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Revue n° 22, 1995

Venues du monde entier, les femmes bahá’íes se rendent à Beijing

HUAIROU, Chine — Née dans un village tropical luxuriant sur une île isolée de Papouasie Nouvelle Guinée, Margaret Elias est aujourd’hui l’une des femmes qui a le mieux réussi dans son pays natal.

Devenue première avocate du pays, il y- a près de 20 ans après avoir passé son examen de droit à l’université de Papouasie Nouvelle Guinée, Mme Elias est un membre respecté de l’administration nationale, et vient d’être nommée Secrétaire du Département des relations industrielles, l’un des 27 chefs de départements du pays.

Membre du clan Charamagheis, Mme Elias, qui a eu 42 ans cette année, a été nommée Membre de l’Ordre de l’Empire britannique par la reine Elisabeth qui l’a ainsi récompensée pour les années qu’elle a passées dans l’administration publique. Elle est aussi Secrétaire de l’Assemblée Spirituelle Nationale des bahá’ís de Papouasie Nouvelle Guinée, conseil national directeur de la communauté, qui a son siège dans la capitale, Port Moresby, où réside Mme Elias.

Pourtant, sans minimiser ces titres, c’est à sa qualité de villageoise que Mme Elias attache le plus d’importance et au travail qu’elle continue d’accomplir pendant les week-ends et ses moments de loisirs dans les communautés périphériques pour aider d’autres femmes à améliorer leur condition.

« Je suis une femme du peuple, » insiste Mme Elias. « Je suis une Papoue. »

Mme Elias est l’une des quelque 400 bahá’ís, femmes et hommes confondus, qui sont venus de plus de 50 pays pour participer, du 30 août au 8 septembre au Forum des ONG sur les femmes, dans la ville touristique de Huairou, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Beijing.

En tant que communauté mondiale, les bahá’ís reconnaissent l’égalité des femmes et des hommes comme un principe essentiel de leur Foi, ce dont témoigne la large proportion de bahá’ís présents au Forum. Nombreux sont les bahá’ís qui sont venus en tant que membres d’associations féminines ou simplement à titre personnel, finançant souvent eux-mêmes leur propre voyage.

Beaucoup, comme Mme Elias, participent à des projets communautaires destinés à soutenir et à promouvoir l’avancement des femmes et sont elles-mêmes des femmes «de terrain».

Marilyn Enggol, par exemple, qui est membre des Ibans dans le Sarawak en Malaisie, occupe ses heures de loisirs à coordonner un projet d’alphabétisation pour des femmes et des hommes vivant dans des villages reculés. Enfin, Maryke Van Lith, après des années de travail auprès des femmes du Surinam, vient d’organiser des formations de renforcement de la responsabilisation à Leiderdorp (Pays-Bas) où elle réside actuellement.

Secrétaire générale de la communauté bahá’íe de Papouasie Nouvelle Guinée, Mme Elias consacre énormément de temps à promouvoir l’avancement des femmes. « Dans notre plan pour les trois années à venir, nous nous sommes fixé l’objectif – déjà réalisé – de tenir des conférences régionales sur les questions des femmes et des hommes dans les 17 régions du pays, » dit Mme Elias lors d’une interview en Chine.

Chacune de ces conférences a drainé de 100 à 500 participants, a-t-elle ajouté et les sujets ont porté sur l’égalité des femmes et des hommes, la nécessité d’un partenariat entre les sexes et le rôle des mères en tant que premières éducatrices de leurs enfants.

Toutefois, avant même de lancer cette série de conférences, Mme Elias a passé de nombreux week-ends à sillonner les villages et villes du pays pour donner des conférences sur certains principes bahá’ís, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes.

« Ce qu’il y a de fantastique chez Margaret, c’est qu’à son niveau, elle travaille avec des diplomates et des hauts fonctionnaires, tout en restant une femme de terrain, » dit Mona Seddigh, 49 ans, elle aussi membre de la délégation bahá’íe de Papouasie Nouvelle Guinée au Forum des ONG. « Elle va dans les villages et travaille à renforcer les femmes locales. Tout en ayant reçu une formation supérieure elle est capable de se mettre à leur niveau. Elle prend ses repas et dort avec elles. Ceci est remarquable. »

Marilyn Madu Enggol

Dans la province du Sarawak, en Malaisie, environ la moitié des 2 millions d’habitants sont du groupe ethnique Iban. Ils construisent des grandes « maisons longues » pouvant loger tout un village de 30 ou 40 familles dans un seul bâtiment.

