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Revue n° 45-46, 2003

Face à la discrimination, un village bolivien isolé décide de mettre en place son propre système scolaire

PUKA PUKA, Chuquisaca, Bolivie — Pendant des années, l’école publique de ce village d’environ 700 habitants situé sur l’altiplano bolivien n’avait que trois classes d’enseignement primaire. Ceux qui voulaient poursuivre leurs études devaient faire de 3 à 6 kilomètres à pied pour se rendre dans l’une des villes voisines.

La plupart du temps, les jeunes élèves ne s’en plaignaient pas mais critiquaient le traitement qui leur était réservé en dehors de leur village. Bien qu’appartenant à la tribu des Quechua, on les obligeait à renoncer à leur costume tribal et à porter des vêtements occidentaux.

« Nos costumes traditionnels sont importants pour ne pas oublier notre culture », dit Pascual Vargas, 17 ans, originaire de Puka Puka. En outre, les élèves faisaient l’objet de discriminations.

Les habitants de Puka Puka ont alors pris une initiative tout à fait inédite : ils ont ouvert leur propre école, en commençant par collecter des fonds pour engager des instituteurs et ouvrir ensuite un lycée privé pour ceux qui souhaitaient poursuivre leurs études.

Cette initiative et la façon dont la communauté a su ensuite gérer et financer les écoles est un véritable exemple de développement communautaire. Après avoir soulevé le problème, la communauté a proposé une solution et s’est mise au travail en faisant appel, lorsque cela était nécessaire, à une aide extérieure.

Bien que composée en grande majorité de paysans analphabètes, la communauté gère à présent une administration scolaire importante avec un effectif d’à peu près 140 élèves (enseignement primaire et collège), ce qui est remarquable pour cette région sous-développée située sur un haut plateau quasi désertique de l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. Plus récemment, un lycée dénommé « Unidad de los Pueblos Collegio » (Lycée de l’unité des peuples) a ouvert ses portes et compte à présent une trentaine d’élèves.

Si ces projets ont pu voir le jour c’est notamment parce que le tiers de la population est bahá’íe. Les dirigeants locaux ainsi que des observateurs extérieurs reconnaissent que l’attachement des bahá’ís à l’éducation et à l’unité les a aidés à comprendre que, pour progresser, il fallait devenir autonomes.

« C’est au conseil local des bahá’ís de Puka Puka que nous avons exprimé le désir d’avoir notre propre école », dit Claudio Limachi, 35 ans, qui est né dans le village et a participé à la naissance du projet.

« On peut se demander comment une petite communauté sans ressources a pu se mobiliser pour trouver les moyens nécessaires », dit Duncan Hanks, directeur des projets de développement économique et social à l’université Nur. « La plupart des autres communautés attendent qu’une organisation internationale ou une ONG arrivent avec des programmes tout prêts. Mais celle de Puka Puka n’est pas restée les bras croisés. Décidée à aller de l’avant, elle s’est dit ‘voilà ce qu’il nous faut et nous allons trouver les moyens nécessaires’. »

La communauté bahá’íe de Puka Puka a également lancé quelques petits projets générateurs de revenus pour soutenir financièrement l’école, notamment un projet d’apiculture et de production de miel, un projet d’élevage de poulets et un projet de culture maraîchère en serre.

« La détermination de cette communauté est incroyable », dit Jeremy Martin, autre responsable de l’université Nur venu récemment à Puka Puka. « Elle a réussi à gagner toutes les autres communautés voisines à la cause du projet d’enseignement secondaire et, bien qu’ayant besoin d’argent et de soutien, elle possède cette incroyable vision qui, j’imagine, rend ce projet viable. »

Directeur du développement institutionnel à Nur, M. Martin note qu’en plus des projets concernant les écoles et les activités lucratives, la communauté a aussi construit un petit musée consacré à l’histoire et à la culture de la communauté.

« C’est une autre idée qui témoigne de leur clairvoyance », dit-il encore. « D’une part, ils mettent au point un système capable de dispenser aux enfants les connaissances dont ils ont besoin pour survivre aujourd’hui et, d’autre part, ils créent un musée pour conserver leurs traditions. »

Nombreux sont les parents qui ont mis en avant une même vision d’un avenir dans lequel leurs enfants pourront, grâce à l’enseignement reçu à Puka Puka, aller à l’université et devenir des professionnels.

« Ainsi, nos enfants n’auront pas les mêmes difficultés que nous », dit Bacilia Pachacopa, 35 ans, mère de cinq enfants qui vit à Puka Puka. « Nous le faisons parce que nous voulons que nos enfants soient suffisamment capables pour ne pas dépendre autant des autres que nous et pour montrer qu’on peut faire des progrès. »



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Dernière mise à jour le 21/11/2017