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Revue n° 49-50, 2004

Une étude de cas sur la religion et les droits de l’homme


Human Rights, the UN and the Bahá’ís in Iran
Nazila Ghanea
George Ronald - Kluwer Law International
Oxford - La Haye

L’avènement du nouveau millénaire a engendré un regain étonnant de sentiments religieux dans le monde : la laïcité galopante que l’on identifiait à l’arrivée du modernisme, ne semble avoir été que la crête d’une vague…

Malheureusement, un des effets secondaires de cette poussée de religiosité est l’amplification de l’intolérance religieuse et de la violence. Leurs manifestations sont visibles pratiquement sur chaque continent et donnent lieu à la controverse du « choc des civilisations » à l’échelle globale.

Dans ce contexte, le livre de Nazila Ghanea, Human Rights, the UN and the Bahá’ís in Iran (Droits de l’homme, les Nations Unies et les bahá’ís d’Iran), prend une signification particulière. Il examine non seulement avec soin le cas spécifique de la persécution religieuse endurée par la communauté bahá’íe d’Iran mais analyse également avec perspicacité la manière dont la communauté internationale a abordé la délicate problématique des relations entre droits de l’homme et religion.

Depuis l’établissement de la République islamique d’Iran en 1979, plus de 200 responsables de la communauté bahá’íe ont été tués, des centaines de bahá’ís jetés en prison, des dizaines de milliers privés de leur emploi et les jeunes interdits d’accès à l’éducation supérieure sur le simple fondement de leur croyance religieuse [Voir article sous le titre « Epuration culturelle ... » dans le même numéro].

Le dossier bahá’í est l’un des exemples les plus réussis d’intervention internationale dans le domaine des droits de l’homme. En 1982, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies a adopté la première d’une série de 19 résolutions annuelles consécutives exprimant ses « préoccupations » quant à la situation des droits de l’homme en Iran et spécifiquement celle des bahá’ís. Celles-ci furent suivies de résolutions similaires adoptées par l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Bien que le gouvernement iranien n’ait jamais admis l’influence de ces résolutions ou de l’indignation internationale exprimée simultanément dans les médias et dans les parlements nationaux, le nombre de bahá’ís exécutés ou emprisonnés a nettement baissé en quelques années. Malheureusement, d’autres formes de persécutions se poursuivent aujourd’hui encore à l’encontre des bahá’ís d’Iran et notamment des restrictions d’accès à l’enseignement supérieur, des expropriations, des refus d’embauche, et des limitations des droits de culte et de réunion.

Mme Ghanea, enseignant le droit international et les droits de l’homme à l’université de Londres, analyse méticuleusement les résolutions adoptées par les Nations Unies de 1980 à 2002. Elle étudie également la signification du dossier bahá’í dans le cadre plus vaste du régime international des droits de l’homme en matière d’intolérance religieuse. Nazila Ghanea note que le conflit religieux devient source de violence et de violation des droits de l’homme à chaque fois qu’une religion s’affirme comme supérieure à une autre.

Selon Mme Ghanea, l’idée des droits de l’homme était de promouvoir « un seul et unique langage de moralité » pouvant être démarqué « radicalement de la subjectivité des systèmes de croyance qui ne se réfèrent qu’à leurs spécificités propres ».

« Les suppositions inhérentes à cette vision des choses semblaient dire que passer par la laïcité était le seul espoir de rendre universels des principes et des normes relatifs aux droits de l’homme. » Cependant, suggère Mme Ghanea, dans le monde complexe d’aujourd’hui de « croyants et d’incroyants et de diversité de cultures, de religions et de races », il est pratiquement impossible de séparer la loi et la théorie des droits de l’homme de la question de la croyance religieuse.

A la place, écrit-elle, les religions « devraient être encouragées à insuffler leurs visions et leurs ressources morales pour le progrès des droits de l’homme tout en laissant de la ‘place à la neutralité de normes et de valeurs indépendantes de ces traditions’. Que ce soit pour une idéologie des droits de l’homme autant que pour des engagements religieux, dès que leurs interprétations sont radicales, elles s’excluent l’une l’autre, ce qui à long terme et néfaste pour leurs propres objectifs. »

On retire de cet ouvrage des leçons qui prennent beaucoup de valeur dans un monde qui est à la fois si riche dans sa diversité religieuse et culturelle et si divisé dans sa compréhension des possibilités que nous avons de vivre ensemble en paix.



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Dernière mise à jour le 18/12/2017