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 Baha'u'llah
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Revue n° 47-48, 2003

La maladie moderne

Lorsque les spécialistes en sciences sociales s’interrogent sur les besoins élémentaires de l’homme, ils commencent habituellement par énumérer des éléments matériels : l’air, l’eau, la nourriture et un toit. Sans eux, personne ne peut survivre, tout au moins pas longtemps.

Ceux qui réfléchissent plus profondément à cette question s’arrêtent rarement là et s’accordent généralement à reconnaître qu’il convient d’ajouter à cette liste d’autres d’éléments beaucoup moins « tangibles » tels que l’amour, l’amitié, l’estime et le sens de la vie.

Étant donné que nous sommes constitués d’un corps matériel, la hiérarchie des besoins commence habituellement par ce qui nous permet de survivre physiquement. Et il ne fait aucun doute que pour celui qui a faim, la nourriture est prioritaire. Pour celui qui n’a pas d’abri, la recherche d’un toit est primordiale.

Cependant, lorsque les besoins matériels élémentaires sont satisfaits, et c’est le cas de la grande majorité des peuples occidentaux, la satisfaction de ces autres besoins intangibles devient une préoccupation essentielle.

Participer à des événements sportifs ou aller au cinéma, lire des romans ou assister chaque semaine à un office religieux, c’est répondre à un besoin d’amour, d’estime, de compagnie et de sens.

Quand les choses vont mal, la valeur relative de certaines de ces activités est parfois remise en question. Les grandes calamités, par exemple, une guerre, une pandémie ou un acte de terrorisme, ou un traumatisme personnel comme un divorce, la perte d’un emploi ou la maladie, sont des moments de tumulte et de confusion qui nous obligent souvent à réévaluer les priorités.

Il est curieux de constater aujourd’hui que tout en voulant satisfaire ces besoins intangibles, l’homme moderne part du principe que la possession de biens matériels est le meilleur moyen pour réussir.

En Occident, en particulier, si vous demandez aux gens ce qui peut les rendre heureux, ils vous énuméreront très souvent des biens matériels : une belle maison, une voiture plus luxueuse, des vacances plus intéressantes, un emploi mieux payé.

Or, la possession de biens matériels en quantité et en qualité plus grandes n’est pas forcément satisfaisante. Au contraire, l’opulence engendre souvent l’insatisfaction.

On peut répondre à cette énigme si l’on comprend que nos besoins intangibles sont, en réalité, de nature spirituelle et qu’on ne peut les satisfaire qu’avec des moyens spirituels. Qu’entendons-nous par moyens spirituels ?

Il est important de comprendre la dualité de la nature humaine : d’une part, sa nature matérielle, dont nous avons parlé plus haut, et d’autre part sa nature spirituelle. Cette notion partagée par toutes les religions du monde est de plus en plus reconnue par ceux qui s’interrogent sur la nature de la conscience.

La nature spirituelle de l’homme, qu’on appelle souvent l’âme, est cette partie de notre être qui a continuellement soif de connaissance et d’amour, qui est touchée par la misère et la splendeur et qui est attachée à ce qui est éternel et bon.

Toutefois, la réalité spirituelle est intangible et ne s’observe pas directement. « [...] l’âme est un signe de Dieu, une gemme céleste dont la réalité a échappé aux plus savants des hommes et dont aucun esprit, si pénétrant qu’il soit, ne peut espérer sonder le mystère », dit Bahá’u’lláh.

Nous pouvons cependant la deviner à travers les signes qu’elle nous envoie et l’observation indirecte de ses manifestations, de même que les particules subatomiques sont invisibles à l’œil nu mais se devinent aux traces qu’elles laissent.

La nature spirituelle de l’homme se devine, entre autres, par le fait que des individus sont prêts à sacrifier leur intérêt immédiat pour des causes plus nobles : la famille, les voisins, le pays ou la planète. Elle se devine dans les sentiments de transcendance que tous les hommes et toutes les femmes ressentent à différents moments de leur vie. Elle se devine enfin dans l’immense pouvoir de l’imagination et de l’espérance des hommes grâce auquel l’humanité a la capacité de progresser et d’avancer.

Le fait même que nous éprouvions des besoins intangibles témoigne également de cette nature spirituelle. Prenez la qualité de l’amour. On ne peut la détecter ni l’observer directement. Pourtant, son pouvoir est évident pour tout être humain qui a aimé ou a été aimé.

Le fait qu’une grande majorité d’êtres humains s’identifient à une croyance religieuse est encore plus probant. Ils ont choisi d’adhérer à l’une des grandes religions qui, toutes, fixent des critères élevés de moralité exigeant un certain niveau de sacrifice personnel. Or, cela est contraire à l’égoïsme et au matérialisme.

Malgré les signes de l’existence de notre spiritualité, le monde moderne est gouverné par le matérialisme. Les individus évaluent le cours de leur vie par rapport à des critères matériels. Ai-je une plus grande maison que mon voisin ? Ma société se développe-t-elle plus vite que le concurrent ?

Pourquoi ne pas se demander : est-ce que ma famille est plus heureuse que celle de mon voisin ? Ou mieux encore : comment faire pour rendre tous mes voisins plus heureux ? Pourquoi ne pas se demander : est-ce que ma société sert bien ses clients ? Ou mieux encore : contribue-t-elle au bien-être du monde ?

Pourquoi ne pas se demander : avec ce que l’on connaît aujourd’hui sur la capacité du corps à guérir, est-ce que l’exercice, un régime adapté ou la méditation ne seraient pas un moyen de guérison alternatif ? Ou, mieux encore : comment contribuer à la santé de ceux qui m’entourent, puisque nous sommes tous interdépendants ?

Il ne s’agit pas de nier l’importance des moyens matériels ni, parfois, de leur efficacité pour arriver à certaines fins.

Cependant, dans notre monde moderne, la balance penche presque toujours en faveur du matérialisme et cela engendre de graves conséquences.

Sur le plan personnel, ce déséquilibre se traduit par une quête apparemment effrénée de « fausses » formes d’amour et de dépassement de soi qui se révèlent aussi bien dans la pornographie que dans le port de vêtements indécents ou l’absorption de drogues qui modifient la conscience.

Sur le plan social, on le voit dans les approches du commerce, de l’éducation, de la médecine et de la justice plus soucieuses d’obtenir des résultats matériels immédiats qu’une satisfaction à long terme.

Sur le plan mondial, il est surtout visible dans le fait que les peuples et les nations continuent de nier leur interdépendance et leur unité essentielles. C’est une approche qui applique la loi du plus fort, opposée à une vision du monde axée sur la coopération et la consultation et privilégiant par-dessus tout l’unité de pensée et d’action.

Bahá’u’lláh a écrit : « Est vraiment un homme celui qui, aujourd’hui, se consacre au service de la race humaine tout entière. [...] Heureux et béni est celui qui se lève pour servir les intérêts les plus élevés des peuples et tribus de la terre. »



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Dernière mise à jour le 21/11/2017