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Revue n° 47-48, 2003

Le terrorisme et la fin de l’ordre ancien

Des bombes déposées dans des voitures en stationnement explosent près de marchés animés. Des camions bourrés d’explosifs et conduits par des kamikazes foncent sur des ambassades, s’écrasent et dévastent tout. Un gaz neurotoxique lâché dans la station de métro d’une mégalopole fait des morts et d’innombrables dégâts. Des avions sont jetés délibérément contre des gratte-ciel ou leurs passagers menacés de violences et de mort si les revendications des preneurs d’otage ne sont pas satisfaites.

La force et l’étendue croissante des menaces terroristes de ces dernières années sont à coup sûr l’un des développements les plus inquiétants de notre temps, un phénomène multidimensionnel aux ramifications mondiales. Le terrorisme, dont la forme a évolué au cours du siècle dernier, n’a pratiquement épargné aucune région du monde. Il a été utilisé au service de causes aussi bien de gauche que de droite et par des groupes appartenant à des mouvements les plus divers : anarchistes, fascistes, nationalistes indépendantistes, communistes, militants d’extrême droite, terroristes écologiques, et il sévit aussi bien en Europe qu’en Asie, en Amérique du Sud qu’au Moyen-Orient, aux Etats-Unis qu’en Afrique. En réalité, selon les affiliations ou la couleur politique, un « terroriste » pour les uns sera pour les autres un « combattant de la liberté » dont les actes, loin d’être considérés comme répréhensibles, seront justifiés comme un acte d’héroïsme perpétré pour servir une noble cause.

Alors que les nouvelles formes de terrorisme sont de plus en plus meurtrières et que l’interdépendance et la mondialisation croissantes de la société sont propices à des désordres et des destructions d’une très grande ampleur, la nécessité de s’attaquer aux sources de ce fléau est particulièrement brûlante.

L’apparition récente d’une « nouvelle forme de terrorisme décentralisé justifiée par la religion » est particulièrement alarmante. Selon Bruce Hoffman, spécialiste du terrorisme, aucun groupe terroriste religieux n’était identifiable en 1968, alors qu’au début des années 1990, à peu près un quart des groupes terroristes recensés dans le monde motivaient leurs actes par leur croyance religieuse. Le nombre d’actes terroristes de cette nature a fortement augmenté depuis 1988. La moitié des 64.319 actes terroristes recensés entre 1970 et 1995 seraient imputables à de tels groupes.

Quelles que soient les raisons profondes du terrorisme - économiques, idéologiques ou assimilables à de l’agressivité pure et simple - la question se pose de savoir comment combattre efficacement ce problème transnational auquel les Etats modernes sont extrêmement vulnérables ?

On pourrait tout d’abord énoncer des principes stratégiques auxquels adhéreraient tous les Etats soucieux de faire reculer le terrorisme. Par exemple, refuser d’accéder aux exigences des terroristes ; être ferme sur l’application du droit et des processus démocratiques contre le terrorisme ; refuser toute concession, même sous la menace de l’intimidation ou du chantage ; ne pas hésiter à traduire les terroristes en justice ; pénaliser les Etats qui financent le terrorisme ; enfin, faire en sorte que le terrorisme n’entrave pas les efforts diplomatiques déployés pour dénouer les crises politiques.

L’adhésion à ces principes donnerait sa chance à la lutte contre le terrorisme et permettrait notamment de formuler une règle universelle pour punir les auteurs de ces actes en tant que fondement d’un principe de droit reconnu par toutes les nations.

L’adoption de telles mesures est certes importante mais néanmoins insuffisante pour mettre fin aux conflits traditionnels ou « atypiques » comme on définit parfois le terrorisme. S’exprimant en 1985 au sujet des conditions préalables à une paix universelle et durable, la Maison Universelle de Justice, Conseil directeur de la Foi bahá’íe a écrit :

« Le désarmement nucléaire, l’interdiction du recours aux gaz toxiques et aux armes bactériologiques ne supprimeront pas les causes fondamentales de la guerre. Sans vouloir nier l’importance évidente de ces mesures pratiques dans le cadre du processus de paix, elles sont en elles-mêmes trop superficielles pour exercer une influence durable. Les peuples sont assez ingénieux pour inventer d’autres formes de guerre et pour utiliser la nourriture, les matières premières, l’argent, la puissance industrielle, l’idéologie et le terrorisme pour tenter de s’asservir les uns les autres dans leur recherche interminable de suprématie et de pouvoir. De même, la désorganisation massive qui afflige actuellement les affaires de l’humanité ne pourra pas être résolue en mettant fin à des conflits ou désaccords spécifiques entre les nations. Il faut adopter un cadre universel authentique. »

