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Revue n° 47-48, 2003

Une technologie futuriste très prometteuse pour les hôpitaux isolés

HAMILTON, Canada — Mehran Anvari a découvert pour la première fois sa passion pour la chirurgie à l’école.

« J’étais assez bon et j’ai compris que ça me faisait vraiment plaisir », dit ce médecin canadien de 43 ans. Depuis, le docteur Anvari a fait du chemin. Fondateur et directeur du Center for Minimal Access Surgery (CMAS) de l’université McMaster, il est l’un des plus grands praticiens dans le domaine de la laparoscopie.

« Dans le langage courant, on parle de ‘chirurgie endoscopique’ », dit-il. C’est un processus par lequel le chirurgien opère en faisant une toute petite incision à l’aide d’un endoscope (habituellement équipé d’une caméra vidéo miniature) qui permet de voir l’intérieur du corps.

C’est une technique importante, car cette chirurgie « peu invasive » est moins traumatisante pour le patient et lui permet de guérir plus vite, tout en réduisant le risque d’infection post-opératoire.

Le docteur Anvari vient d’innover en utilisant un robot laparoscopique conçu tout spécialement pour mesurer et transmettre avec précision les mouvements de ses mains et de ses doigts avec lequel il a opéré un patient se trouvant à 400 km de distance, à North Bay (Ontario). Réalisée le 28 février 2003, c’était la première opération de son genre jamais effectuée dans le monde.

« C’est passionnant, ce qu’il a fait », dit le docteur William Orovan, président de la faculté de chirurgie à McMaster. « Les applications sont immenses dans un pays comme le Canada qui a une faible population disséminée sur un vaste territoire. Des communautés éloignées peuvent bénéficier de soins chirurgicaux de premier ordre. »

Rêve de science-fiction, l’application de la télérobotique dans l’espace ou dans des antennes de recherche isolées a fait l’objet de longs débats et offre de grandes possibilités, non seulement au Canada, mais aussi dans les pays en développement.

« Les idéaux bahá’ís m’ont fait clairement comprendre que nous sommes tous liés les uns aux autres et qu’il est important de chercher ce que l’on peut faire non seulement pour soi-même mais aussi pour son prochain », explique le docteur Anvari.

Il ajoute : « Les idées ne viennent pas toutes seules. Je suppose que si je n’avais pas eu l’occasion de voyager à travers le monde entier et de prendre conscience des besoins, je n’aurais pas fait les mêmes choix et je n’aurais peut-être même pas eu l’idée de m’intéresser à la télérobotique. »

Les parents du docteur Anvari exerçaient tous les deux une profession médicale. « Ma mère est pharmacienne et mon père spécialisé en médecine de laboratoire », dit-il. « Quant à moi, j’ai constaté que j’avais plaisir à travailler avec mes mains et j’ai décidé de me spécialiser en chirurgie. »

Le docteur Anvari a été étudiant à la faculté de médecine en Angleterre, a élu son domicile professionnel en tant que chirurgien à McMaster au Canada, a obtenu son doctorat en Australie puis est retourné à McMaster où il est aujourd’hui professeur de chirurgie.

Ce qui est intéressant dans son travail, ce n’est pas tellement qu’il ait inventé un nouveau matériel mais plutôt qu’il ait créé un système intégré à partir des technologies médicales modernes. Pendant un certain temps, les chirurgiens ont utilisé de minuscules caméras vidéo pour guider leurs instruments à l’intérieur du corps. Des robots spécialisés ont également été conçus pour donner plus de précision et de stabilité.

Le docteur Anvari a réussi cette performance en associant les progrès de la technologie de l’information à la robotique laparoscopique, ce qui lui a permis d’effectuer des interventions délicates à distance.

« La nouveauté, c’est la conception des robots qui permet d’utiliser les télécommunications ordinaires au service d’un système où cette technique peut être pratiquée comme un service clinique ordinaire. Tout ce que j’ai fait, c’est penser à réunir des éléments qui existaient déjà dans d’autres milieux de soins. »

Plus précisément, le docteur Anvari a utilisé un « système chirurgical » appelé ZEUS, mis au point par une société californienne, Computer Motion. Le robot ZEUS a été raccordé à la connexion Internet de Bell Canada et connecté aux bras du robot du bloc opératoire de l’hôpital général de North Bay.

Ainsi, les mouvements de la main, du poignet et des doigts du docteur Anvari ont été transmis à partir de la console ZEUS à la vitesse éclair de 150 millisecondes, pour contrôler la caméra endoscopique et les instruments chirurgicaux dans l’abdomen du patient à North Bay. Un chirurgien local, Craig McKinley, se tenait aux côtés du patient pour positionner les instruments téléguidés et surveiller l’opération.

« Cette technologie, grâce à laquelle nous espérons attirer des chirurgiens au nord du Canada, nous permet d’offrir les services de proximité qui manquent ici », dit le docteur McKinley.

Si l’on regarde une carte du Canada, on comprend l’importance de l’événement. Avec une superficie d’environ 10 millions de mètres carrés, le Canada est le deuxième plus grand pays du monde. Environ 85 % de la population est concentrée sur les 300 kilomètres de la frontière septentrionale, alors qu’un tiers seulement vit dans les régions rurales. La population rurale est souvent très dispersée, ce qui explique la difficulté à attirer et payer des médecins spécialistes, en particulier dans des techniques chirurgicales complexes.

« Il y a très peu de spécialistes dans les régions rurales du Canada », dit Lee, administrateur de la société des médecins ruraux du Canada. « Il faut souvent trans-porter les patients sur une longue distance. »

Le docteur Anvari explique que le prix des machines utilisées devrait pouvoir être divisé par quatre, ce qui les rendrait abordables pour les centres médicaux ruraux du Canada. Il pense également que l’abaissement du coût et l’amélioration des télécommunications permettront dans le futur à la télérobotique et au téléguidage d’être très utiles dans les pays en développement.

Le CMAS étudie actuellement la possibilité de mettre au point des programmes en concertation avec des centres médicaux en Haïti, au Yémen et en Ouganda. « Nous avons appris beaucoup de choses qui peuvent améliorer la qualité des soins de santé dans de nombreux pays. »



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