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Revue n° 9, 1991

Des activités éducatives bahá’íes contribuent à la protection de l’environnement au Brésil

L’article suivant est tiré du numéro de janvier février 1991 de « The New Road », revue du « Réseau WWF pour la conservation et la religion ». Ce réseau a été constitué en 1987 par le Fonds mondial pour la nature (WWF), afin d’amener les religions du monde à s’intéresser davantage aux efforts de conservation. L’article est signé Leyla Alyanak, rédacteur en chef de « The New Road ».

lRANDUBA, Amazonie — Dans le cadre d’un projet de développement bahá’í dans la région amazonienne, la population apprend à vivre de la forêt tropicale sans la détruire.

En plus de la direction d’un orphelinat pour enfants abandonnés, l’Association pour un développement harmonieux de l’Amazonie gère l’Institut polytechnique rural Jalal Eghrari qui enseigne aux jeunes des campagnes les techniques agricoles de protection de l’environnement. Cet établissement enseigne également l’alphabétisation de base et l’hygiène.

Situé à l’orée de la forêt tropicale, au bord des fleuves Negros et Lalimes dont le confluent forme l’Amazone à la sortie de la ville d’Iran dura, l’institut a une place privilégiée pour contribuer à la préservation de la nature.

Ce projet fut lancé au milieu des années 80 lorsque la Maison universelle de justice, au siège international bahá’í de Haïfa, déclara que tous les projets devaient être orientés vers la base de la communauté sur les plans matériel, intellectuel et spirituel. A l’époque, une expédition amazonienne d’un mois se monta avec des médecins, des vétérinaires et des experts agricoles, elle revint avec une liste de suggestions et deux objectifs principaux: améliorer l’éducation et la santé. Ainsi fut créée l’école qui fonctionne à plein temps depuis deux ans.

« Nous avons une quarantaine d’élèves de 12 à 18 ans, venant de partout », déclare Kathy Monajjem qui gère l’école avec son mari. « Certains Indiens Ticuna viennent de localités aussi éloignées que Tabatinga, à une semaine de bateau. »

« Une rotation du programme tous les 19 jours, durée du mois bahá’í, et l’alternance des garçons et des filles sont des particularités de notre école. Cependant, à cause de la durée du voyage de retour, cela ne s’applique pas à tous nos élèves : des Indiens, venant de régions aussi éloignées que la frontière colombienne, restent trois ou quatre ans ici. Ceci soulève un des problèmes les plus particuliers à la région », explique Farhang Monajjem. « Les élèves qui demeurent si longtemps loin de chez eux n’y retournent plus car ils se familiarisent avec les villes. Et leurs connaissances restent inutilisées car ils ne trouvent pas d’emploi dans les villes. »

Manaus, capitale de l’Etat d’Amazonie, attire la population rurale en faisant miroiter l’emploi, la santé et la scolarisation. Dès l’arrivée, les illusions s’envolent. Il n’y a pratiquement pas de travail et beaucoup commencent à boire. Par tradition, les familles sont nombreuses et certaines petites filles se prostituent dès l’âge de 11 ans.

« C’est là qu’intervient notre système de rotation. Les élèves n’ont pas assez de temps pour sortir en ville car ceux qui habitent assez près retournent chez eux chaque mois. A leur départ on leur demande de transmettre à d’autres ce qu’ils ont appris. Ils doivent aussi accomplir des travaux pratiques tels que des enquêtes et des statistiques sur la santé et les vaccinations. En d’autres termes, nos élèves sont interactifs. Ils rapportent chez eux leurs connaissances », précise Farhang.

« Nous nous efforçons d’enseigner à nos élèves une agriculture durable ainsi que des disciplines comme la pisciculture et l’élimination des déchets. Dans l’ensemble l’école a une orientation écologique. »

« Ainsi, près de l’école, il existe une zone considérablement déboisée et nous formons nos élèves aux techniques pratiques du reboisement. De plus, nous gérons des petits projets d’agriculture biologique dont la récolte est destinée à des familles pauvres de la région. »

L’école enseigne la technologie agricole à petite échelle, ce qui aide la population locale à diversifier les cultures en passant généralement de la monoculture du manioc à des récoltes destinées à la vente.

