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Revue n° 47-48, 2003

En Inde, des femmes rurales sont initiées à l’utilisation de fours solaires

DJABHUA, Madhya Pradesh, Inde — Si vous interrogez les femmes sur les avantages de l’utilisation de l’énergie solaire pour faire la cuisine dans les districts reculés de cet Etat du centre de l’Inde, elles ne vous répondront pas nécessairement « la protection de l’environnement ».

Les avantages du four solaire sont pour elles davantage liés à un gain de temps, d’argent et d’énergie « personnelle ». Il signifie qu’elles n’ont plus besoin de récurer leurs casseroles noircies par les flammes, d’aller chercher du bois ni d’empêcher les enfants de s’approcher du feu.

« Au départ, je pensais que ce ne serait pas facile », dit Gokhari Solanki, une jeune femme du village de Temla, (district de Jabhua) qui vient d’obtenir un four solaire parabolique à usage domestique. « Quand j’ai commencé à l’utiliser, j’ai constaté que ça marchait beaucoup mieux que je ne le pensais. Cela ne demande pas autant d’entretien qu’un fourneau à bois. La cuisson se fait toute seule, sans risque d’incendie. De plus, on n’a pas besoin de bois et nos marmites restent propres. »

Mme Solanki fait partie de la cinquantaine de femmes de l’ouest du Madhya Pradesh qui ont reçu des fours solaires SK14 dans le cadre d’un programme mis au point par l’Institut Barli de développement des femmes rurales, à Indore.

Le programme est la vitrine des nouvelles technologies qui font irruption dans les zones rurales et a été remarqué par les membres du gouvernement et les responsables de l’éducation.

« Je pense que l’on a beaucoup à apprendre de l’Institut Barli », dit Rameshwar Lal Sawhney, directeur du département « Energie et environnement » de l’université Devi Ahilya d’Indore, qui a collaboré étroitement avec l’Institut. « Mon département reçoit des visiteurs des quatre coins du pays et je les emmène à Barli. Il s’agit d’un modèle qui peut être reproduit ailleurs. »

L’originalité de ce programme tient à la formation et à la motivation des participants, essentiellement des femmes rurales.

La distribution des fours solaires SK14 est l’aboutissement d’une série d’initiatives prises par l’Institut, non seulement pour encourager l’utilisation de l’énergie solaire mais aussi pour sensibiliser la population à l’environnement en général. Les jeunes femmes sont considérées comme les agents essentiels de la transformation de la société au regard de l’environnement mais aussi de la santé, de la nutrition, de l’éducation et de l’éthique.

« L’Institut est né de l’idée que l’éducation des femmes est primordiale pour leur autonomie et, par voie de conséquence, pour le développement de la communauté », dit Janak Palta McGilligan, directeur de l’Institut. « Les femmes sont les premières éducatrices de leurs enfants et cette éducation influe sur le mode de pensée et le comportement des hommes et des femmes de la génération suivante. »

L’objectif de l’Institut Barli de développement des femmes rurales est de permettre aux jeunes femmes qui auront été alphabétisées et formées en matière d’hygiène, de nutrition et de préservation de l’environnement, de revenir dans leur village pour y être les « piliers » de leurs familles et de leur communauté, des agents du changement de la société et de l’environnement. Le mot « barli » signifie en dialecte local « pilier de la maison », d’où le nom de l’Institut.

Le programme de l’Institut est guidé par les principes bahá’ís sur l’égalité des droits de l’homme et de la femme et, en particulier, ceux concernant l’éducation des femmes.

Crée en 1985, l’Institut a formé en dix-huit ans plus de 1.500 femmes et jeunes filles. Ses programmes sont entièrement gratuits et la majorité des élèves viennent des communes de l’ouest du Madhya Pradesh qui s’étendent autour de la ville d’Indore.

La population de cette région souffre généralement de pauvreté et de malnutrition chronique dues aux mauvaises récoltes, à la sécheresse fréquente, à la pénurie d’eau potable et à l’aridité du sol. Ces problèmes ont été aggravés par une déforestation intense et l’érosion causée en partie par la collecte de bois de chauffage.

Les enseignements du projet

La promotion de l’utilisation de l’énergie solaire est révélatrice de l’approche de l’Institut. Celui-ci a commencé à utiliser ces fours solaires pour ses propres besoins puis a encouragé leur utilisation dans les villages.

En 1998 et en 2000, deux fours solaires paraboliques étaient installés à l’Institut. Ces deux réflecteurs, conçus par Wolfgang Scheffler, spécialiste allemand de l’énergie solaire, ont été un banc d’essai pour étudier les aspects pratiques de l’utilisation de l’énergie solaire à des fins domestiques.

Le second réflecteur de M. Scheffler a été combiné avec un nouveau système de conservation de l’énergie solaire pour réchauffer un noyau d’acier isolé de 400 kg qui peut ensuite être utilisé pour faire la cuisine 24 heures sur 24. Ce système, mis au point par Gadhia Solar Energy Systems, permet à l’Institut de cuisiner 300 jours par an uniquement grâce à l’énergie solaire.

Dans le cadre de ce programme, l’Institut vient d’installer une cinquantaine de fours solaires SK14 dans des villages proches de l’Institut. Les femmes ne payent que 10 % du montant du four, le reste étant financé par deux organisations non gouvernementales autrichiennes.

Conçu par Dieter Seifert et commercialisé par EG-Solar, au titre de l’aide étrangère offerte par le Collège technique d’Altoetting (Allemagne), le SK14 est un réflecteur parabolique de 1,5 mètre de diamètre qui dirige la lumière du soleil vers le récipient de cuisson disposé en son centre.

