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Revue n° 55-56, 2007

Au Guyana, des jeunes se mobilisent contre les comportements à risque

GEORGETOWN, Guyana — Avec une bouteille de coca vide en guise de pinte de rhum et une chaise en plastique blanche en guise de décor, la pièce jouée par cinq garçons et filles lors d’une réunion du Club du futur raconte une histoire malheureusement trop familière dans ce pays d’Amérique du Sud.

Un mari boit trop et bat sa femme, il crie et l’injurie parce que le dîner n’est pas prêt. En larmes et inconsolable après ces scènes répétées, elle décide de se suicider. Elle veut avaler du « Gramazone », nom local du Paraquat, un herbicide mortel très répandu entraînant une mort lente et douloureuse.

Dans cette pièce jouée devant plusieurs douzaines d’autres jeunes de tous les quartiers de la capitale, les amis de la jeune femme interviennent et la supplient de ne pas attenter à sa vie. C’est alors que l’héroïne, interprétée par Rayana Jaundoo (16 ans), jette triomphalement le poison. « J’ai appris à ne plus me préoccuper de ce que les autres font et disent », dit-elle en s’adressant aux spectateurs. « Je peux être positive. »

Un peu trop théâtral sans doute, ce dénouement heureux est encouragé par les animateurs d’un nouveau programme de formation extrêmement apprécié appelé Youth Can Move The World (YCMTW) qui veut dire : les jeunes peuvent changer le monde.

Le programme est axé sur la prévention de la toxicomanie, de l’alcoolisme, du suicide, des violences domestiques et du sida. Depuis sa création en 1997, YCMTW a proposé à plus de 7.000 jeunes guyaniens des stratégies visant à éviter ou à faire face à ces problèmes.

Son succès auprès des jeunes marginalisés a été largement reconnu par d’autres ONG ainsi que par l’université d’Etat qui a apporté un large soutien à YCMTW.

« Le projet est très nouveau », dit Roy Mc Conkey, professeur à l’Institut de recherche en soins infirmiers de l’Université d’Ulster. « Ils font un travail remarquable avec très peu de moyens. »

Etabli par la Fondation Varqa, une organisation non gouvernementale d’inspiration bahá’íe basée au Guyana, YCMTW met l’accent sur la transformation individuelle et communautaire.

Intégration des valeurs spirituelles

L’importance accordée à la spiritualité est un élément important du programme.

« Le fait d’intégrer les valeurs spirituelles, dont les valeurs communautaires positives, rend ce programme différent des autres », dit Samuel Small, directeur de l’Institut de l’enseignement à distance et l’enseignement permanent à l’Université du Guyana qui délivre un certificat de fin d’études aux diplômés de l’YCMTW.

« Les autres programmes que je connais ne mettent jamais les valeurs spirituelles au cœur de leur programme et pour ma part je pense que les jeunes ont tellement de problèmes qu’il faut tout faire pour les aider à comprendre que ces valeurs ne sont pas enseignées séparément dans les églises, les mosquées, les temples etc. mais qu’elles font intimement partie de notre vie quotidienne. »

Les problèmes dont s’occupe le projet sont des préoccupations prioritaires au Guyana. Après Haïti, c’est en effet le Guyana qui enregistre le taux de sida le plus élevé des Caraïbes, deuxième région du monde la plus touchée par le virus après l’Afrique subsaharienne. La violence domestique est, elle aussi, un problème sérieux. Selon International Women’s Rights Action Watch, la violence domestique touche entre un tiers et cinquante pourcent des femmes au Guyana. Taux élevés du chômage, alcoolisme et toxicomanie figurent également parmi les problèmes importants dans le pays.

YCMTW cherche à expliquer aux jeunes les risques liés à chaque comportement de manière créative.

Le programme encourage aussi le développement de l’action sociale et prône la nécessité de protéger l’environnement et de mettre en œuvre des valeurs morales positives. Des principes spirituels, tels que la « Règle d’Or », sont aussi mis en avant, accompagnés de citations des grandes religions du monde.

YCMTW est dirigé par Brian O’Toole qui a quitté le Royaume-Uni il y a 27 ans pour s’installer au Guyana avec son épouse.