« Notre école a des unités de production », dit encore Farhang. « Nous avons lancé une unité modèle d’élevage semi intensif de poulets hybrides issus de croisements entre races locales et étrangères. Ce système enseigné à des agriculteurs leur donne une nouvelle source de revenus bien nécessaires. »

Une coopérative avicole apporte un revenu supplémentaire équivalent à 240 FF. par mois et permet aux cultivateurs de compter sur des techniques autres que le déboisement par le feu. Nos élèves apprennent aussi à fabriquer du compost de fumier, un engrais naturel qui réduit les besoins en pesticides, problème majeur dans cette région. La coopérative contribue pour 30% au budget annuel d’exploitation de l’institut.

Les techniques de cultures alternatives sont d’autant plus importantes que l’abattage de la forêt s’accroît rapidement et que les terres sont transformées en pâturages. Comme partout ailleurs en Amazonie, abattre et mettre le feu de façon intensive provoque beaucoup de dégâts. Après ce défrichage, les paysans plantent du manioc et le sol s’épuise au bout de quelques années. Alors viennent les éleveurs de bétail dont le travail à Iranduba s’effectue en un tour de main.

Avant de déménager, l’éleveur a prélevé le meilleur bois qui est vendu à la scierie, puis il fait venir des briquetiers dans ce qui était sa ferme. Lorsque ceux ci arrivent, ils démolissent ce qui reste et transportent le bois à brûler dans les briqueteries locales. Ainsi l’éleveur tire un double revenu : d’abord en faisant paître son bétail puis en vendant le bois. De plus, sa terre est nettoyée gratuitement.

L’école a bénéficié de conseils professionnels en matière d’écologie. Afin de mieux faire connaître les implications écologiques en agriculture, un professeur d’université est venu à l’école pour établir des bases d’études d’une nouvelle approche de l’environnement. Il a également contribué au lancement de quelques projets de reboisement à petite échelle.

« Notre programme est de nature holistique », explique Kathy Monajjem. « Nos élèves sont formés à l’observation de la nature et de son interdépendance. L’un de nos objectifs principaux est d’éveiller chez eux une conscience sociale. Nous leur apprenons à voir la nature comme le reflet des attitudes et des qualités spirituelles et à s’efforcer de tirer d’elle des conclusions d’ordre social. »

Outre l’écologie et l’agriculture, l’école enseigne l’hygiène et l’utilisation de médicaments naturels.

« Nous projetons de cultiver une "pharmacie vivante" de plantes médicinales », déclare le Dr. Akhavan, médecin bahá’í canadien qui travaille bénévolement pour l’institut. « Nous allons travailler avec des groupes indigènes afin de sélectionner les meilleures plantes. Au Brésil, il y a une surconsommation de médicaments chimiques et notre jardin permettra d’en réduire la dépendance et de faire des économies. »

« Selon les statistiques 75% des maladies seraient dues à l’eau polluée. Chaque jour dans le monde, 30.000 personnes succombent à ces maladies: c’est une bombe d’Hiroshima tous les trois jours! »

« Les bahá’ís ne peuvent sauver le monde », explique le Dr. Akhavan. « Mais nous nous efforçons de proposer des solutions qui servent de modèles pour d’autre projets.

Un jour, on m’a raconté cette histoire: le feu prit dans la jungle. Les animaux couraient dans tous les sens. Un petit oiseau survola le feu avec un peu d’eau dans son bec. Les autres lui demandèrent pourquoi. Si peu d’eau ne sert à rien. Et l’oiseau répondit: c’est tout ce que je peux faire. Si chacun fait ce qu’il peut, le feu sera éteint
... »



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Dernière mise à jour le 25/09/2017