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Revue n° 11, 1992

L’Iran exécute un bahá’í après un avertissement des Nations Unies à propos de la situation dans le domaine des droits de l’homme

GENEVE — Le gouvernement iranien a exécuté en mars un membre important de la communauté bahá’íe iranienne ; c’était la première exécution depuis 1988.

L’exécution secrète de M. Bahman Samandari, le 18 mars, à la prison Evin de Téhéran est intervenue tout juste deux semaines après le vote, par la Commission des droits de l’homme, d’une résolution ferme à l’encontre de la situation des droits de l’homme en Iran dans laquelle il est également fait mention de la discrimination du gouvernement iranien vis à vis des 300.000 membres de la communauté bahá’íe iranienne.

Nous possédons peu de détails sur l’exécution de M. Samandari, homme d’affaires de 52 ans issu d’une honorable famille bahá’íe. Le 17 mars, M. Samandari était interpellé par les autorités. Plus personne n’entendit parler de lui jusqu’au jour où sa femme, après avoir tenté à plusieurs reprises de venir le voir en prison, obtint un permis de visite pour le 5 avril. On lui remit alors copie du testament de son mari, daté du 18 mars.

Aucun certificat de décès n’avait été délivré mais le cimetière général de Téhéran reconnut que le nom de M. Samandari avait été inscrit sur ses registres le 20 mars.

Aucun chef d’accusation ni aucun jugement officiels n’avait été prononcé contre M. Samandari. Il fut vaguement laissé entendre que l’exécution de M. Samandari aurait un certain rapport avec son arrestation quatre ans plus tôt, le 21 octobre 1987, en même temps que quatre autres bahá’ís, pour s’être réunis à son domicile. Ils avaient été relâchés le 18 décembre 1987.

« Constatant qu’après trois ans et demi de répit, une action aussi brutale a été perpétrée contre un innocent, la Communauté internationale bahá’íe ne peut que manifester son indignation », dit Wytze Bos, représentant de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies. « Cet acte dément les affirmations constamment répétées par le gouvernement iranien, à savoir que les bahá’ís ne sont pas l’objet de persécutions en raison de leurs opinions religieuses. »

De 1979 à 1988, plus de 200 bahá’ís ont été tués en Iran dans le cadre d’un plan de persécution systématique ordonné par le gouvernement. Des centaines d’autres ont été emprisonnés et des dizaines de milliers ont perdu leur emploi, leurs retraites et/ou se sont vu refuser toute possibilité d’accès aux établissements d’enseignement.

Bien que le rythme des exécutions se soit ralenti en 1987 et 1988, et que le nombre des incarcérations ait fortement baissé, la sécurité des bahá’ís d’Iran reste préoccupante en l’absence de recon­naissance formelle de cette minorité religieuse qui est la plus importante d’Iran.

Dans son dernier rapport, M. Reynaldo Galindo Pohl, spécialiste de réputation internationale en matière de droits de l’homme, se fait l’écho de cette préoccupation. Il a aussi, pendant ces six dernières années, étudié la situation en Iran au nom de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies.

Dans un rapport soumis à la Commission en janvier, M. Galindo Pohl indique que les lieux saints des bahá’ís, leurs sites historiques, leurs cimetières et leurs centres administratifs sont confisqués ou détruits; que les bahá’ís sont toujours considérés comme des “infidèles non couverts” par la loi iranienne ; qu’ils se voient refuser tout accès aux établissements d’enseignement supérieur ; enfin, que nombre de bahá’ís continuent à être privés de moyens de subsistance.

« La majorité des 10.000 bahá’ís qui ont perdu leur emploi dans les années 80 sont toujours au chômage », écrit M. Galindo Pohl qui s’est rendu en Iran pour mener son enquête. « Les bahá’ís ont toujours des difficultés à obtenir les autorisations nécessaires pour s’installer à leur compte. »

Se montrant beaucoup plus sévère qu’à l’accoutumée, M. Galindo Pohl a ajouté : « Les documents que nous avons rassemblés sont une preuve irréfutable du traitement injuste et discriminatoire dont sont victimes les bahá’ís en ce qui concerne leur droit à la propriété et à l’accès aux universités, aux entreprises, à l’emploi, aux administrations, aux cimetières et aux lieux de culte. »

Le 4 mars, la Commission a exprimé sa « profonde préoccupation » devant les « rapports continuels de violations des droits de l’homme » en Iran, par un vote de 22 voix contre 15. Dans sa résolution, la Commission a spécifiquement mentionné l’absence de garanties en matière de justice et « la discrimination à l’encontre des groupes religieux, y compris des bahá’ís... »

Le 11 juin le Parlement européen a adopté une résolution qui condamne fermement l’Iran pour le non-respect des droits de l’homme et prend particu­lièrement en compte la situation des bahá’ís. Le Parlement déclare son indignation après l’exécution de M. Samandari et des mesures sévères ont été proposées.

« Les bahá’ís ne constituent aucune menace pour le gouvernement iranien », déclare M. Bos. « La Foi bahá’íe repose sur l’observation de la loi et la défense de la paix. Nos corréligionnaires ne revendiquent qu’un seul droit : celui de pratiquer librement leur foi et de contribuer au développement et au bien-être de leur pays ».



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Dernière mise à jour le 25/09/2017