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Revue n° 3, 1990

Des méthodes simples et une formation de base sont les clefs d’un service sanitaire élémentaire en milieu rural

L’établissement de réseaux d’auxiliaires socio-sanitaires locaux dans les régions isolées peut avoir un fort impact

SARH, Tchad — Non soignée, la diarrhée peut tuer, en moins de huit heures, un petit enfant sous-alimenté.

Le traitement est simple : administrer un mélange de sucre, de sel et d’eau, et donner des instructions simples sur les soins et l’hygiène de l’enfant en bas âge.

Toutefois, la fourniture de ces formes simples d’aide de première urgence à des villageois démunis – tels que les habitants de cette région lointaine du Tchad méridional – demeure un défi difficile à relever, même pour des organisations d’aide internationale très structurées. Les routes qui conduisent d’un village à l’autre, dans ce pays, ne sont guère plus que des pistes de terres battues et, pendant la saison des pluies, ces pistes deviennent impraticables. De plus, l’infrastructure économique n’est pas en mesure d’apporter un soutien aux médecins et aux infirmières.

Selon les spécialistes de la santé et du développement, l’un des moyens de répondre aux besoins sanitaires de base dans les régions éloignées et sous-développées est la formation et le soutien d’auxiliaires socio-sanitaires dispensant des soins élémentaires. Bien qu’ils soient souvent à moitié illettrés et équipés des techniques les plus simples, ces auxiliaires peuvent avoir un fort impact car ils opèrent dans leurs propres villages.

Dans la partie méridionale du Tchad, ainsi que dans plus d’une dizaine d’autres régions d’Afrique et d’Asie, les projets de formation d’auxiliaires socio-sanitaires à l’échelon du village sont des activités prioritaires au sein des communautés bahá’íes. Etant donné la solide or­ganisation prévalant dans les conseils locaux bahá’ís, l’accent est mis sur l’auto-suffisance, ainsi qu’un profond engagement qui pousse les personnes à consentir des sacrifices inhabituels. Ces projets apparaissent comme des modèles pour ce genre d’activités en matière de soins médicaux au niveau local et sont de plus en plus recommandés par les spécialistes du développement.

Le projet du Tchad méridional a été lancé par Elyce et Naïm Nasseri, qui arrivèrent des Etats-Unis au début des années 70. Après le déclenchement de la guerre civile, ils se sont portés volontaires pour aider les organisations de réfugiés à distribuer de la nourriture et des médicaments. Etant donné le nombre élevé de bahá’ís parmi les habitants des villages environnants, leur communauté s’est avérée être un lien important avec la base de la société, rendant ainsi particulièrement efficace le travail des époux Nasseri.

Avec le retour de la stabilité dans cette région, le couple a commencé à s’occuper principalement des soins médicaux de base. « Nous étions là et ils avaient besoin d’aide », a déclaré Elyce, qui a donné naissance à deux fils et les a élevés au Tchad. « C’était », a-t-elle ajouté, « la meilleure chose que nous puissions faire ».

En collaboration avec la Société du Croissant rouge, qui fournit la formation et une partie du matériel, les Nasseri et les conseils bahá’ís locaux ont formé des auxiliaires socio-sanitaires dans plus de 60 villages de la région. Deux surveillants paramédicaux travaillant à plein temps se rendent de village en village sur de petits vélomoteurs, afin de coordonner et réapprovisionner les assistants sociaux opérant dans leurs villages.

Ce projet est un exemple de ce qui peut être réalisé avec des ressources limitées lorsque les participants sont motivés et bien organisés. Dans un village, notamment, un assistant social a péniblement construit une salle d’attente faite de branchages et de chaume, destinée à protéger ses patients du soleil. Il a également construit avec soin des latrines en fossé pour montrer à son village comment les faire.

