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Revue n° 49-50, 2004

Famille et développement

De tous temps et dans toutes les cultures, la famille a toujours été le ciment de la société et son principal facteur de cohésion. Or, aujourd’hui, la famille est en crise.

Dans les pays industrialisés, les mutations économiques et les nouveaux modes de consommation ont bouleversé les structures familiales. Des taux de divorce élevés ont engendré un sentiment d’insécurité au niveau du couple. De plus, le soutien que les familles recevaient des parents éloignés, de leurs collègues de travail, de leurs voisins ou de la société, s’est estompé.

Dans les pays en développement, ces tendances sont aggravées par la pauvreté, la dégradation de l’environnement, les inégalités entre les hommes et les femmes et la recrudescence de maladies qui touchent toute la planète, en particulier le sida.

Cette année, l’Organisation des Nations Unies commémore le 10e anniversaire de l’Année internationale de la famille qui a été lancée en 1994.

La famille est apparue comme l’un des thèmes majeurs des grandes conférences internationales tenues depuis 1992, bien qu’elle n’en ait jamais été directement le thème central. Chacune était consacrée à un sujet bien précis : le développement durable, les droits de l’homme, la condition de la femme, le développement social, ou l’habitat, mais toutes ont souligné l’importance de la personne humaine en tant qu’acteur et bénéficiaire du développement, insistant sur la répartition des pouvoirs, la participation et l’intégration.

L’idée maîtresse de ce nouveau concept de développement est que la famille est la cellule de base de la société et que sa force fait partie intégrante du développement.

Toutes ces conférences ont souligné la nécessité de mettre en place des systèmes d’aide aux familles (entraide familiale ou aide publique) et ont insisté sur l’importance de mener des politiques familiales axées notamment sur la flexibilité des heures de travail, l’emploi à temps partiel ou partagé, l’aide publique à l’enfance, le congé parental, la sécurité sociale, la pension d’invalidité, l’allocation pour personnes à charge et la protection de la famille.

La famille est au cœur de l’action menée pour promouvoir le développement social et économique, créer des communautés viables et accroître la prospérité mondiale.

L’individu y trouve naturellement de nombreux avantages. La famille est un rempart contre les difficultés, le système de soutien le plus élémentaire pour tous les membres qui la composent. Une famille forte est le garant de la santé, du bonheur et de l’équilibre des individus.

Du point de vue du développement de la société en général et du progrès de la civilisation, la famille revêt également une importance primordiale. En effet, c’est en son sein que sont transmises les valeurs et les principes moraux élémentaires. L’individu y développe ses facultés d’apprentissage ainsi que la confiance en soi et apprend à vivre en société. C’est également au sein d’une famille soudée que l’individu peut puiser la force de servir la société.

La religion a toujours été un facteur important de cohésion familiale. Aujourd’hui, cependant, le lien entre la famille et la religion est sur le point de se rompre. Le modèle de structure familiale autoritaire et machiste est largement rejeté. Associé à l’oppression de la femme, à des pratiques d’éducation rigides et à la conservation du pouvoir masculin, ce modèle de vie familiale est aujourd’hui considéré comme pervers et injuste.

Certaines personnes pensent néanmoins que ce modèle familial est dicté par leurs saintes écritures. D’ailleurs, certaines féministes considèrent que la religion est opposée à la famille puisque, dans nombre de cultures et de pays, les hommes se sont servis de la religion pour que la soumission de la femme demeure un état de fait.

L’échec de l’autoritarisme machiste a donné naissance dans nombre de pays occidentaux à un modèle laïque, plus libéral, qui permet à la femme d’avoir son mot à dire dans toutes les décisions familiales. Malheureusement, ce nouveau modèle a souvent occulté les valeurs enseignées par les grandes religions. Il a également ouvert la porte à une sorte de permissivité dans l’éducation des enfants, permissivité au nom de laquelle ces derniers ne reçoivent trop souvent aucune notion de morale ou d’éthique autre que celle de leur plaisir personnel.

