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Revue n° 12, 1992

Comment réussir la grande transition


Questions de survie – La révolution mondiale a commencé
par Alexander King et Bertrand Schneider
Editeur : Calmann–Lévy
Paris, 1991

Le titre choc de Questions de survie suggère la portée et l’ambition de l’ouvrage. Conçu comme une suite au premier ouvrage du Club de Rome, Halte à la croissance ?, ce livre, dû à la plume d’Alexander King et de Bertrand Schneider, respectivement président d’honneur et secrétaire général du Club de Rome, analyse les crises multiples et diverses auxquelles est confrontée l’humanité aujourd’hui et propose ensuite les moyens d’en venir à bout. Comme l’indique le titre, les auteurs voient l’humanité à la veille d’une importante transformation : la première révolution véritablement globale.

On lit dans l’introduction que « la grande transition » a été le thème des récentes réunions du Club de Rome. « Nous sommes convaincus que nous vivons les premières étapes de la formation d’un nouveau genre de société mondiale, qui différera du monde d’aujourd’hui autant que celui issu de la Révolution industrielle différait de la société agraire qui l’avait précédé pendant si longtemps. »

Créé en 1968 pour concentrer l’attention sur les problèmes à l’échelle de la planète, le Club de Rome est une association composée d’une centaine de membres – anciens chefs d’Etats, savants,économistes et penseurs – personnalités indépendantes provenant de cinquante trois pays et des cinq continents. Il n’a en tant qu’organisation, aucune ambition politique. Ses membres représentent une large diversité de cultures, d’idéologies, de professions, de disciplines, et sont unis par le même souci, l’avenir de l’humanité.

Contrairement à Halte à la Croissance ? dont les thèses étaient étayées d’analyses statistiques, Questions de survie est essentiellement un essai qui traite des thèmes d’ordre global, reflétant l’opinion du Club de Rome lui-même. Divisé en deux parties, il se penche tout d’abord sur l’ensemble impressionnant des problèmes auxquels est confrontée l’humanité, ce que les auteurs définissent comme la « problématique ». La seconde partie, la « résolutique », présente les solutions à ces problèmes.

L’approche est intelligente, documentée et perspicace. Son esquisse des thèmes mondiaux actuels passe en revue, dans un style très aisé et lucide, pratiquement chacun des problèmes majeurs qui se posent à l’humanité. Les domaines préoccupants, tels le réchauffement planétaire, la crise énergétique, la sécurité alimentaire insuffisante, le sous-développement, et même la révolution de l’information, sont définis et mis en lumière.

Sont aussi explorés la crise en matière de dette, l’effondrement des économies socialistes et les dangers potentiels d’un capitalisme démesuré.

L’intégration de l’ensemble de ces problèmes est un thème constant à travers l’ouvrage. La réussite du Club de Rome dans ce domaine est sans doute l’aspect le plus marquant de l’ouvrage. Après avoir identifié les problèmes qui se posent à l’humanité, les auteurs mettent l’accent sur ce qui est admis de plus en plus comme étant la crise majeure de notre époque un malaise moral et spirituel à l’échelle de la planète, auquel doivent être rattachées les origines de notre « problématique ».

« L’ordre dans la société est déterminé par la cohésion de ses membres », écrivent les auteurs. Les tribulations de l’humanité s’aggravent parce que ses dirigeants n’ont pas su affronter le vide sous-jacent de ses symptômes.

« Le conflit entre deux idéologies qui a dominé le siècle s’est évanoui, en ne laissant que son propre vide et un sordide matérialisme. Rien, dans les régimes politiques et dans leurs procédures de prise de décision, ne paraît capable de combler ou de pallier ce manque qui hypothèque notre avenir commun et, en vérité, la survie même de l’espèce. »

M. King et M. Schneider définissent avec beaucoup de perspicacité le matérialisme et la désunion comme les facteurs-clefs de la problématique. Et pour résoudre les problèmes qu’ils ont soulignés, les auteurs exposent un plan rationnel, crédible et à maints égards brillant.

Selon eux, le besoin le plus vital c’est de revitaliser la démocratie et la façon de gouverner sur l’ensemble de la planète. Dans ce but, ils préconisent la création de nouvelles institutions reposant sur la coopération, la coordination et l’action commune ; un combat général contre la corruption envahissante au sein des milieux politiques et de la société ; l’acceptation générale de « dirigeants dotés d’un profil neuf », dont les qualités comprendraient notamment une capacité à l’innovation, une vision globale, une perspective d’ordre éthique et une aptitude à apprendre ; enfin, ces hommes nouveaux s’appuieraient sur des groupements et des organismes œuvrant à la base même de la société.

En effet, parmi les thèmes les plus profonds d’une révolution, il y a l’idée selon laquelle les gouvernements, tels que nous les connaissons aujourd’hui, ne sont pas à même de reconstruire le monde par eux-mêmes. Au lieu de cela, argumentent-ils, l’humanité devra nécessairement se tourner aussi vers des organismes extérieurs au gouvernement, tels que les partis politiques, les syndicats, les entreprises et les organisations non-gouvernementales.

Pour la mise en œuvre de leur « résolutique », les auteurs proposent que l’humanité s’engage dans un processus d’apprentissage en dehors des sentiers battus. Ils exposent ce qui équivaut à un nouveau programme planétaire, qui impliquerait les objectifs suivants : montrer à chaque individu comment apprendre ; lui enseigner la manière de « surmonter les impulsions indésirables » et le comportement destructeur, éveiller ses facultés créatrices et lui permettre d’acquérir une vision globale de la planète.

« Si elle ne s’abreuve pas à la source de valeurs morales et spirituelles capables d’orienter son dynamisme, la société mondiale vers laquelle nous allons risque simplement de ne pas exister », déclarent les auteurs. « Au delà des cultures, des religions et des philosophies, il y a dans l’être humain une soif de liberté, un désir de dépasser ses propres limites, la quête d’une transcendance apparemment insaisissable et souvent innommée. Aucune dictature, aucune violence, aucune contrainte, l’expérience l’a montré, n’a jamais pu éliminer totalement du cœur de l’homme cette aspiration, souvent indécelable, souvent passionnée, qui surgit constamment de l’inconscient collectif tel qu’il a été analysé par Carl Jung. »

Si inspirant que soit ce passage, comme le reste de l’ouvrage, pourtant il n’identifie pas la source des valeurs morales et spirituelles. Le Club de Rome a défini l’essence de la problématique du monde : la désunion, conséquence de son malaise spirituel. Mais pour répondre au besoin vital de l’humanité qui est de combler le vide spirituel, ne faudrait-il pas encore plus de hardiesse pour suivre jusqu’au bout la logique des conclusions initiales et dépasser même cet humanisme planétaire qui est proposé ?



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Dernière mise à jour le 18/12/2017