L’Institut ne se contente pas de fabriquer et d’installer les fours dans des villages en Inde. Il les vend uniquement aux femmes qui ont suivi le programme de formation de l’Institut, lequel comporte non seulement une formation pratique, mais aussi un enseignement plus général visant à leur faire prendre conscience de l’importance de la préservation de l’environnement.

« L’un des éléments les plus importants de notre programme est la formation théorique et pratique en matière d’utilisation de l’énergie renouvelable », dit James McGilligan, directeur de l’Institut, qui a beaucoup contribué à la mise au point du programme. « Nous aurions pu donner les fours à n’importe qui, mais nous savions qu’ils ne seraient pas utilisés. C’est pourquoi nous formons les gens et nous leur demandons une participation financière à hauteur de 10 % du coût. »

« La formation dispensée à l’Institut est un élément très important du succès du programme », dit le professeur Sawhney. « Les femmes prennent l’habitude d’utiliser l’énergie solaire pendant quatre à cinq mois. Elles connaissent ainsi le mode d’emploi des fours ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients et, en cas de problèmes, elles peuvent les résoudre. »

« L’autre originalité du projet est qu’il s’adresse essentiellement aux jeunes filles et aux femmes », dit Sneh Lata Kumar, directrice de la Société pour le développement de l’énergie du Madhya Pradesh, organisme public pour la promotion des énergies alternatives.

« Les femmes, en particulier les jeunes femmes, accomplissent le gros des tâches ménagères », dit Mme Kumar. « L’Institut dispense déjà aux jeunes filles et aux femmes des cours d’alphabétisation et une formation professionnelle et elles sont aujourd’hui capables de démontrer que l’utilisation quotidienne de l’énergie non conventionnelle peut leur faciliter la vie. »

La formation au développement durable commence dès le moment où, tout juste arrivées à l’Institut, les élèves constatent que l’Institut cultive ses propres légumes et utilise les immenses réflecteurs solaires qui y sont installés pour faire la cuisine.

« A l’Institut, j’ai remarqué que les fours solaires étaient utilisés presque chaque jour et qu’on pouvait ainsi nourrir 150 personnes », dit Chanda Nikhare, jeune femme de 35 ans et ancienne élève de l’Institut. « Cela m’a donné l’idée d’en acheter un. Il marche bien et j’ai beaucoup moins de soucis. J’économise à la fois du gaz et de l’énergie. »

Sagri Bai, ancienne élève, qui vient de Dhar a aussi acheté un four SK14 pour sa famille. « Le four solaire est bien supérieur au feu de bois », dit-elle. « On dépense de l’argent en une fois et après on n’a plus besoin d’acheter du bois. »

Son mari, Sakha Dawar, espère que l’utilisation de l’énergie solaire permettra de mettre un frein à la déforestation dans la région. « Maintenant que toutes les forêts ont été abattues, il est très difficile de trouver du bois », dit-il. « Pour faire la cuisine au feu de bois, il nous faut bien sûr du bois. Mais, si nous coupons nos arbres les pluies seront plus rares et nous risquons d’en payer les conséquences. Nous aurons moins d’arbres, moins de pluie, moins d’eau, moins de nourriture. »

L’environnement

L’utilisation de l’énergie solaire n’est pas le seul enseignement dispensé à l’Institut. Les élèves apprennent aussi à respecter l’environnement. Elles apprennent ainsi à planter des arbres et à les entretenir, à se procurer des fertilisants sur place, à faire du compost et à pratiquer la culture vermiculaire, à utiliser des produits biodégradables et à éliminer proprement les déchets, autant de méthodes propices à la préservation de l’environnement et de l’énergie.

L’Institut propose également un programme novateur de gestion de l’eau. L’eau de pluie est récoltée et utilisée pour alimenter les nappes phréatiques. L’eau de lavage est réutilisée pour arroser les potagers de l’Institut.

L’enseignement est très éclectique : alphabétisation, couture, agriculture, artisanat, droits de l’homme, sensibilisation à l’environnement, valorisation et développement de la personnalité, engagement social, nutrition et santé, et enfin, acquisition de savoir-faire pour en tirer un revenu familial. L’art, la musique et la danse ne sont pas oubliés.

Les élèves se distinguent nettement des autres membres de la communauté. Bien que plus de la moitié d’entre eux étaient au départ analphabètes, 99 % maîtrisent la lecture et l’écriture du hindi à leur sortie de l’Institut. 96 % utilisent leur savoir-faire pour gagner leur vie, 46 % ont ouvert des petits commerces de couture et commencent à gagner de l’argent et 9 % occupent divers autres emplois. 97 % des anciens élèves ont pris l’habitude d’utiliser uniquement de l’eau saine ; environ 70 % ont introduit les légumes verts dans leur alimentation. En outre, des femmes ont planté près de 2.500 arbres dans cinq villages.

D’autres études montrent que les femmes ont fait beaucoup pour créer un nouvel état d’esprit communautaire fondé sur le respect mutuel et la solidarité. Elles ont contribué à éliminer l’esprit de clan dans les communautés tribales. L’Institut collabore étroitement avec les autorités et les organisations gouvernementales pour échanger des informations, des conseils et des éléments de recherche. Les programmes d’enseignement s’étalent habituellement sur six mois ou un an, mais des sessions thématiques de courte durée sont aussi proposées.

L’Institut a reçu de nombreux prix et distinctions pour son activité dans le domaine de l’environnement et du développement. Toutefois, ce sont sans doute les élèves qui apportent le meilleur témoignage de la qualité du programme de l’Institut.



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Dernière mise à jour le 25/09/2017