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Revue n° 7, 1991

Peintures de Mark Tobey : les détails raffinés de l’abstraction

NEW YORK — Translucide. Lumineux. Complexe. Délicat. Contemplatif. Spirituel.

Ce sont les adjectifs qui viennent à l’esprit lorsque l’on regarde les 36 peintures de l’artiste américain Mark Tobey qui ont été exposées à la Galerie Philippe Daverio du 8 mai au 16 juin derniers à New York et du 11 octobre à mi-novembre à Milan, en Italie.

Les toiles exposées appartiennent toutes à Mark Ritter, secrétaire et ami de Mark Tobey pendant de nombreuses années, elles datent principalement des années 60 et quelques unes de la décennie précédente.

Cet ensemble de toiles reflète les abstractions très détaillées, même si cela peut sembler contradictoire, qui sont la signature des œuvres de Mark Tobey. Ses toiles, espaces denses d’aplats et de lignes répétitives, sont à la fois simples et complexes, intellectuelles et intuitives.

Leurs bruns et leurs gris prononcés, les touches de couleurs subtiles, les toiles d’araignée qui caractérisent la plupart de ces peintures évoquent souvent le monde naturel, et en particulier la nature en gros plan. Elles rappellent un réseau de cellules, vu à travers un microscope, une surface rocheuse ravinée par les intempéries ou des stries sur l’écorce d’un arbre.

Mark Tobey est né en 1890, dans le Midwest des Etats Unis, il a passé l’enfance idyllique et typique d’un “galopin aux pieds nus”, le long des rives du Mississippi.

Jeune homme il se découvrit une aptitude au dessin, de la copie des couvertures de revues il passa au dessin de portraits pour des illustrations de catalogues et, en 1911 il quitta Chicago pour s’installer dans le Greenwich Village de New York, déterminé à réussir en tant qu’illustrateur de mode.

Au cours de la décennie suivante son talent fut reconnu et il devint un peintre recherché ; il fit le portrait d’un grand nombre de personnalités de l’époque. A cette période il rencontra la Foi bahá’íe et l’accepta aussitôt, se lançant dans une étude approfondie de ses enseignements qui dura toute sa vie.

Sa nouvelle religion devait exercer un vif impact sur son œuvre. « Cela fut véritablement une bifurcation spirituelle cruciale dans la vie de Tobey et dans son œuvre », écrivait William Seitz, dans un article du catalogue de l’exposition des œuvres de Mark Tobey au Musée d’Art Moderne de New York.

D’autres critiques d’art observent comme Seitz que la Foi bahá’íe, avec l’accent qu’elle met sur l’unité et la diversité, sur l’unicité de tous les peuples et de toutes les religions, a dû inciter Marc Tobey à expérimenter des formes et des styles très divers. Mark Tobey a beaucoup voyagé entre 1920 et 1940 ; il a visité la Chine, le Japon où il passa un mois dans un monastère Zen, et les sanctuaires bahá’ís du Moyen-Orient.

L’art et les objets artisanaux du monde oriental le captivaient. Il étudia la calligraphie et la peinture aux pinceaux pratiqués en Chine. Et l’attention portée aux détails ainsi que la concentration d’esprit qu’il apprit ainsi sont apparents dans ses œuvres.

« La foi de Tobey transparaît dans les qualités de densité, d’intensité et de luminosité de ses toiles », a déclaré M. Ottenbrite. « Ses peintures sont très humaines. »

Mark Tobey, lui-même, a été clair quant à l’importance de l’influence de sa croyance sur son œuvre. En 1962 il déclarait : « Je dois dire que cela m’a donné une force extraordinaire et j’ai essayé de l’utiliser sans faire de propagande. Il est vrai qu’aujourd’hui on parle de styles internationaux mais je pense qu’à l’avenir on parlera de styles universels ... l’avenir du monde doit être la matérialisation de son unicité, qui est l’enseignement de base de la Foi bahá’íe telle que je la comprends, et, à partir de cette unicité émergera un nouvel esprit dans
l’art ».

Après 1950 les peintures de Mark Tobey deviennent entièrement abstraites. Elles sont fondées sur de petits gestes bien contrôlés de la main et du poignet; il peint, dessine ou griffe, sur la surface du papier et de la toile. Il travaille avec divers matériaux, allant de l’huile à l’aquarelle, et sur tous les matériaux, du papier fabriqué main à la peau de chamois.

Ainsi par exemple “Vagues roses” est un pastel à l’huile sur du papier fabriqué main. Exécutée en 1962, cette œuvre donne une sensation légère, presque humoristique. Des lignes tracées délicatement, en forme de vagues, permettent de voir encore les tournoiements obliques et les grains du papier.

“Arbres en automne”, peinture en détrempe sur papier froissé, utilise également la surface même du papier pour ajouter à l’œuvre détails et texture. C’est une composition abstraite en bleu, gris et blanc, dont la luminescence rappelle des branches dénudées sur un fond de ciel d’automne décoloré, bien que cette image découle plutôt du titre.

On peut dire que Mark Tobey, qui mourut en 1976 à 85 ans, était plus apprécié en Europe que dans son Amérique natale. Il a reçu le premier prix à la Biennale de Venise de 1958 et, en 1961, il a été honoré par une exposition personnelle de 300 œuvres au Louvre, à Paris, premier artiste vivant non français à être ainsi honoré. Enfin, en 1974, environ 70 de ses œuvres furent exposées au “National Collection of Fine Arts”, qui fait partie du “Smithsonian Institution”, à Washington, D.C., exposition intitulée “Hommage à Mark Tobey”.



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Dernière mise à jour le 25/09/2017