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Revue n° 26, 1996

L’importance de l’agriculture

La civilisation a pris naissance avec l’agriculture : lorsque nos ancêtres nomades ont commencé à se fixer et à produire leur propre nourriture, la société humaine a définitivement changé. On a alors assisté à l’éclosion non seulement de villages et de villes mais aussi à celle de la connaissance, des arts et des sciences.

La plupart du temps, la société se sentait intimement liée à la terre. Quel que fut leur degré de raffinement, les communautés humaines ne pouvaient nier l’importance de l’agriculture. Être éloigné de sources d’alimentation sur lesquelles on pouvait compter, c’était risquer de souffrir de malnutrition et de famine.

Aujourd’hui, cependant, la plupart des citadins ont oublié cette relation essentielle. Occultée par l’apparente abondance de produits vivriers rendue possible par les nouvelles technologies en matière de culture, de transport et de conservation des denrées alimentaires, la dépendance fondamentale des hommes à l’égard de l’agriculture est souvent sous estimée.

Le Sommet mondial de l’alimentation nous a permis de réexaminer le rôle fondamental de l’agriculture et, compte tenu du caractère global et interdépendant des sociétés modernes, de réfléchir à nos attitudes et à nos approches à l’égard de la production et de la distribution alimentaires dans le monde.

Tenu du 13 au 17 novembre dernier à Rome, le Sommet avait pour but de renouveler l’engagement pris par la communauté internationale d’éradiquer le problème crucial de l’humanité: l’insécurité alimentaire. Cet engagement avait été pris à la première conférence mondiale de l’alimentation en 1974 qui avait reconnu que tous les peuples avaient droit à une alimentation suffisante. Les gouvernements s’étaient engagés à mettre fin à la famine, à la malnutrition et à l’insécurité alimentaire et ce, en une décennie.

Depuis cette résolution, des progrès ont été accomplis dans le sens de la sécurité alimentaire. Beaucoup de pays ont depuis enregistré une augmentation de leur production agricole et du pouvoir d’achat de produits vivriers ainsi qu’une amélioration de leurs modes d’alimentation.

Toutefois, les progrès sont loin d’être égaux partout. Dans 88 pays, une fraction importante de la population – environ 800 millions d’individus dans le monde – continue à souffrir de carences alimentaires. De plus, on observe depuis quelques années une mobilisation moindre en faveur de la sécurité alimentaire. Le taux de croissance de la production vivrière diminue; les réserves mondiales de céréales ont chuté à un niveau record; la demande d’importation de céréales augmente et enfin, les engagements d’aide à l’agriculture ne sont plus aussi bien tenus. Tout ceci dans un contexte où la population mondiale augmente, où les demandes de ressources agricoles sont de plus en plus fortes et où l’on reconnaît de plus en plus que le système agro-alimentaire en vigeur n’est pas viable.

L’Organisation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture (FAO) sous les auspices de laquelle s’est tenu le Sommet, a exprimé sa « profonde préoccupation » en ce qui concerne l’état actuel et futur du système agro-alimentaire mondial et a lancé un appel pour qu’une action immédiate soit menée, aux niveaux national et international, pour combattre les causes premières de la persistance de l’insécurité alimentaire. Mais quelles sont ces causes premières ? Quelles politiques, quelles actions doit-on mener pour l’éradiquer partout ?

S’il existe à l’évidence des causes techniques et des causes liées à l’environnement, les causes sociales sous-jacentes sont plus importantes. Il est généralement reconnu en effet que la production alimentaire mondiale actuelle suffit à nourrir la population de façon saine et équilibrée.

Pourtant, l’injustice et les fractures sociales, les conflits armés, et des attitudes nationalistes étriquées sont largement responsables des inégalités dans la production, le transport, le stockage et la distribution des denrées alimentaires. Ce n’est pas un hasard si les nations qui souffrent le plus de malnutrition chronique et d’insécurité alimentaire sont aussi les plus désorganisées par la guerre ou les conflits internes. Une solution durable et efficace aux problèmes liés à l’insécurité alimentaire appelle des politiques et des actions suffisamment attentives aux processus de développement qui visent essentiellement à renforcer le tissu humain des communautés et à donner un nouvel élan à leurs institutions.

Dans les entretiens et les lettres qu’il nous a légué il y a près de 80 ans, ‘Abdu’l-Bahá, fils du fondateur de la Foi bahá’íe, a esquissé la vision audacieuse d’une société globale unie qui, au lieu d’éluder l’importance fondamentale de l’agriculture, affirme le rôle clé des agriculteurs, de la communauté locale et de ses institutions pour garantir à ses citoyens la santé et le bien-être.

Selon cette vision, les individus motivés sur le plan spirituel apportent leur contribution au sein de familles, d’organisations, de sociétés, d’administrations et de communautés solides en étant animés par une nouvelle éthique globale fondée sur des principes spirituels universels comme l’unité, la justice, l’équité, la modération et l’esprit de paix. En tant que principes d’action, ces qualités spirituelles renforcent la cohésion sociale.

Fait encore plus révélateur, à propos de la question de la sécurité alimentaire, ‘Abdu’l-Bahá a indiqué que les solutions aux problèmes socio-économiques se trouvaient en premier lieu au niveau du village. « La base fondamentale de la communauté est l’agriculture, le labourage du sol » a-t-il dit en 1912.

Il préconisait la création d’institutions communautaires élues, responsables du développement et de la réglementation des ressources, des services sociaux et des investissements. La prise de décision devait résulter d’un processus de consultation ouvert à tous les membres de la communauté et dans le cadre d’un échange de vues ouvert, franc et courtois. Lorsque la consultation est ouverte à tous sur un pied d’égalité, la communauté se sent concernée par le développement. Des processus de participation impliquant la communauté sont plus efficaces et la rendent plus autonome et moins dépendante.

Cette vision dépasse le mot d’ordre « Penser mondialement, agir localement ». Car, si elle présente le développement des capacités intellectuelles, physiques et spirituelles de l’individu et ses actions comme étant la clé du nouvel élan de la communauté, elle encourage le type d’institutions et de systèmes de gouvernement qui sont nécessaires pour rattacher fermement l’individu et ses actions à une civilisation globale et interdépendante. La poussée vers la mondialisation est plus qu’un simple état d’esprit.

Cette vision encourage également une éthique de solidarité impliquant que le bien-être de l’humanité prime sur les intérêts nationaux, raciaux, de classe, de sexe et les intérêts personnels. Alléger les souffrances humaines devient un but universel quel que soit le lieu où ces souffrances sont ressenties. Il est donc nécessaire de se doter d’institutions mondiales efficaces pour gérer les accords commerciaux, allouer équitablement les ressources et veiller au partage des richesses. L’application de ces principes permet d’apporter des solutions techniques efficaces et appropriées à l’insécurité alimentaire et de les mettre au service des nations qui en ont le plus besoin.

Pour les bahá’ís, une communauté représente plus que la somme de ses membres. C’est une unité de civilisation complète composée d’individus, de familles et d’institutions qui créent et encouragent les systèmes, les agences, les organisations qui travaillent ensemble avec un objectif commun pour le bien-être des peuples tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.

Enfin, seuls des processus de développement social susceptibles de reconnaître la valeur fondamentale des principes spirituels dans l’éducation, l’organisation de la communauté et l’application de la technologie permettent de garantir une véritable sécurité alimentaire. La solution ne peut être trouvée qu’à long terme mais il s’agit de jeter les bases solides d’un approvisionnement alimentaire durable et fiable pour tous.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017