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Revue n° 13, 1993

Au Swaziland, le partenariat est capital pour l’enseignement

HLATIKULU, Swaziland—Sallinah Makhanye désigne un gros arbre dressé dans l’enceinte de l’école maternelle de Hlatikulu. Une vingtaine de jeunes élèves forment un cercle autour d’elle et l’écoutent.

« Mes amis, » dit-elle en levant vers le ciel ses bras écartés, « cet arbre a de gros membres. Ils ressemblent tous à des bras. Comment les appelle-t-on? »

« Des branches, » répondent plusieurs enfants.

Elle désigne ensuite le tronc. « Comment s’appelle cette partie de l’arbre ? » demande-t-elle.

« Le tronc, » répond un enfant précoce.

« Bien, » dit Mme Makhanye, maîtresse principale de l’école. « Appelons-le le tronc. »

« Le tronc, » répètent les élèves en écho.

« Et quand mange un arbre ? » demande Mme Makhanye.

«Quand l’eau descend,» dit un petit garçon.

« Oui, » répond-elle. « Quand l’eau descend. »

Le plan de la leçon est simple mais les enfants la retiendront toute leur vie.

« Les troisième, quatrième et cinquième années sont parmi les plus formatrices et les plus importantes pour le développement d’un enfant, » dit Mme Ben Dlamini, responsable de l’orientation pédagogique au Ministère de l’éducation du Swaziland. « L’enseignement préscolaire a donc une importance capitale dans l’éducation d’un enfant. »

Malheureusement, les gouvernements n’ont pas toujours les moyens de concevoir et d’appliquer un programme complet d’éducation préscolaire. De ce fait, ce rôle est souvent dévolu à des Organisations non gouvernementales.

Dans ce minuscule royaume d’Afrique australe, la communauté bahá’íe a été à cet égard particulièrement efficace. En utilisant les compétences d’éducateurs bien formés issus de ses propres rangs, en faisant appel à des volontaires dévoués et en s’appuyant sur ses propres règles en matière de coopération et de collaboration, la communauté bahá’íe a, au cours de ces dix dernières années, confirmé son rôle dans l’éducation préscolaire au Swaziland. A ce jour, elle a:

* créé trois écoles préscolaires urbaines et conçu trois programmes d’éducation préscolaire destinés à des écoles de village qui, ensemble, desservent quatre grandes régions ;

* contribué à la conception d’un programme national de formation en cours d’emploi destiné aux maîtres de l’éducation préscolaire que la communauté continue à gérer et à utiliser en collaboration avec le Ministère de l’éducation ;

* travaillé avec le Ministère de l’éducation pour élaborer au niveau national un manuel sur le contenu de l’éducation préscolaire répondant plus étroitement aux besoins du Swaziland et de sa population.

La question du partenariat

Le point sans doute le plus intéressant, c’est qu’à travers l’expérience de la communauté bahá’íe, qui compte dans ce pays 7 500 membres, on mesure l’importance du partenariat pour les projets ou programmes d’éducation.

« En tant qu’ONG, nous offrons les infrastructures, c’est-à-dire que les centres bahá’ís servent d’écoles, » dit Mme Irma Allen, membre de la Commission nationale pour l’éducation des enfants de la communauté bahá’íe du Swaziland. « Nous fournissons également du personnel qualifié et nous nous occupons de la coordination. »

Le gouvernement fournit les inspecteurs scolaires, assure le suivi des inspections des écoles et délivre les homologations. Un organisme donateur nordique, la Fondation Bernard Leer des Pays-Bas, apporte également un appui financier et une assistance technique considérables.

« Le résultat final de ce partenariat, » dit Mme Allen, « c’est une formation pédagogique et des écoles de grande qualité pour un coût modeste. »

Le Directeur de l’éducation du Swaziland, M. S. Simelane, approuve l’appréciation de Mme Allen en disant que le partenariat entre des ONG et le gouvernement avait une importance capitale pour l’éducation préscolaire au Swaziland.