Dans ‘The Violence-free Family : Building Block of a Peaceful Civilisation’ (La famille sans violence : Fondement d’une civilisation en paix), le psychiatre Hossain Danesh étudie les conséquences de cette permissivité. « Pour ces familles permissives », écrit-il, « la priorité absolue va à la satisfaction des besoins et des désirs personnels. Dans ces familles, la recherche du savoir et de la vérité n’a d’autre finalité que le gain personnel. Dans les familles laxistes, l’amour est recherche de satisfaction ; la volonté de puissance s’exprime par un comportement désordonné et anarchique. Les enfants deviennent superbement égoïstes, intolérants et indisciplinés. Si les parents et la société ne répondent pas immédiatement à leurs désirs, ils recourent souvent à la violence et à la criminalité. De tels individus succombent facilement à la toxicomanie et ils se comportent avec les autres comme s’ils jouissaient de privilèges acquis et illimités. »

On ne peut guère concevoir qu’il soit possible de bâtir une civilisation mondiale sur de tels fondements.

Comment peut-on sortir de cette impasse ? La foi bahá’íe propose un nouveau type de relations familiales. Ce modèle, dit le Dr. Danesh, repose sur le principe de l’unité et de l’unicité de l’homme. Il vise à établir des relations d’égalité et de réciprocité entre maris et femmes, tout en délimitant les droits et les devoirs respectifs des parents et des enfants.

« Dans ces familles, la quête du pouvoir et du plaisir, qui engendre la lutte, la compétition, l’individualisme et l’indépendance excessifs, cède la place aux principes d’égalité, de coopération, d’universalité et d’interdépendance. »

Dans le même temps, la famille unie prend appui sur des valeurs et des principes moraux solides. Elle est à la fois ouverte au progrès social et fortement imprégnée de morale individuelle. Les enseignements de la foi bahá’íe insistent par exemple sur l’égalité des races et des groupes ethniques, ainsi que sur l’importance d’une répartition équitable des richesses. Ils imposent aussi l’honnêteté et la fidélité absolues, ainsi que des règles de conduite personnelle.

L’égalité de l’homme et de la femme est le principe le plus important. De toutes les religions indépendantes, la foi bahá’íe est la seule qui, dans ses écritures sacrées, appelle explicitement à l’égalité des droits de l’homme et de la femme, niant ainsi toute prétendue supériorité des hommes au sein de la cellule familiale et de l’ensemble de la société.

Selon ‘Abdu’l-Bahá, le fils du fondateur de la foi bahá’íe, « Le monde de l’humanité possède deux ailes, l’une est constituée par les hommes, l’autre par les femmes. Tant que les deux ailes ne sont pas également développées, l’oiseau ne peut pas voler. Si une aile demeure faible, le vol est impossible. Tant que le monde des femmes ne deviendra pas égal au monde des hommes sur le plan de l’acquisition des vertus et des perfections, le succès et la prospérité ne pourront être réalisés comme ils devraient l’être. »

Le modèle familial fondé sur l’unité est une matrice qui peut donner naissance à des êtres humains capables de contribuer au progrès de toute la société, d’où la relation étroite entre famille et développement.

Dans ce type de famille unie, écrit Dr. Danesh, les enfants prennent conscience de leur unité essentielle avec tous les autres et ont la force de dire et de rechercher la vérité. Ils apprennent aussi qu’ils ne sont jamais aussi libres que quand ils se mettent au service des autres.

« L’humanité est arrivée aujourd’hui au dernier stade de son adolescence collective », poursuit le Dr Danesh.
« À mesure que nous approchons de la maturité, nous renonçons à la quête de pouvoir et de plaisir parce que l’évolution et le passage d’une étape à l’autre font inévitablement partie de la vie. La dimension la plus importante de cette transition est l’adoption d’un nouvel état d’esprit. Ce nouvel état d’esprit est directement lié à l’unicité de l’humanité qui atteint son expression la plus élevée dans l’unité, son état premier. L’humanité ne pourra progresser sur le chemin de la croissance si elle ne se fixe pas une règle d’unité – intérieure, interpersonnelle et internationale. »



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Dernière mise à jour le 22/09/2017