La diversité religieuse

Selon Brian O’Toole la diversité des croyances religieuses au Guyana (50% de chrétiens, 35% d’hindous, 10% de musulmans et 5% d’adeptes d’autres religions) explique l’écho particulièrement favorable rendu à l’utilisation de citations religieuses dans le programme.

« Au Guyana, la religion fait partie intégrante de la vie des gens », dit Brian O’Toole. « Même s’ils ne sont pas pratiquants, ils s’intéressent à la religion. » Pour les jeunes qui ont participé à la formation du YCMTW, la discussion sur la spiritualité est un aspect important du programme.

Susan Coocharan, 17 ans, reconnaît qu’entre l’enseignement pratique et les écrits sacrés des différentes religions, elle a trouvé un équilibre qui lui apporte les outils nécessaires pour éviter les comportements à risque.

« Je croyais qu’il n’y avait que les garçons qui m’intéressaient dans la vie », dit cette chrétienne d’Essequibo, à l’ouest du pays, qui a participé à une formation intensive au programme du YCMTW. « Ce programme m’a aidé à développer mes qualités spirituelles et m’a fait comprendre qu’il y a autre chose dans la vie. »

Dhanpaul Jairam, 31 ans, s’est engagé dans le YCMTW depuis sa formation d’animateur. De religion hindoue, il a créé à Bath Settlement, son village natal, un groupe du YCMTW qui rassemble des jeunes de toutes les religions. « Au début », explique M. Jairam, « les hindous ne voulaient pas se mélanger aux autres mais j’ai parlé de toutes les religions. J’ai une Bible, un Coran et aussi un recueil des Ecrits hindous. » Comme toutes les religions sont mises sur un pied d’égalité, les jeunes ont tous été d’accord pour participer au programme. « C’est pourquoi, je pense que le YCMTW fait beaucoup pour encourager les jeunes de tous bords à devenir quelqu’un », dit-il.

Un modèle pour la promotion de la santé

Un autre aspect important du projet est que les jeunes eux-mêmes sont appelés à devenir des acteurs du changement.

Troy Benjamin, 19 ans, a formé un YCMTW avec 17 membres de son village situé dans la région reculée du Rupunui au nord du pays. Il avait auparavant suivi une formation intensive durant l’été.

« J’étais très intéressé car on y parlait de l’alcoolisme, de la violence conjugale ou d’autres sujets », dit M. Benjamin. « Les jeunes gens de mon groupe aiment beaucoup le programme car certains sont directement touchés par les problèmes évoqués et veulent vraiment s’en sortir. »

Pour Lomeharshan Lall, 18 ans, autre animateur du YCMTW, le programme a permis d’aller à la rencontre de beaucoup de jeunes. « Au Guyana, les jeunes sont accablés par les problèmes sociaux. Le YCMTW est positif parce qu’il apporte une réponse à ces problèmes. »

Lomeharshan Lall sait de quoi il parle. « Les maltraitances et les violences domestiques, la drogue et l’alcool, j’ai vu ce que c’était et si je m’occupe de ça c’est parce que j’en connais beaucoup qui en souffrent. »

Le professeur McConkey de l’Université d’Ulster fait remarquer que la participation des jeunes est une grande nouveauté. « Dans un contexte où des groupes sont formés au niveau local et où tous les participants se connaissent, je pense que les gens parlent plus facilement d’eux-mêmes. » Le professeur McConkey espère pouvoir étudier l’impact du projet dans la modification des comportements à risque.

M. Small, de l’Université du Guyana estime quant à lui que le programme a déjà fait ses preuves. « La plupart des jeunes qui ont suivi le programme ont réagi positivement. »

L’ouverture de ce programme à tous les jeunes est à son avis l’un des éléments de son succès. « Chaque année, je suis surpris par l’enthousiasme de ces jeunes », dit-il. « Ils sont tous attirés, par delà leurs différences ethniques, politiques ou religieuses.

Il ajoute : « Une autre clé du succès du programme tient à l’utilisation de tous les mediums possibles pour faire passer le message : théâtre, chant, danse et poésie. »



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Dernière mise à jour le 20/09/2017