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Revue n° 11, 1992

A 75 ans, la vedette du jazz Dizzy Gillespie ne veut pas renoncer

Dizzy Gillespie, qui voyage 200 jours par an et donne des concerts dans le monde entier est un artiste complet de réputation mondiale

NEW YORK — Lors d’un déjeuner informel récent avec des amis, le musicien de jazz Dizzy Gillespie, évoquant un voyage au Sénégal, raconte comment il a rencontré le président Léopold Senghor.

Le président Senghor demanda à M. Gillespie si, à son retour aux Etats-Unis, il voulait bien transmettre un message pour son fils demeurant à Washington. Dizzy Gillespie accepta et le président Senghor écrivit l’adresse sur un bout de papier avec un stylo en or.

« C’était un Waterman », dit Gillespie à ses amis. « Très cher, vous savez. Quand il eût fini d’écrire, il me donna le stylo, en cadeau ».

« Quelque temps après, je jouais à la Maison Blanche », continua Gillespie. « Apercevant le président Senghor, je me dirigeai vers lui et lui dis : j’ai perdu l’adresse de votre fils... »

Gillespie arbora un large sourire malicieux comme s’il voulait laisser entendre qu’en réalité il voulait un nouveau stylo et non l’adresse du fils du président Senghor.

Cette anecdote nous en dit long sur l’homme devenu l’un des musiciens les plus célèbres du monde. La compagnie de M. Gillespie est appréciée de tous les grands de ce monde. Il ne se départit jamais de son humour irrévérencieux et a toujours la bougeotte.

Dizzy Gillespie, qui aura 75 ans en octobre, a passé en moyenne 200 jours par an en concerts ou en voyages dans presque tous les pays du monde. En 1990, par exemple, il a joué en Argentine, au Brésil, au Chili, à Cuba, en Tchécoslovaquie, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Grèce, en Hollande, en Italie, au Japon, en Namibie, en Russie, en Afrique du sud, en Espagne, en Suède et en Suisse, sans parler de son pays natal, les Etats-Unis. En 1991, il s’est rendu dans presqu’autant de pays.

Si Gillespie doit sa réputation internationale à son style musical particulier et à sa sensibilité d’artiste, son talent d’innovateur est aussi reconnu par delà les frontières.

« Il est l’une des grandes figures du monde artistique du vingtième siècle », dit Ira Gitler, célèbre historienne new yorkaise du jazz. « Il a eu une grande influence. Grâce à ce qu’il a fait dans le monde du jazz, Gillespie a modifié notre culture mondiale ».

Inventeur du be-bop

Selon Mme Gitler, et d’autres, Dizzy Gillespie s’est affirmé très tôt. Avec Charlie Parker, il a pratiquement inventé un nouveau style d’expression musicale, le be-bop. Variante du jazz, le be-bop, qui a commencé à séduire le public à la fin des années 40, a influencé la musique populaire moderne dans le monde « Le be-bop a modifié tout l’accent lyrique du jazz », dit Mme Gitler. « La nouveauté touchait non seulement à l’harmonie mais aussi au rythme ».

En 1956, Gillespie a commencé à faire connaître le be-bop à travers le monde, entamant ainsi une deuxième carrière d’ambassadeur de la musique. Cette même année, il a fait une tournée au Moyen Orient pour le compte du Département d’Etat dans le cadre d’un projet d’échange culturel. Il n’a jamais réellement cessé de voyager.

« Où que vous alliez dans le monde, Dizzy Gillespie sera probablement connu », dit Andy Kaufman, directeur du Blue Note, l’un des plus célèbres clubs de jazz new yorkais où Gillespie a joué pendant quatre semaines en janvier. « Son nom est probablement l’un des plus célèbres du monde du jazz. »

En 1992, Gillespie a prévu de donner plus de 200 concerts dans des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, et d’Europe. Il sera au Congrès mondial bahá’í à New York en novembre. Une intervention chirurgi­cale, en mars, l’a contraint à interrompre ce calendrier mais il a bien l’intention de recommencer à jouer en mai, nous dit son impresario, Virginia Wicks.

Né en Caroline du Sud

Dizzy Gillespie est né à Cheraw, en Caroline du Sud (Etats-Unis) le 21 octobre 1917. Il est le dernier fils d’une famille de neuf enfants. Son père, maçon et chef de la fanfare pendant les week-ends, mourut alors qu’il avait 10 ans. Deux ans plus tard, Gillespie se mit tout seul à jouer du trombone et de la trompette. En 1935, Dizzy Gillespie commença à jouer professionnellement à Philadelphie. En 1939, il entra dans l’orchestre de Cab Calloway, l’un des chefs d’orchestre les plus populaires de l’époque. Pendant une tournée en 1940, il rencontra Charlie Parker à Kansas City. C’est au cours de séances de jazz improvisé, tard dans la nuit, que Gillespie, Parker et une poignée d’autres musiciens ont inventé le be-bop.

« Ils ont créé un nouveau langage du jazz », dit Mike Longo, pianiste qui, de 1966 à 1975, a régulièrement accompagné Gillespie et qui, à l’occasion, joue encore avec lui. « Par exemple, ils ont associé les principes du rythme africain aux lignes mélodiques et aux principes harmoniques de la musique européenne ».

Leur invention est devenue un mouvement qui s’est répandu comme une traînée de poudre. A la fin des années 40 et au début des années 50, le be-bop a conquis le monde du jazz et révolutionné la musique dans le monde entier.

Toutefois, l’influence de Gillespie sur la musique ne s’est pas arrêtée au be-bop disent Longo, Gitler et d’autres. Il est le premier musicien américain à avoir introduit et popularisé les rythmes d’Amérique latine. C’est à lui, par exemple, que l’on doit l’enregistrement du premier album de Bossa Nova aux Etats-Unis au début des années 50.

Partisan de l’unité des races

Dizzy Gillespie est l’un des premiers chefs à avoir formé des orchestres multiraciaux. « Dizzy a toujours engagé des musiciens de races différentes depuis le lancement du be-bop », dit M. Longo. « Lorsque je suis entré dans son orchestre dans les années 60, en plein cœur de la lutte pour les droits civils, la plupart des orchestres pratiquaient encore la ségrégation. Pas Dizzy. Il s’est toujours opposé au racisme ».

En 1968, Gillespie est devenu bahá’í. Un admirateur lui avait fait cadeau d’un livre sur les enseignements de la foi bahá’íe : existence d’un Dieu unique, unité de toutes les religions, fraternité entre les hommes.

« Ce livre expliquait exactement ce que je ressentais au sujet de l’unité de tous les prophètes de Dieu », dit Gillespie. « ll reprenait ce en quoi j’avais toujours cru, à savoir que nous avons tous la même origine et qu’aucune race n’est intrinsèquement supérieure aux autres ».

La liste des récompenses et des honneurs dont Gillespie a été gratifié est longue. Aux Etats-Unis, il s’est produit au moins trois fois à la Maison Blanche et, en 1990, il a reçu la médaille du Centre Kennedy, la plus haute distinction attribuée à un artiste aux Etats-Unis. En 1989, il a été fait Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres en France. La même année, au Nigéria, il a été nommé “Baashere d’Iperu”, c’est à dire chef honoraire.

L’humour de Gillespie et les relations spéciales qu’il entretient avec son public sont apparus lors d’un récent concert au Blue Note. Dizzy joua une note bruyante et stridente. Feignant la surprise, il retourna la trompette, colla son œil au pavillon et haussa les épaules l’air de dire : « d’où est-elle sortie ? »



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Dernière mise à jour le 25/09/2017