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Revue n° 19, 1994

La famille du futur sera sans violence

NATIONS UNIES — Les décideurs sont d’accord pour dire que pour pratiquement toutes les questions internationales, allant de la paix au développement durable, une façon sectorielle d’aborder les problèmes ne peut plus fonctionner dans un monde interdépendant.

Pour remplacer cela, la nouvelle tendance est de trouver des solutions pluridisciplinaires pour briser les barrières mentales qui s’opposent souvent aux solutions efficaces des problèmes actuels.

C’est cette approche qui a été envisagée pour résoudre le problème international de la violence dans la famille, pendant un symposium de deux jours en mai 1994 à la maison de l’UNICEF, siège de l’agence.

Intitulé « Les stratégies pour créer une famille sans violence », le Symposium a réuni un groupe d’environ 40 experts venant des quatre coins du globe – et de différentes disciplines professionnelles – pour développer les lignes directrices d’un plan d’action, qui définirait les stratégies pour combattre la violence dans la famille.

Le résultat, selon les participants et les organisateurs, était une nouvelle façon de percevoir les liens entre la violence dans la famille et la violence dans la société. Il est à espérer que cette nouvelle approche stimulera de nouveaux efforts de coopération entre les différentes organisations et agences qui s’occupent de ce problème.

« Ce séminaire a réussi à réunir un groupe diversifié de professionnels, de militants et de praticiens qui travaillent tous pour contribuer à créer des familles saines », a dit Marjorie Thorpe, directeur adjoint du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), qui a co-parrainé le Symposium avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et la Communauté internationale bahá’íe.

« Les outils trouvés pour analyser les manifestations de la violence dans la famille et pour mobiliser les électeurs sur ce problème aideront le travail d’UNIFEM dans ce domaine et, bien entendu, contribueront aux autres efforts pour éliminer la violence dans la famille et dans la société. »

« Le succès de nos efforts pour éliminer la violence dans la famille n’est pas seulement une question de choix, de bonne grâce ou de bon tempérament », a ajouté Mme Thorpe. « C’est, à vrai dire, une obligation et une responsabilité qui nous ont été imposées par notre humanité et par notre interdépendance. »

Parmi les participants se trouvaient les délégués de plus de 30 organisations non-gouvernementales (ONG) - des associations de femmes, de droit de défense pour les enfants, de droits de l’homme, et des groupes religieux- ainsi que des responsables, des consultants et des spécialistes de l’UNICEF et de l’UNIFEM. Ils étaient originaires d’environ 17 pays.

Le Symposium est arrivé à plusieurs conclusions, parmi lesquelles se trouvent :

• La violence dans la famille ne peut plus être considérée comme une affaire privée, en partie à cause de l’effet de la violence sur les enfants en pleine croissance, qui vont devenir les citoyens du futur. Les effets de la violence dans la famille ont un impact énorme sur la société en général.

• La violence dans la société et la violence dans la famille sont étroitement liées. Les guerres, le terrorisme et même les images de violence ont un impact profond sur la famille, et causent souvent, à leur tour, la violence. D’un autre côté, la violence dans la famille encourage et rend possible, à un niveau plus élevé, la violence dans la société en général, en produisant des générations qui se succèdent et qui sont de plus en plus capables de violence.

• La violence dans la famille a de profondes racines dans les préjugés contres les femmes, préjugés qui sont souvent encouragés par des facteurs culturels et religieux. Comprendre ces causes de la violence dans la famille est un premier pas essentiel vers le changement.

La note dominante est l’unité

Le ton de la conférence a été donné par le discours de l’invité principal, Dr. Danesh, psychiatre venant du Canada, qui a proposé aux participants un nouveau paradigme pour le bien-être de la famille : l’idée de la famille basée sur l’unité.

Dans un discours et dans un document présentés au Symposium, le Dr. Danesh a dit que la famille « a toujours été et continue d’être le milieu le plus propice où les futures générations d’enfants peuvent croître et former leur opinion sur eux-mêmes, sur le monde et sur le but et la signification de la vie ».

