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Revue n° 45-46, 2003

En Argentine, une ONG oeuvre à la construction d’une société civile forte

BUENOS-AIRES, Argentine — Le brusque effondrement économique, qui a plongé en novembre 2001 l’un des pays les plus riches d’Amérique latine dans une crise profonde et durable, a convaincu une grande partie de la population que les problèmes économiques et sociaux de l’Argentine ne peuvent être résolus qu’avec la participation active de la société civile.

Cette idée a longtemps été défendue par l’UNIDA, organisation non gouvernementale d’inspiration bahá’íe qui s’occupe essentiellement de programmes de formation visant à renforcer la société civile et à promouvoir des modèles de développement faisant appel à la participation de tous. L’UNIDA a observé un regain d’intérêt pour ses programmes depuis le début de la crise et le nombre de ses adhérents a atteint le plus haut niveau de son histoire.

« Si des assemblées de proximité ont été constituées en Argentine, c’est parce que les gens sentent aujourd’hui que c’est à eux d’agir », dit Haleh Maniei, responsable de la coordination des étudiants et de la promotion de l’UNIDA. « En conséquence, ils savent qu’ils doivent être mieux formés dans les domaines de la planification stratégique des ONG, du lancement de leurs propres projets, etc. Ils sont encore plus nombreux aujourd’hui à poser des questions sur les programmes de l’UNIDA. »

Fondée en 1996 par une poignée de bahá’ís, l’UNIDA (Université de la nation, de l’intégration, du développement et de l’environnement) offre des cours post-universitaires dans quatre domaines : développement durable, anthropologie sociale, développement humain et méthodes d’organisation.

Les quatre programmes portent sur l’étude du développement « à échelle humaine » et, parallèlement, sur les méthodes de prise de décision faisant appel à la participation universelle dans lesquelles les fondateurs de l’UNIDA voient la clé de l’action sociale proprement dite.

« Ces quatre thèmes ne sont en vérité que des portes différentes par lesquelles on essaie d’arriver au même but », dit Lucio Capalbo, coordinateur général de l’UNIDA et l’un de ses fondateurs. « Ce que l’UNIDA s’efforce de faire, c’est essentiellement de renforcer la société civile en formant ses dirigeants aux nouvelles méthodes de prise de décision fondées sur la consultation et la participation pour aider les gens à agir en groupes de façon plus efficace. Et cela est essentiel pour renforcer les capacités d’intervention de la société civile. »

L’UNIDA a obtenu plusieurs distinctions importantes. En 2002, l’UNIDA a reçu des fonds de la Communauté européenne pour offrir aux dirigeants locaux qui travaillent au service des communautés pauvres une formation dans le domaine de la résolution des conflits.

Depuis la création de l’UNIDA ses effectifs ont constamment augmenté pour atteindre 128 élèves. Malgré la crise économique, elle a réussi à étendre ses programmes à deux autres villes de l’Argentine : Rosario et Viedma.

« Nos programmes de formation correspondent exactement à ce dont le pays a besoin en ce moment », dit M. Capalbo qui explique que chaque programme est conçu autour de méthodes de prise de décision participative et de la planification stratégique qui visent à renforcer la capacité d’intervention des organisations locales.

Plus précisément, tous les cours de l’UNIDA enseignent une méthode de prise de décision sans confrontation, appelée « consultation » dont les principes sont tirés des enseignements bahá’ís.

La « consultation » est essentiellement un processus de concertation qui encourage l’expression de toutes les opinions, tout en cherchant à obtenir un consensus entre les différents protagonistes. Ses principes clés sont notamment les suivants : l’objectif primordial est toujours le bien de tous ; l’information est rassemblée à partir de toutes les sources et de tous les points de vue possibles ; l’échange de vues est complet et franc tout en restant courtois ; toute idée qui a été mise en avant devient la propriété du groupe ; lorsqu’une décision a été prise, elle est appuyée par le groupe dans son ensemble.

« Dès lors que l’on comprend en quoi consiste la consultation, on commence à penser autrement », reprend M. Capalbo en ajoutant que les fondateurs de l’UNIDA pensent que nombre des problèmes de la société sont dus à la confrontation qui dresse des groupes les uns contre les autres. « Le principe de l’unité dans la diversité est appliqué sans esprit partisan, de lutte ou de conflit. L’UNIDA enseigne à prendre des décisions et à travailler avec les autres en se consultant, ainsi qu’à concevoir, exécuter et évaluer des programmes mis en oeuvre avec la coopération de tous. »

Selon les élèves de l’UNIDA, cet enseignement est un moyen efficace et pratique au service du renforcement des capacités d’intervention de la société civile.

