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Revue n° 45-46, 2003

La communauté bahá’íe lance au monde entier un appel à la tolérance religieuse

HAIFA, Israël — Préoccupée par la montée du fanatisme religieux dans le monde entier, la Maison Universelle de Justice, le conseil directeur de la foi bahá’íe, a lancé un appel aux dirigeants religieux pour les exhorter à prendre des mesures énergiques contre l’intolérance et le fanatisme religieux.

Remis à partir du mois de mai 2002 aux dirigeants des religions du monde entier par le réseau des communautés nationales bahá’íes, le message prédit : « Chaque jour, grandit le danger de voir les brasiers allumés par les préjugés religieux se multiplier et provoquer une conflagration mondiale aux conséquences inimaginables. » [Voir extraits du message dans l’article sous le titre « Aux dirigeants des religions du monde » dans le même numéro]

« Tragiquement, les religions établies, dont la raison d’être est de servir la cause de la fraternité et de la paix, se comportent trop souvent comme des entraves parmi les plus redoutables à cette cause ; qu’elles aient longtemps donné crédit au fanatisme en est une douloureuse illustration », écrit la Maison Universelle de Justice.

La lettre de six pages, qui a été traduite dans 22 langues, a été distribuée aux dirigeants religieux de plus de 170 pays.

La réaction a été très positive puisque, aussi bien les dirigeants religieux que les étudiants en théologie ou les spécialistes dans des domaines apparentés reconnaissent la nécessité et l’opportunité de la lettre qui pose un problème préoccupant pour tous.

« Ce message est opportun », dit le professeur Jonathan Sacks, Grand rabbin des Congrégations hébraïques unies de Grande-Bretagne et du Commonwealth. « Nous sommes confrontés au plus grand défi que Dieu nous ait jamais lancé et ce message arrive au bon moment. »

Plusieurs responsables bouddhistes, chrétiens, hindous, juifs, musulmans ou autres, ont exprimé leur espoir que les dirigeants religieux et leurs fidèles soient secoués par ce message.

« Puisse ce message être suivi d’effet et déclencher des réactions », dit M. Ulrich Dehn du Centre protestant pour les questions religieuses et idéologiques en Allemagne, qui précise qu’il souscrit globalement au principe selon lequel les dirigeants religieux doivent « clarifier leur position » sur la question de la tolérance religieuse.

L’appel a été très médiatisé dans certains pays. En Inde, par exemple, The Times of India, The Hindu et The Pioneer, ainsi que plusieurs autres journaux, ont publié des articles sur ce message ainsi que de larges extraits de ce dernier.

La lettre lance tout d’abord un appel à la tolérance en soulignant que le siècle qui s’est achevé a pris de plus en plus conscience de l’unité de l’humanité. Elle note en particulier que même si les préjugés de race, de sexe ou de nationalité perdurent, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’ils sont inacceptables.

Le message indique, plus loin, que le fanatisme religieux est devenu un obstacle redoutable à la cause de la fraternité et de la paix. La Maison Universelle de Justice affirme que : « La crise exige des autorités religieuses qu’elles rompent avec le passé par une coupure aussi décisive que celles qui ont permis à la société de combattre les préjugés de race, de sexe et de nationalité, tout aussi corrosifs. »

Un dialogue renforcé entre les religions peut être un pas important dans la lutte contre l’intolérance religieuse. Toutefois, le message précise que pour que ce dialogue soit efficace, il doit être beaucoup plus fort et plus rigoureux qu’il ne l’est à présent. « Pour que le dialogue inter-religieux contribue de manière significative à soulager les maux affligeant une humanité désespérée, il faut désormais, en toute honnêteté et sans se dérober plus longtemps, examiner les implications de cette vérité supérieure qui a inspiré le mouvement inter-religieux : Dieu est un, et au-delà de la diversité des expressions culturelles et des interprétations humaines, la religion est également une. »

La Maison Universelle de Justice offre le concours de la communauté bahá’íe pour encourager ce dialogue par de nouvelles initiatives.

« La diffusion de cette lettre est une démarche de la communauté bahá’íe pour aider l’humanité à surmonter ce qui, à ce stade de son histoire, est apparu comme un obstacle majeur à la paix, à la sécurité et à la prospérité dans le monde », dit Albert Lincoln, secrétaire général de la Communauté internationale bahá’íe.

« En particulier, la montée du fanatisme religieux, dont témoignent les attaques terroristes, les attaques contre les maisons de culte et la profanation des cimetières, ainsi que les guerres civiles attisées par les différences religieuses, est peut-être en train de devenir la principale source de conflit dans le monde », ajoute M. Lincoln. Ainsi que l’explique la Maison Universelle de Justice dans son message, elle a ressenti la nécessité de dire aux dirigeants des autres religions organisées, avec « un parler franc » qu’il était temps d’agir.

Presque tous les conseils nationaux bahá’ís du monde ont tout d’abord distribué la lettre aux dirigeants religieux au niveau national ainsi qu’aux universitaires et aux journalistes spécialisés dans le domaine de la religion. Les communautés bahá’íes locales se sont ensuite, elles aussi, associées à cette démarche en présentant la lettre aux dirigeants religieux au niveau local.

