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Revue n° 47-48, 2003

Des volontaires offrent des services éducatifs plus que nécessaires aux enfants du Panama

Des écoles créées à partir d’initiatives locales très rudimentaires et pourvues d’enseignants autochtones sont pour les enfants de la région éloignée et mal desservie de Ngabe-Bugle leur unique chance de recevoir une formation primaire.

PROVINCE DE CHIRIQUI, Panama — A 5 heures du matin, alors que la lumière de l’aube rougit le ciel noir, Victorino Rodriguez est déjà en route. Comme tous les lundis, il marche pendant trois heures depuis Soloy, où il habite, jusqu’au petit village de Quebrada Venado, situé sur les montagnes verdoyantes à l’ouest du Panama, où se trouve l’école.

L’enseignant de 36 ans suit à grands pas la piste étroite, soucieux de pouvoir commencer sa classe à 8 heures. Avec un simple café en guise de petit-déjeuner, il avance avec énergie à travers les champs de riz verts, les bananiers et grimpe sur les rochers couverts de mousse, maculant d’argile rouge ses chaussures éculées.

Une douzaine d’enfants l’attendent depuis 7 heures 30. Comme leurs parents travaillent dans les champs depuis l’aube, les enfants sont seuls. Lorsque M. Rodriguez arrive à la dernière colline, un cri de joie s’élève et les élèves courent vers lui pour l’accueillir. Il les appelle chacun par leur prénom, les embrasse affectueusement et, ensemble, ils parcourent le dernier kilomètre qui les sépare de l’école du village.

L’école de Quebrada, une des dix écoles primaires ouvertes par la communauté bahá’íe du Panama dans la région de Ngabe-Bugle, est extrêmement rudimentaire. C’est une simple construction en parpaing avec des fenêtres sans armature et quelques bureaux seulement. D’autres écoles gérées par les bahá’ís, plus rudimentaires encore, sont construites sur des pieux en bois avec des toits en zinc ou en branches de palmier.

Ces écoles accueillent au total plus de 300 élèves et donnent aux enfants qui vivent dans les coins les plus inaccessibles de cette région reculée, une chance quasiment unique de recevoir une éducation. Vu la faible densité de population et l’isolement de la région, tous les villages desservis par les écoles bahá’íes ne sont accessibles qu’à pied ou à cheval et le gouvernement n’a pas pu y maintenir un système scolaire.

« A cause de l’éloignement (environ six heures de marche de la ville la plus proche), les enfants ne recevraient aucune éducation si ces écoles n’existaient pas », dit Rosemary Baily, secrétaire de la FUNDESCU (Fondation pour le développement et la culture), organisation non gouvernementale d’inspiration bahá’íe qui finance les écoles. « Cette initiative transforme radicalement la vie des enfants. »

La majorité des enseignants n’ont pas reçu de formation spécifique pour enseigner. Cependant, ils sont parmi ceux qui ont reçu l’éducation la plus complète parmi les habitants de Ngabe-Bugle et se sentent donc le devoir de transmettre leurs connaissances.

« L’histoire témoigne de ce que les peuples autochtones ont dans le passé joui d’une immense richesse culturelle et spirituelle mais qu’ils n’ont pu développer par manque d’éducation », dit M. Rodriguez qui lui-même s’est arrêté à la fin de la seconde. « J’ai choisi cette voie afin d’aider à amorcer un processus de développement nécessaire à la communauté et spécialement aux enfants qui sont l’avenir de la région Ngabe-Bugle. »

Les écoles ont été mises en place il y a environ 20 ans en tant que petites initiatives locales des bahá’ís du Panama. Elles visaient à l’origine à donner aux autochtones une éducation de base bilingue (espagnol et dialecte ngabere), aux niveaux maternel et élémentaire. Les écoles se sont développées progressivement au fur et à mesure de l’augmentation des ressources de la communauté.

Au début des années 1990, alors qu’un certain nombre d’enseignants volontaires ont été obligés de chercher du travail ailleurs, des jeunes bahá’ís de la communauté de Ngabe-Bugle se sont réunis pour voir comment maintenir les écoles. Ils se sont engagés à se proposer comme enseignants et de le rester aussi longtemps que cela serait nécessaire, même sans salaire, et quel que soit le sacrifice.

