute « À travers la biologie, les élèves ont compris que l’unité dans la diversité est le produit de différentes choses qui arrivent ensemble et qu’une chose ne peut fonctionner sans l’autre ».

Samra Halilovic, professeur d’anglais à l’école secondaire mixte de Travnik, dit ceci : « le projet nous a aidé à considérer notre programme sous un autre angle, et il nous a donné une chance de l’enrichir par des questions qui n’étaient pas traitées d’une façon aussi approfondie auparavant ».

Parmi les autres caractéristiques du projet, il convient de mentionner le fait qu’il s’efforce de faire participer toute la communauté scolaire, y compris les enseignants, les administrateurs et le personnel d’appui ; qu’il s’adresse à toutes les ethnies, sans exception ; et qu’enfin, il se sert largement de l’art (théâtre, musique, dessin et peinture).

« Ce projet est très important pour nous parce que sa principale préoccupation consiste à changer la façon dont les gens, en particulier les jeunes, voient leur vie », dit Meliha Sujoldzic, enseignante et parent d’élève à l’école secondaire mixte de Travnik, ville peuplée à peu près pour moitié de Bosniaques musulmans et pour l’autre moitié de Croates catholiques. « Ce projet est formidable en ce sens que les élèves, leurs parents et les enseignants y participent. C’est nouveau à Travnik et c’est une très bonne chose parce que la culture de la paix continue à se développer petit à petit dans toute la communauté. »

Selon Jozefina Matosevic, parent d’élève et membre du personnel d’appui de l’école primaire Nova Bila de Travnik, l’accent porté sur l’expression artistique a eu un effet considérable.

« Le projet a apporté quelques changements dans notre école, notre communauté et nos familles », dit-elle. « Les murs de l’école sont tapissés d’œuvres d’art, de photos, de poèmes, d’affiches, de nouvelles et de dessins d’élèves. La collaboration entre les parents et l’école est meilleure. »

Pendant l’année scolaire, les élèves ont eu à plusieurs reprises l’occasion de présenter les thèmes principaux du projet à l’ensemble de la communauté. Dans les manifestations publiques organisées au niveau des régions ou de l’Etat, ils ont essayé de montrer comment ils comprenaient les principes de la paix par la musique, le théâtre, des jeux et des expositions.

Les responsables des municipalités dans lesquelles se trouvent les écoles du projet – Banja Luka, Sarajevo, Ilidza et Travnik – ont aussi manifesté leur soutien au projet par des déclarations publiques et une assistance aux différentes activités. C’est ainsi que, par exemple, les maires ont officiellement proclamé février 2000 « Mois de la paix » dans leurs villes pour marquer la première série de manifestations régionales et nationales en faveur de la paix.

« L’approche globale du projet à l’égard de l’éducation pour la paix, une approche qui fait participer les élèves, les enseignants et les parents, de quel que groupe ethnique ou domaine de programme que ce soit, c’est à notre avis ce qui change tout », dit Melle Clarke. « C’est très important pour créer une culture de la paix. Car sans une réelle transformation des esprits et des cœurs, aucune paix durable n’est possible. Au mieux, l’on se retrouve avec de brefs instants de stabilité entre des périodes de conflit. »



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