« La société brésilienne souffre de ses divisions religieuses », dit Roberto Eghari, secrétaire des affaires extérieures à l’Assemblée spirituelle nationale du Brésil. « Il y a des tensions entre les groupes évangéliques et d’autres groupes chrétiens. Nous croyons par conséquent que ce message arrive au bon moment et qu’il peut apporter de nouveaux éclairages. »

M. Eghari explique que les dirigeants religieux ont réagi très positivement. Plusieurs groupes ont manifesté le désir de coopérer avec les 55 000 membres de la communauté bahá’íe du Brésil pour donner suite au message. « Les gens ne veulent pas se contenter de lire le message. Ils veulent aussi le traduire en actes. »

En France, au niveau national, le message a été remis en mains propres à près de 30 dirigeants représentant les principales religions établies ainsi qu’à des responsables universitaires. Ceux-ci ont envisagé la possible collaboration des bahá’ís pour l’élaboration de plusieurs cursus universitaires tels que la médiation inter-religieuse. Au total, plus de 400 messages ont été adressés à des dirigeants bouddhistes, catholiques, juifs, musulmans, orthodoxes, protestants ainsi qu’à des universitaires du pays.

Les communautés nationales bahá’íes rapportent que les délégations porteuses de la lettre ont été reçues chaleureusement et avec beaucoup de courtoisie et de dignité, ce qui montre que les questions abordées dans le message sont prises au sérieux.

« Cette courtoisie extraordinaire de leur part ne visait pas tant notre personne que la démarche elle-même et la portée intrinsèque du message », dit Amy Marks, qui a remis la lettre à plus d’une douzaine de dirigeants religieux du Cap, en Afrique du Sud, en tant que représentante du conseil bahá’í de cette ville.

Pour Mme Marks, qui coprésidait en 1999 le Parlement des religions mondiales en Afrique du Sud, le pays-hôte de ce Parlement, l’accueil chaleureux réservé à la lettre vient en partie du fait que les échanges inter-religieux ont progressé depuis quelques années.

« Dans notre région tout au moins, je pense que le dialogue préalable entre les religions, en particulier la bonne volonté suscitée par le Parlement des religions, a été le point de départ de la sincérité et du respect immense que les gens ont manifesté », dit-elle. « Cette lettre devrait favoriser l’amorce d’un nouveau dialogue entre les religions. »

Plusieurs dirigeants religieux ont fait savoir qu’ils distribueraient la lettre à d’autres dirigeants au sein de leurs propres organisations. Le Conseil national musulman d’un pays africain en a demandé des copies supplémentaires pour les distribuer à toutes les mosquées de la capitale. Le doyen d’une université catholique d’Amérique latine s’est dit favorable à une collaboration avec la communauté bahá’íe pour mettre au point un programme destiné aux professeurs et aux étudiants.

Au Royaume-Uni, George Carey, Archevêque de Canterbury et chef de l’Eglise anglicane, a écrit ceci : « Je partage tout à fait le point de vue selon lequel nous devons tous nous poser la question de savoir comment mettre nos différentes croyances au service de la paix et de la justice. Il faudra engager un dialogue très honnête dans la poursuite de cet objectif et il est intéressant d’apprendre, d’après le message que vous avez adressé, comment la communauté bahá’íe entend aborder ces questions. »

« En Tanzanie, la communauté bahá’íe a reçu des réponses positives des quelque 30 dirigeants religieux auxquels la lettre a été remise officiellement », dit Shabani Seffu, secrétaire du conseil national bahá’í de Tanzanie.

Biharilal Keshavji Tanna, membre du Conseil hindu de Tanzanie a écrit : « J’ai lu le document avec beaucoup d’intérêt et je sens qu’il contient un message extrêmement important, non seulement pour les dirigeants des différentes religions mais aussi pour tous les êtres pensants qui ont le devoir et la responsabilité de faire tomber les barrières entre les différents groupes de la famille humaine. »

Tout en exprimant leur sympathie pour la tolérance, certains récipiendaires de la lettre ont néanmoins émis des réserves très nettes à propos de l’idée de l’unicité des religions.

« Vous serez heureux d’apprendre que l’Eglise catholique reconnaît que l’esprit de Dieu est à l’oeuvre dans l’ensemble de la création et conduit tous les peuples à une merveilleuse destinée », écrit l’évêque Peter J. Cullinane, président de la Conférence des évêques catholiques de la Nouvelle-Zélande. « Mais cela ne signifie pas que toutes les croyances et pratiques religieuses soient les mêmes. »

« Notre volonté de ‘rechercher le réel’, de ‘vivre dans la vérité’ et de ‘respecter les autres’ ne nous autorise pas à être indifférents à la question de savoir si on aide les peuples à approcher l’ensemble de la révélation divine ou si, leur vie durant, ils n’en connaîtront qu’une partie », poursuit l’évêque. « Les chrétiens pensent que Dieu a révélé ses merveilleux desseins de façon plus complète et plus explicite dans la personne, la vie et la résurrection de Jésus-Christ. »

D’autres ont applaudi cet appel à l’examen de l’unité de toutes les religions. « J’ai toujours été impressionné par l’idée que toutes les religions n’en sont en réalité qu’une seule », dit le professeur Johann Figl, directeur de l’Institut de la science religieuse à la faculté théologique catholique de l’université de Vienne.

« Aujourd’hui, je pense que les membres de toutes les religions font partie de l’humanité qui est une et que, par ailleurs, les différences religieuses et culturelles ne manquent pas d’intérêt. »



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Dernière mise à jour le 25/09/2017