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Revue n° 45-46, 2003

Religion et développement à la croisée des chemins : convergence ou divergence ?

Le texte ci-dessous est une version légèrement abrégée de la déclaration de la Communauté internationale bahá’íe au Sommet mondial de Johannesbourg sur le développement durable

Tout au long du 20ème siècle, les préjugés ethniques, raciaux et nationaux ont progressivement donné lieu à la prise de conscience que l’humanité ne forme qu’une seule famille et la terre qu’un seul pays. Les Nations Unies (ONU), créées en réponse à cette prise de conscience, ont travaillé afin de faire émerger un monde dans lequel tous les hommes et toutes les nations puissent vivre ensemble [...]

Les Nations Unies doivent cependant comprendre à la fois le rôle positif que peut jouer la religion en créant un ordre mondial de paix et de prospérité, et l’impact destructeur que le fanatisme religieux peut avoir sur la stabilité et le progrès du monde. Ce manque de considération à l’égard de la religion peut être notamment observé dans le domaine du développement, où les Nations Unies ont, pour une grande part, considéré les communautés religieuses comme de simples canaux pour l’acheminement de biens et de services, comme des moyens de réaliser des politiques et des programmes de développement.

Plus même, lorsque les instruments des Nations Unies en faveur des droits de l’homme ont été utilisés pour condamner l’intolérance et la persécution religieuses, les politiques et les programmes de développement des Nations Unies ont stigmatisé la bigoterie religieuse comme l’obstacle majeur à l’établissement de la paix et du bien-être dans le monde.

La religion : fondement de civilisation et de progrès

Il devient de plus en plus évident que le passage au point culminant du long processus millénaire d’organisation de la planète comme un seul pays pour la famille humaine tout entière, ne pourra se réaliser dans un vide spirituel. Selon les écrits bahá’ís, la religion est « source d’illumination, cause de développement et l’impulsion animatrice de toute progression humaine » et « fut la base de toute civilisation et de tout progrès dans l’histoire de l’humanité ». Elle est source de sens et d’espoir pour la vaste majorité des habitants de la planète, et elle a un pouvoir infini pour inspirer le sacrifice, l’évolution et l’engagement à long terme de ses disciples. Il est donc inconcevable qu’une société globale, pacifique et prospère - société qui abrite une diversité spectaculaire de cultures et de nations - puisse s’établir et se maintenir sans impliquer, directement et substantiellement, les grandes religions mondiales dans ses projets et ses appuis.

On ne peut nier, en même temps, que le pouvoir de la religion a été perverti pour monter les hommes les uns contre les autres. Les Écrits bahá’ís déclarent que « la religion doit être source de fraternité, cause d’unité et de proximité de Dieu pour l’homme. Si elle éveille haine et lutte, l’absence de religion est alors préférable et l’homme sans religion est meilleur que celui qui la professe ». Tant que les animosités religieuses peuvent déstabiliser le monde, il sera impossible d’instaurer un modèle global de développement durable, but fondamental de ce sommet.

Religion et Nations Unies : un travail commun pour la paix et la justice

Compte tenu de l’histoire du fanatisme religieux, il est compréhensible que les Nations Unies soient encore hésitantes à inviter les religions dans leurs négociations. Cependant, les Nations Unies ne peuvent plus ignorer le bien incommensurable que les religions ont fait et continuent à faire dans le monde, ou les contributions salutaires et de grande portée qu’elles peuvent apporter à l’établissement d’un ordre mondial, durable, pacifique et prospère.

En fait, les Nations Unies ne réussiront à établir cet ordre mondial que dans la mesure où seront utilisées la puissance et la clairvoyance de la religion. Ceci exige d’accepter la religion non seulement comme un moyen de véhiculer et d’exécuter des initiatives de développement, mais aussi comme un associé actif dans la conception, l’organisation, l’exécution et l’évaluation des politiques et des programmes mondiaux. Le mur, historiquement justifié séparant l’ONU et les religions doit tomber devant les impératifs d’un monde luttant pour l’unité et la justice.

La responsabilité réelle incombe cependant aux religions elles-mêmes. Les disciples, et plus encore les dirigeants des religions, doivent démontrer qu’ils sont les dignes partenaires de la mission importante qui consiste à construire une civilisation mondiale durable. Cela requiert que les dirigeants religieux travaillent consciencieusement et sans relâche à éradiquer la bigoterie et la superstition à l’intérieur de leurs propres traditions religieuses. Ceci demande qu’ils acceptent la liberté de conscience pour tous, y compris pour leurs disciples, et renoncent aux revendications d’exclusivité et d’irrévocabilité religieuses.

Il paraît inimaginable que l’acceptation de la religion comme partenaire des Nations Unies soit autrement que progressif, ou que les hostilités religieuses soient instantanément éliminées. Mais les besoins désespérés de la famille humaine ne peuvent souffrir aucun délai supplémentaire pour reconnaître le rôle de la religion.

Religions et ONU : Les prochaines étapes possibles

Pour sa part, l’ONU pourrait commencer le processus consistant à impliquer sérieusement la religion dans les délibérations sur le futur de l’humanité, en organisant un premier rassemblement des dirigeants religieux, à l’initiative peut-être du Secrétaire général. En priorité, les dirigeants pourraient demander qu’une Convention sur la liberté de religion et de croyance soit élaborée et ratifiée aussi rapidement que possible par les gouvernements du monde avec l’appui des communautés religieuses. Une telle action menée par les dirigeants religieux marquera leur volonté de reconnaître la liberté de conscience pour tous, et réduira de manière significative les tensions dans le monde. Ce rassemblement pourrait aussi discuter la mise en place d’un forum religieux permanent au sein de l’Organisation des Nations Unies, dans un premier temps sur le modèle du forum permanent récemment instauré par l’ONU pour les « questions indigènes ». La création de ce corps serait une étape importante vers une pleine intégration de la religion dans le travail de l’ONU pour établir un ordre mondial pacifique.

De leur côté, les dirigeants religieux devront démontrer qu’ils sont dignes de participer à ce forum. Seuls les dirigeants religieux qui clarifieront auprès de leurs adeptes que les préjugés, la bigoterie et la violence n’ont pas de place dans la vie d’un croyant, seront invités à participer au travail de ce forum.

Le règne promis de paix et de justice

Il est évident que plus l’ONU retardera l’implication significative de la religion dans ses travaux, plus l’humanité subira les ravages de l’injustice et de la désunion. Il est aussi clair que, tant que les religions mondiales ne renonceront pas au fanatisme et ne travailleront pas consciencieusement à l’éliminer de leurs propres rangs, la paix et la prospérité resteront du domaine de l’illusion. En fait, la responsabilité de la situation lamentable de l’humanité revient pour une bonne part aux dirigeants religieux mondiaux.

Ce sont eux qui doivent élever leur voix pour en finir avec la haine, l’exclusion, l’oppression des consciences, la violation des droits de l’homme, le déni d’égalité, le refus de la science, la glorification du matérialisme, la violence et le terrorisme, qui sont perpétrés au nom de la vérité religieuse. De plus, ce sont les adeptes de toutes les religions qui devront transformer leur propre vie et revêtir le manteau du sacrifice au service du bien-être des autres, contribuant ainsi à la réalisation du règne depuis longtemps promis, de la paix et de la justice sur terre.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017