Mario Daniel Caputo, juge dans la province de Buenos Aires, a suivi en 2000 un cours sur les droits de l’homme et a récemment lancé une ONG pour aider les réfugiés et les immigrants sans papiers vivant en Argentine à accéder à l’éducation, aux soins de santé et à l’emploi. « Les outils offerts par l’UNIDA, tels que les nouveaux concepts de développement, la technique de la consultation, ainsi que d’autres éléments, m’ont servi pour la planification du projet », dit-il. « Ils m’accompagnent comme un nouveau bagage et me permettent d’appliquer concrètement ces concepts. »

L’UNIDA a germé dans l’esprit d’un groupe de bahá’ís argentins après le Sommet de la Terre en 1992. M. Capalbo, ainsi que d’autres participants au Forum mondial à Rio, ont constaté que la société civile disposait d’un pouvoir énorme mais qu’elle manquait de coordination et qu’elle était divisée par des querelles partisanes.

Ingénieur de formation, M. Capalbo a estimé que les ONG intéressées par l’environnement pouvaient disposer de meilleurs outils d’organisation et de coopération. Le groupe qui a fondé l’UNIDA a tout d’abord publié une revue intitulée Ecology and World Unity.

A partir de 1994, le groupe a organisé une série de séminaires sur les thèmes de l’environnement, du développement, des droits de l’homme, de l’ordre mondial, des changements mondiaux et de la spiritualité.

Le succès de ces séminaires a donné au groupe l’idée de mettre sur pied un programme de formation permanente qui a donné naissance à l’UNIDA et à son programme post-universitaire. La première année, l’université comptait 22 élèves. Elle possède aujourd’hui son propre bâtiment et compte 128 élèves.

La crise économique a contraint l’UNIDA à réduire le nombre des cours et le montant des droits d’inscription ainsi que le salaire du personnel. Shahin Said, trésorier et l’un des fondateurs de l’UNIDA pense néanmoins que l’université survivra. « Il n’existe pas vraiment sur le marché de programme similaire axé autour du concept d’unité dans la diversité et proposant un nouveau point de vue sur la question de savoir comment servir la société », dit-il.

Horacio Russo, coordinateur de l’UNIDA pour la coopération et le développement ajoute : « En ce qui concerne les modèles de développement existant aujourd’hui, le pouvoir est généralement concentré entre les mains de quelques-uns et c’est ce qui favorise la corruption. Selon le modèle proposé par l’UNIDA, un plus grand nombre de personnes participent à la prise de décisions, en particulier lorsqu’elles sont personnellement touchées par ces décisions. Cela ne veut pas dire que tout le monde a les mêmes responsabilités. Mais tout le monde contribue au résultat de telle sorte que la communauté prend en main son propre destin. »

En ce qui concerne les enseignants, l’UNIDA fait appel à des spécialistes venant d’horizons les plus divers - sociologues, économistes, ingénieurs de l’environnement et juristes, notamment - et compte une quinzaine de professeurs permanents et environ 70 adjoints.

« L’une des raisons pour lesquelles je participe à l’UNIDA tient au concept de ‘développement à échelle humaine’ qui est la clé de voûte de tous les projets », dit Millaray Riquelme qui est psychologue au Centre argentin pour la coopération et le développement international et a enseigné à l’UNIDA pendant trois ans. « De plus, tous les cours comportent une section sur l’égalité des hommes et des femmes. Aucune organisation ne le fait de façon aussi systématique. »

Maria Rosa Fernandez Lemoine, directrice de Conciliar, ONG spécialisée dans la médiation communautaire, pense, elle aussi, que les méthodes enseignées par l’UNIDA sont utiles. « Les gens se plaignent beaucoup mais ils sont désorganisés et ne s’écoutent pas », dit-elle. « C’est pourquoi, ce type de formation et de méthode est utile pour mettre en oeuvre des projets de formation d’hommes et de femmes dans le domaine des techniques de communication et de négociation. »



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Dernière mise à jour le 20/09/2017