En d’autres termes, si l’on souhaite s’attaquer à des problèmes tels que le terrorisme, il convient de prendre en compte tous les autres problèmes qui déstabilisent la société. Au lieu d’essayer de résoudre séparément les problèmes auxquels elles sont confrontées, les nations doivent s’efforcer de construire un ordre international fondé sur la justice sociale et la sécurité collective dans lequel tout le monde puisse vivre dans la dignité.

Les bahá’ís sont d’avis qu’il faudrait se doter d’une structure qui comprendrait non seulement un élément institutionnel (par exemple, le système des Nations Unies en évolution constante) mais qui refléterait aussi la notion de partage des valeurs morales telles que : la tolérance religieuse, la justice économique, la nécessité de l’éducation pour tous, l’élimination du racisme sous toutes ses formes et enfin, la reconnaissance de l’égalité pleine et entière des hommes et des femmes.

Une telle structure, qui apporterait une stabilité réelle et durable, ne pourra cependant voir le jour sans une transformation préalable des mentalités et un attachement universel au principe de l’unité de l’humanité.

Les éléments essentiels d’une structure universelle stable sont : la reconnaissance de la noblesse intrinsèque de l’être humain, la prise de conscience du rôle que tous les individus ont à jouer dans l’édification d’une « civilisation en constante évolution », et l’attachement aux principes spirituels en tant que fondement de cette civilisation.

Les chefs religieux ont un rôle particulier à jouer dans l’édification d’une nouvelle civilisation mondiale. Dans une lettre adressée aux chefs religieux du monde, en avril 2002, la Maison Universelle de Justice les invite à prendre des mesures décisives pour mettre fin à l’intolérance et au fanatisme religieux.

Suivant ce que pensent un nombre croissant d’individus, à savoir que « la vérité implicite à toutes les religions est d’essence unique », la lettre invite les chefs religieux à rompre avec le passé et à renoncer définitivement aux actes et aux enseignements qui donnent crédit au fanatisme. En réalité, aussi longtemps que les dirigeants, aussi bien religieux que politiques, se retrancheront derrière un discours admettant le terrorisme sous quelque forme que ce soit, il n’y aura pas de réponse internationale possible.

En fin de compte, les bahá’ís considèrent que « le monde traverse actuellement des phases de progrès et de décadence, d’intégration et de désintégration, d’ordre et de chaos », alors qu’il rejette les anciennes structures, institutions et traditions.

Celles-ci feront place, selon les Ecrits bahá’ís, à des structures et des institutions nouvelles fondées sur le principe de l’unité de l’humanité :

« Ce principe [...] n’implique rien de moins que la reconstruction et la démilitarisation du monde civilisé tout entier - un monde qui sera organiquement unifié dans tous les aspects essentiels de sa vie, dans son système politique, son aspiration spirituelle, son commerce et sa finance, son écriture et son langage, et pourtant d’une infinie diversité par les particularités nationales de ses unités fédérées. »

Les bahá’ís sont convaincus que la montée actuelle du terrorisme, du fondamentalisme et de la violence représente l’agonie d’un ancien ordre mondial encore opposé au principe de l’unité de l’humanité et aux institutions mondiales qui ne manqueraient pas de se développer si ce principe était universellement accepté.

Cependant, ils pensent aussi que « la paix mondiale n’est pas seulement possible mais inévitable » et que le chaos et le désordre auxquels nous assistons aujourd’hui sont le stade naturel d’un processus organique qui débouchera forcément sur l’intégration de la race humaine dans un ordre social unique embrassant toute la planète.

Et la Maison Universelle de Justice d’écrire :

« Quant à savoir si l’humanité n’atteindra à cette unité et à cette paix qu’après avoir connu les pires horreurs que son entêtement à s’accrocher à des comportements dépassés enclenche, ou si elle peut y parvenir dès aujourd’hui par un acte de volonté soumis à consultation, c’est un choix qui se pose à tous les habitants de la planète. »

L’autre choix, celui des moyens de lutte contre le terrorisme, dépend de la capacité des nations d’unir leurs approches et leurs efforts.



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