Dans le passé, la majorité des familles pouvait être définie comme étant « basée sur le pouvoir », a dit le Dr. Danesh, qui a récemment emménagé en Suisse, pour prendre le poste de directeur de l’Institut international d’éducation et de développement à Wienacht. « Le pouvoir exige conformité à un modèle et obéissance », a-t-il ajouté, disant que traditionnellement le père détenait cette autorité.

Plus récemment, et particulièrement en Occident, dit-il, une révolte contre ce modèle a mené à la famille indulgente, où il n’y a aucune autorité et où tout est permis. « Dans ce type de famille, les membres finissent par croire que la chose la plus importante dans la vie est d’obtenir ce qu’ils veulent », a-t-il ajouté. « Ceci mène au mélange confus des pensées et des émotions. »

Dans le monde interdépendant d’aujourd’hui, ce type de famille est en train d’échouer, que ce soit dans son fonctionnement, ou comme creuset pour la création d’une nouvelle génération, dit-il. La seule solution est un nouveau type de famille.

« La famille du futur est une famille basée sur l’unité », a souligné le Dr. Danesh, qui est bahá’í Il a expliqué qu’une telle famille est basée sur l’égalité de l’homme et de la femme et sur la justice pour tous ses membres. De telles familles se distingueraient par leur coopération, leur maturité et leur amour non égoïste. « Une famille basée sur l’unité, de par sa propre nature, est dépourvue de violence. »

En classant par catégorie les types et la nature de la violence dans la famille, les conférenciers ont essayé de préparer les participants pour les séances de stratégie en petits groupes, où ils ont commencé à envisager des solutions possibles. C’est de ces groupes que sont venues les conclusions-clés susmentionnées.

Pour beaucoup de participants, le processus lui-même était d’une importance vitale.

« Ce qui en est sorti clairement c’est l’importance de considérer le sujet de façon globale », a dit Mme Mkhize de l’Afrique du Sud. « Habituellement, les psychologues parlent uniquement de traumatisme, les avocats de droits de l’homme, et ainsi de suite. Mais ici les conclusions sont ressorties par rapport aux différentes disciplines et perspectives. Il y a une nouvelle façon de voir les choses - une façon intégrée et pluridisciplinaire. »

Bien que quelques-unes des conclusions aient déjà été mentionnées par divers spécialistes et organisations, les participants ont dit qu’ils n’avaient pas en mémoire une autre réunion où il y avait eu un consensus aussi large sur ces idées, venant d’un groupe aussi divers.

« Considérer que la violence dans la famille n’est pas qu’une affaire privée n’est pas une idée nouvelle. Mais ce qui est nouveau c’est l’idée qu’il y a une relation étroite entre la violence dans la société et la violence dans la famille - et que par conséquent cela devient un problème non seulement pour des personnes qui s’intéressent à la famille mais aussi pour toute la société », a ajouté Janet Nelson, chef du département de liaison des ONG à l’UNICEF.

Un plan d’action

Les organisateurs de la Conférence projettent de propager les conclusions, ainsi que les recommandations spécifiques concernant les actions à entreprendre, espérant ainsi stimuler les gouvernements et la société civile à avoir une approche plus globale envers la violence dans la famille et à adopter une politique énergique pour la combattre.

Parmi les recommandations spécifiques on notait: donner une formation et un appui plus soutenus aux personnes qui s’occupent des enfants, dans le but de traiter et de prévenir la violence dans la famille; sensibiliser, former et mobiliser les agences de l’ONU, les gouvernements et les législateurs afin qu’ils prennent en considération les conséquences économiques, sociales et psychologiques liées à la violence dans la famille; stimuler le développement de matériels pédagogiques, de livres de classe, et même de jouets qui prônent l’égalité des sexes ; et militer pour faire passer des lois qui criminaliseraient toutes formes de violence domestique et qui fourniraient des moyens de contrôle et de mise en application.

La coopération internationale entre les ONG commence déjà à porter des fruits. Teresa Rodriguez, coordinateur du Programme pour établir un réseau contre la violence envers les femmes d’Isis International à Santiago, Chili, a affirmé que le Symposium a permis d’établir des contacts et des liens avec des ONG dans d’autres régions du monde qui ont des approches nouvelles et intéressantes.



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Dernière mise à jour le 25/09/2017