Depuis avril 1991, Mme Enggol travaille sur un projet d’alphabétisation dont le premier objectif est d’aider les femmes Ibans. Avec un budget initial de 3 000 dollars malaisiens offert par la Haute Commission de Nouvelle Zélande, le projet est géré par un comité bahá’í régional qui vise à promouvoir le développement économique et social.

Mme Enggol, qui est membre du comité, est la principale responsable du projet. Elle se déplace bénévolement à travers le pays pendant les week-ends et les vacances pour former les animateurs des projets d’alphabétisation qui ensuite donnent des cours dans leurs propres communautés.

Le taux d’alphabétisation des Ibans ne dépasse pas les 37% selon les statistiques les plus récentes, souligne Mme Enggol. La plupart des analphabètes sont des femmes, ce qui les empêche considérablement de maîtriser leurs vies.

« Lorsque les femmes se rendent en ville pour vendre leurs produits de la jungle, elles sont incapables de rendre la monnaie au client, » dit Mme Enggol. « Et si elles vont au dispensaire, elles sont embarrassées parce qu’elles ne savent pas lire le numéro de la chambre. Parfois, elles se trompent de bus et ne peuvent se déplacer rapidement. »

« Quand elles apprennent à lire, elles prennent confiance en elles-mêmes, » ajoute Mme Enggol. « Elles savent qu’elles sont payées comme il convient quand elles vendent leur produit. Et elles transmettent cette confiance à la génération suivante. Lorsqu’elles ont appris à lire et à écrire, elles peuvent encourager leurs propres enfants et même les aider à faire leurs devoirs. »

Au cours des quatre dernières années, Mme Enggol a formé 104 animateurs dans quelque 44 communautés. A leur tour, les animateurs locaux en matière d’alphabétisation, qui dispensent des cours trois fois par semaine dans leurs propres communautés, ont formé plus de 800 alphabètes, en particulier des femmes.

Mme Enggol, 44 ans, accomplit cette tâche au prix d’un lourd sacrifice. Elle travaille à temps plein comme agent postal à Kuching, capitale de la province et est mère de trois enfants. « J’ai 30 jours de congé par an, en comptant les vacances et les congés officiels et, la plupart du temps, j’en profite pour aller dans les villages, » dit-elle et ajoute que certains villages sont à douze heures de voiture. « Cependant, toute ma famille m’aide. Mon mari subvient aux frais de déplacement et mes enfants découpent les lettres de l’alphabet que nous utilisons pour la formation. »

Maryke Van Lith

Le travail de Maryke Van Lith dans le renforcement de la responsabilisation des femmes cherche à aider les gens qui appartiennent à l’autre extrémité de l’activité économique. « Le monde occidental n’a pas tellement besoin d’aide matérielle, » dit-elle lors d’une interview à Huairou. « Cependant, il a besoin d’aide psychologique et spirituelle. Les médias, par exemple, sont remplis d’images si violentes et si dégradantes que les êtres humains, et surtout les femmes, ont l’impression de ne rien valoir. »

Dans le cadre de ses activités pour lutter contre ces tendances, Mme Van Lith a commencé récemment à organiser des ateliers de formation dans sa ville de Leiderdorp aux Pays-Bas, où elle s’est installée après avoir vécu au Surinam pendant 17 ans où elle travaillait au sein de communautés bahá’íes pour promouvoir la lecture et l’écriture, l’éducation sanitaire de base et d’autres projets de développement de petite envergure. Les ateliers de Leiderdorp, qui consistent en 10 cours de deux heures et demi chacun, visent à développer la confiance en soi, la connaissance de soi et une plus grande capacité à aimer les autres.

« Ce type de formation est particulièrement utile pour promouvoir le renforcement de la responsabilisation des femmes, » dit Mme Van Lith qui est âgée de 71 ans. « Trop souvent, dans les écoles et sur les lieux de travail – en fait dans toute notre société – il n’y a que la critique et l’accusation de fautes. Nos cours par contre mettent l’accent sur la recherche de ce qu’il y a de positif chez les autres, sur l’encouragement des autres et de soi. Ils cherchent à mettre en valeur les qualités féminines de la coopération, de l’amour et d’attention si nécessaires dans la société d’aujourd’hui. »

« Le contenu des ateliers a été partiellement élaboré à partir des principes spirituels des enseignements bahá’ís et des méthodes d’éducation introduites par Rudolf Dreikurs, » dit Mme Van Lith. Ils partent de l’idée qu’un être humain est comme une mine « riche de gemmes d’une inestimable valeur ». La formation met l’accent sur le renforcement de la valeur de l’individu, la beauté de l’âme et l’édification d’une société nouvelle. »



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Dernière mise à jour le 24/11/2017