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 Baha'u'llah
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Revue n° 22, 1995

Tournant pour les nations

Le XXe siècle, l’une des périodes les plus tumultueuses de l’histoire humaine, a été marqué par une multitude de crises, de révolutions et de revirements spectaculaires. Depuis l’écroulement du système colonial et des grands empires du XIXe siècle jusqu’au succès puis à l’échec désastreux des grandes expériences du totalitarisme, du fascisme et du communisme, certains de ces boule versements ont été ravageurs, entraînant dans leur sillage la mort de milliers de personnes, abolissant des anciens modes de vies et traditions, et provoquant l’effondrement d’institutions traditionnelles.

D’autres mouvements et évolutions ont été à l’évidence plus positifs. Les découvertes scientifiques et de nouvelles perceptions des phénomènes sociaux ont mis en branle de nombreuses transformations sociales, économiques et culturelles progressistes. La voie a ainsi été frayée à de nouvelles définitions des droits de l’homme, à des déclarations solennelles sur la dignité de la personne humaine, à la multiplication des perspectives d’entreprises individuelles et collectives, et à de fraîches et audacieuses possibilités ouvertes à la connaissance et à la conscience humaines.

Ces deux processus – l’effondrement des anciennes institutions d’une part et la floraison de nouvelles façons de penser d’autre part – témoignent d’une seule et même évolution qui s’est accélérée ces cent dernières années: la tendance à une interdépendance de plus en plus grande et à l’intégration de l’humanité.

Alors que ce double mouvement d’effondrement et de renouveau conduit le monde vers une sorte de paroxysme, le 50e anniversaire de l’ONU vient à point nommé pour marquer une pause et réfléchir sur la manière dont l’humanité peut envisager son avenir collectif.

Notre point de vue se fonde sur trois idées de départ.

En premier lieu, le débat sur l’avenir de l’ONU doit s’inscrire dans le contexte général de la transformation graduelle de l’ordre international et de son orientation. L’Organisation des Nations Unies a suivi une évolution parallèle à celle d’autres grandes institutions de la fin du XXe siècle. C’est donc ensemble que ces institutions détermineront la direction à donner à l’ordre international, lequel à son tour les façonnera. Par conséquent, seule devrait être examinée la façon dont la mission, le rôle, les principes directeurs, voire les activités de l’ONU, s’inscrivent dans le cadre élargi de l’ordre international.

Adopter une attitude évolutionniste implique être capable d’envisager la progression d’une institution sur une longue période de temps, de percevoir son potentiel de développement propre, de définir les principes fondamentaux de sa croissance, de formuler des plans d’exécution à court terme hautement efficaces, et même d’anticiper les discontinuités radicales appelées à se produire le long de sa trajectoire.

En deuxième lieu, l’humanité étant une et indivisible, chacun de ses membres lui est confié dès la naissance. Ce lien entre l’individu et la collectivité constitue le fondement moral de la plupart des droits de l’homme que les textes de l’ONU tentent de définir. Il sert aussi à conférer à l’ordre international un objectif prépondérant, celui de formuler et de défendre les droits de la personne humaine.

La race humaine, en tant qu’unité organique distincte, a traversé des étapes correspondant à la petite enfance et à l’enfance des individus qui la composent, et se trouve aujourd’hui au point culminant de son adolescence agitée, approchant un âge adulte longtemps attendu. En effet, l’intégration globale, déjà réelle dans les affaires, la finance et les communications, commence à prendre forme en politique.

La souveraineté étant pour l’heure entre les mains des États nations, c’est aux chefs d’État et de gouvernement qu’il incombe de déterminer la forme exacte de l’ordre international à naître. Nous engageons vivement les dirigeants, à tous les niveaux, à soutenir délibérément l’idée de se rassembler, avant la fin de ce siècle, pour examiner comment redéfinir et restructurer l’ordre international et relever ainsi les défis de l’époque. Comme certains l’ont suggéré, ce rassemblement pourrait s’intituler “Sommet mondial sur la Gouvernance globale”.

En troisième lieu, le débat sur l’avenir de l’ordre international doit faire intervenir et enthousiasmer l’ensemble de l’humanité. Il est trop important pour se limiter aux dirigeants – qu’ils soient membres de gouvernement, hommes d’affaires, universitaires, hommes de foi, ou membres d’organisations de la société civile. Il doit au contraire impliquer chaque membre de la société, hommes et femmes. Une large participation renforcera d’elle-même le processus de sensibilisation à la citoyenneté mondiale et augmentera le soutien à un ordre international élargi.

Avant de concevoir un cadre spécifique au futur ordre international, les dirigeants devraient passer en revue un large éventail d’approches de la conduite des affaires publiques. Plutôt que de reproduire l’un quelconque des systèmes de gouvernement reconnus, la solution serait peut-être d’englober, de réconcilier et d’assimiler les éléments sains présents en chacun d’eux.

Par exemple, un des modèles éprouvés de gouvernance alliant la diversité du monde à un cadre unifié, est le système fédéral. Le fédéralisme a fait ses preuves, en décentralisant le pouvoir et la prise de décisions dans de grands États complexes et hétérogènes, tout en maintenant une certaine unité et stabilité générales. Autre modèle digne d’examen, le Commonwealth, qui, à l’échelon mondial, placerait l’intérêt du tout au dessus de celui, individuel, des nations.

Une attention particulièrement grande devrait être accordée à la forme de l’ordre international pour qu’il ne dégénère pas, avec le temps, en un type quelconque de despotisme, d’oligarchie, ou de démagogie, qui corrompe la vie et le fonctionnement de ses institutions politiques.

En 1955, au cours de la première décennie consacrée à la révision de la Charte de l’ONU, la Communauté internationale bahá’íe a présenté à l’Organisation des Nations Unies une déclaration fondée sur les idées clairement énoncées il y a près d’un siècle par Bahá’u’lláh. « Le concept bahá’í d’ordre mondial est défini en ces termes: un super État mondial en faveur duquel toutes les nations du monde auront abandonné toute prétention à faire la guerre, certains droits de lever l’impôt; et tous les droits de conserver des armes, sauf celles nécessaires au maintien de l’ordre à l’intérieur de leurs territoires respectifs. Cet État devra comprendre un organe exécutif international à même d’imposer une autorité suprême et incontestée à chaque membre récalcitrant du Commonwealth; un parlement mondial dont les membres seront élus par les populations de leurs pays respectifs et dont l’élection sera confirmée par leurs gouvernements respectifs; un tribunal suprême dont le jugement aura un effet contraignant même lorsque les parties concernées ne l’auront pas saisi de leur plein
gré. »

Certes, si cette définition de gouvernement mondial est, à notre avis, l’ultime sauvegarde de l’humanité et son inévitable destinée tout à la fois, force nous est cependant de reconnaître qu’elle offre effectivement le tableau lointain d’une société planétaire. Or l’urgence actuelle impose au monde la nécessité de concevoir des stratégies audacieuses, pratiques et exécutables, qui aillent au-delà d’inspirantes perceptions de l’avenir. Néanmoins, en se concentrant sur un concept rigoureux, il est possible de voir émerger, au milieu du bourbier des opinions et des doctrines contradictoires, un sens clair et cohérent au changement évolutif.



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Dernière mise à jour le 22/09/2017