« L’éducation préscolaire est très importante, » dit il. « Le fait que nous ne fournissions pas les maîtres ou que nous ne construisions pas de classes ne signifie pas qu’elle est sans importance. Nous n’avons simplement pas les moyens nécessaires. »

La communauté bahá’íe, a ajouté M. Simelane, a joué un rôle particulièrement actif dans l’éducation préscolaire. « Les bahá’ís qui travaillent avec nous nous apportent une aide considérable, » dit-il. « Chaque fois que des problèmes se posent, ils se réunissent et nous aident à les résoudre. »

Il a fait remarquer que l’esprit de bénévolat et de service public semblait être la raison principale du succès de la communauté dans ce domaine. « On se demande parfois pourquoi les gens nous consacrent du temps, car ils ne sont pas rémunérés, » dit-il.

Une société en mutation

La communauté bahá’íe a commencé à s’occuper de l’éducation préscolaire il y a environ dix ans pour répondre au changement rapide de la société swazi et à l’émergence d’un besoin précis. « Au Swaziland aujourd’hui, les femmes sont plus nombreuses à vouloir travailler, » dit Mme Allen. « L’éducation préscolaire est donc nécessaire parce que les mères ne peuvent rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. »

Si l’éducation préscolaire est importante, c’est aussi parce que le Swaziland veut être compétitif dans un monde de plus en plus interdépendant. « L’école maternelle favorise un processus de développement qui n’est pas toujours accessible aux enfants avant d’aller à l’école, » dit Frances Fletcher, elle aussi membre de la commission bahá’íe pour l’éducation. « Les enfants du Swaziland n’ont pas toujours accès aux livres ou aux jouets ou à d’autres moyens capables d’éveiller leur curiosité. »

Centres déjà existants

La communauté bahá’íe a pris conscience du fait que trois centres bahá’ís déjà en place dans les grandes villes du Swaziland pouvaient faire double emploi.

Aujourd’hui, les écoles établies dans les centres bahá’ís de Mbabane, Piggs Peak et Hlatikulu accueillent une soixantaine d’élèves dans chaque localité. Trois écoles maternelles de villages fonctionnent également grâce à l’appui des communautés bahá’íes locales, à Motjane, Mnicini et Mphetseni et accueillent elles aussi 60 élèves supplémentaires. Chaque école est autonome et financée par les frais de cours minimes.

Ces centres sont également utilisés pour le programme national de formation en cours d’emploi des maîtres de l’éducation préscolaire qui est coordonné par la communauté bahá’íe. Le financement et l’envoi d’experts de la Fondation Bernard Van Leer, assurés par l’intermédiaire du gouvernement, contribuent également au succès de ce programme.

Un programme de formation unique

« Pour le moment, nous sommes les seuls à former des maîtres chargés de l’éducation préscolaire au Swaziland, » dit Nicholine Mbokazi, jeune femme de 28 ans qui travaille dans une école maternelle catholique de Hlatikulu. « J’ai plus de certitude dans ce que je fais grâce à la formation que j’ai reçue. »

Le programme, qui est conduit en coopération étroite avec le programme gouvernemental d’inspection des établissements préscolaires, offre chaque année six semaines de formation à chaque maître. Il débouche sur un certificat obtenu en trois ans. Fin décembre 1992, plus de 160 élèves ont été diplômés.

Le programme de formation vise également un objectif de développement en offrant davantage de possibilités d’épanouissement aux femmes.

Le programme de formation s’appuie sur un plan d’étude national élaboré avec l’aide de la communauté bahá’íe. Ce plan met l’accent sur des activités plus appropriées au Swaziland, comme l’utilisation de matériels pédagogiques locaux et l’intégration d’éléments spécifiques de la culture swazi. « Pour fabriquer des pinceaux, par exemple, nous avons suggéré l’emploi de plumes ; pour le tressage, nous avons proposé de l’herbe, » dit Mme Allen. « Nous avons également suggéré aux écoles d’inviter des mères de famille à venir raconter des histoires traditionnelles. »

« Ils nous ont réellement aidés à démarrer dans le pays, » dit Mme Beauty K. Nxumalo, inspectrice nationale de l’enseignement préscolaire pour le compte du Ministère de l’éducation.



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Dernière mise à jour le 25/09/2017