Son matériel médical comprenait une petite boîte dans laquelle il conservait un registre de ses patients, quelques outils tels que des ciseaux, et des médicaments de base – y compris la solution de sucre et de sel servant à combattre la diarrhée infantile, et de la chloroquine contre la malaria.

Il faisait don librement de son temps, ne réclamant que 50 centimes environ par visite en échange de médicaments et de pansements. Sur cette base et avec le soutien des conseils locaux bahá’ís, le projet est presque auto-suffisant.

«Les bahá’ís ont visé la bonne cible», a déclaré le Dr. Al Henn, administrateur des programmes sanitaires de l’Institut Harvard pour le développement international (Massachusetts, Etats-Unis), se référant à l’importance accordée à l’infrastructure, au soutien à l’échelon local et à la collaboration de la population autochtone qui constituent, selon lui, la tendance générale de projets sanitaires réussis. «Les bahá’ís ont vraiment mis l’accent sur l’adage selon lequel « Small is beautiful » et sur la réalisation de programmes avec le minimum de ressources», a ajouté le Dr. Al Henn. Les bahá’ís s’occupent actuellement, de par le monde, de plus de 70 projets sanitaires sur le terrain. Plus d’une douzaine de ces projets – tel celui de Sarh – mettent l’accent sur la formation d’auxiliaires socio-sanitaires dans les villages. De tels efforts sont en cours au Bangladesh, au Burkina Faso, en Inde, au Kénya, en Malaisie, au Pakistan, au Swaziland, en Tanzanie, en Ouganda, au Zaïre, en Zambie et au Zimbabwe. « La formation d’auxiliaires socio-sanitaires locaux parmi la population locale est un élément-clef des soins médicaux de base », a déclaré le Dr Ethel Martens (Canada), conseiller en matière de santé auprès de la Communauté internationale bahá’íe, qui a dirigé de nombreux stages de formation d’auxiliaires socio-sanitaires en Afrique et en Asie. « Les programmes gérés par des bahá’ís », a ajouté le Dr Martens, « ont réussi tout particulièrement à retenir les stagiaires. Dans certains pays africains, le taux de défection dans les programmes gouvernementaux se situe entre 40 et 70%. Or, dans les projets bahá’ís, ce taux n’a été, en deux ans, que de 2 à 5 %. Dans un projet réalisé au Kénya, par exemple, seulement deux travailleurs sur 40 se sont retirés. En Zambie, un seul sur 19 est inactif ». Ce succès est attribué à trois facteurs : une meilleure formation, un ferme soutien local de la part de la structure administrative bahá’íe, et un engagement émanant d’une conviction d’ordre spirituel. « L’une des différences importantes qui caractérisent les projets bahá’ís, c’est l’application de méthodes de formation fondées sur la participation et le travail en atelier », a déclaré le Dr Martens. « Ces méthodes de formation sont orientées vers la solution des problèmes et impliquent bien autre chose que de s’asseoir dans une salle de cours et de recevoir des informations. En tant que telles, ces méthodes se sont avérées parfaitement efficaces. »

Les auxiliaires socio-sanitaires locaux reçoivent également un ferme soutien de la part des conseils locaux bahá’ís. Appelés « Assemblées spirituelles locales », ces conseils sont élus chaque année par les bahá’ís adultes dans les villages, les villes et les cités. Chargées de veiller au bien-être tant spirituel que matériel de la population locale, ces assemblées fonctionnent en tant que lien avec l’ensemble des habitants du village.

« Selon moi, une troisième raison de nos succès, c’est l’accent mis sur le service en­vers l’humanité », a déclaré le Dr Martens. « Nous ne payons pas nos travailleurs; c’est une motivation d’ordre spirituel qui les anime. Et ceci peut faire la différence. »

— Reportage effectué au Tchad par Mona Grieser. Mme Grieser est consultant international en matière de santé et administrateur d’un projet de communication financé par l’Agence pour le développement international (US AID ou Agency for International Development).



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Dernière mise à jour le 24/11/2017