« Nos propres familles sont pauvres, mais comment pouvons-nous laisser ces enfants irremplaçables sans éducation ? », dit M. Rodriguez qui enseigne maintenant depuis sept ans. Le groupe d’enseignants est composé d’une douzaine de personnes qui initialement travaillaient totalement gratuitement. Récemment, la FUNDESCU a pu se procurer suffisamment de fonds pour fournir aux enseignants un petit salaire.

« J’ai commencé comme bénévole », dit Alexis qui, chaque semaine, doit faire un trajet d’environ neuf heures (trois heures de bus, trois heures de bateau, et trois heures à pied) pour se rendre de chez lui à l’école de Felix.

« Je me mets au service de mon peuple poussé par l’amour et l’affection que je ressens pour les enfants. La foi bahá’íe m’a apporté cette lumière : elle m’a encouragée à partager ce que j’ai appris. Je suis heureux et j’acquiers énormément chaque jour où je suis en contact avec les enfants. J’apprends beaucoup juste en partageant la connaissance limitée que j’ai acquise durant mes propres études. »

Les responsables du gouvernement ont fait l’éloge du projet disant qu’il répondait à un besoin important. Le Ministère de l’éducation vient même de financer le salaire d’un quatorzième enseignant.

Lors d’une récente visite de la région Ngabe-Bugle, le professeur Aguedo Acosta, directeur régional de l’éducation privée de Chiriqui pour le Ministère de l’éducation, a dit : « Pour la seconde fois, vous me voyez aujourd’hui vous rendre visite à Ngabe-Bugle et vous offrir tout le soutien moral et juridique dont les écoles bahá’íes ont besoin. »

Les parents et les responsables locaux disent combien ils sont heureux des opportunités offertes par les écoles.

« Je ne sais ni lire, ni écrire, mais grâce à ces écoles, mes enfants apprendront à lire et à écrire », dit Enrique, chef du conseil du village Quebrada, où une école accueille environ soixante élèves de primaire. En plus des notions élémentaires en lecture, écriture et mathématiques, les écoles ont un cours hebdomadaire appelé « vertus et
valeurs ».

« Les élèves ont besoin de plus que d’une éducation en sciences et en mathématiques, ils ont également besoin d’une éducation de l’esprit », dit Benita Palacios, qui enseigne depuis neuf ans.

« Lorsque j’avais l’âge d’aller à l’école, nous les femmes avions peu d’occasions d’étudier parce qu’on pensait que les femmes n’iraient jamais plus loin que leur propre maison. »

Madame Palacios, qui enseigne en maternelle dans le village de Remedios, dit que les enseignements sur l’égalité des droits de l’homme et de la femme l’ont poussée à aller au-delà de ces limites. « Je n’ai étudié que jusqu’à la troisième et encore avec beaucoup de difficultés. »

Comme les autres, Mme Palacios a commencé comme bénévole. « En tant que bahá’íe, j’ai senti que j’avais une responsabilité envers ma communauté. »

Au fil des années, les enseignants ont reçu une formation de différentes organisations par le biais de la FUNDESCU. Par exemple, la fondation Mona, basée aux Etats-Unis, qui s’efforce de soutenir les initiatives éducatives des populations démunies dans le monde, a dirigé un atelier de formation approfondie sur les principes de philosophie éducative et l’organisation d’une classe.

Les gens de Quebrada sont incontestablement reconnaissants. Ils traitent M. Rodriguez avec beaucoup de respect. Pratiquant une agriculture de subsistance, les fermiers n’ont ni argent ni nourriture à offrir mais ils donnent du bois à tour de rôle à M. Rodriguez pour sa cuisine en plein air. Ils lui ont également construit un petit abri avec un cadre en bois, des panneaux de zinc sur trois côtés, un sol en terre battue et une petite plate-forme en bois comme lit.

« Avec cette école », dit un villageois de Quebrada, « nos enfants seront arrachés aux ténèbres de l’ignorance. Ils sont notre avenir. »



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Dernière mise à jour le 24/11/2017