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Revue n° 9, 1991

Des spécialistes occidentaux du monde des affaires en Union soviétique

Expériences pratiques et points de vue nouveaux proposés à d’importants chefs d’entreprise soviétiques.

KIEV, Ukraine — A l’Est comme à l’Ouest, peu d’entreprises ont, par tradition, consacré beaucoup d’attention à l’importance des valeurs spirituelles sur le lieu de travail. En fait, lorsque cette notion fut présentée à des hommes d’affaires soviétiques lors d’un séminaire tenu à Kiev, en février dernier, plusieurs participants élevèrent des protestations.

Les avantages de l’utilisation de concepts spirituels et éthiques dans les entreprises commerciales étaient bien, cependant, le message essentiel des 14 hommes et femmes, spécialistes occidentaux du monde des affaires, qui se sont rendus en URSS en février 1991. Leur visite s’inscrivait dans le cadre d’un projet bahá’í autonome visant à offrir à des entrepreneurs soviétiques des idées nouvelles pour réaliser la transition vers une économie plus ouverte.

Au cours de deux séminaires de trois jours, tenus à Kiev et à Odessa, ces idées firent l’objet de conférences et d’ateliers sur le transfert de technologie, le marketing, la formation à la gestion ainsi que sur la communication au sein des entreprises et les relations publiques.

En outre, des suggestions particulières, basées sur des principes spirituels, furent présentées en vue de l’amélioration des performances économiques. Elles soulignent des méthodes consultatives et consensuelles centrées sur l’honnêteté et la loyauté dans les affaires, elles préconisent vivement l’adoption du partage des bénéfices et d’autres techniques afin de promouvoir l’unité sur le lieu de travail. Les intervenants ont précisé que leurs idées sont fondées sur les principes bahá’ís.

Malgré quelques objections initiales, la réaction ultime des participants soviétiques fut positive, à en juger par les appréciations écrites et les commentaires personnels.

« Vous êtes les premiers hommes d’affaires occidentaux que j’ai rencontrés et j’apprécie votre franchise quant à la difficulté de notre tâche et au lien entre les valeurs spirituelles et les principes économiques efficaces », devait écrire l’un d’eux à l’issue des séminaires. « Ce sont les premiers cours de ce genre à ma connaissance et je sais maintenant que dans l’intérêt de notre peuple nous devrons poursuivre dans ce sens. »

Depuis ce séminaire, un groupe de délégués soviétiques d’un important institut pédagogique de Kiev a entamé des pourparlers avec les initiateurs du projet en vue de la création d’une école de commerce permanente. « Ils ont été particulièrement impressionnés par l’importance que nous accordons aux principes éthiques dans la conduite efficace des affaires », déclare Lynda Godwin, l’une des deux responsables du projet et fondatrice de “Ressources internationales soviétiques”.

Plus de 140 responsables soviétiques participèrent aux deux sessions: hommes d’affaires, industriels et représentants du gouvernement parmi lesquels plusieurs occupant de très hauts postes dans la région de Kiev et d’Odessa. La plupart étaient désireux d’apprendre comment appliquer les techniques occidentales dans leurs propres entreprises.

« Bien des transactions et des entreprises dirigées par des soviétiques ne sont pas acceptables pour le monde extérieur », nous dit Konstantine Anapreychik, vice-président de “Soviet Connections”, la petite entreprise soviétique qui invita les bahá’ís conjointement avec “Ressources internationales soviétiques”. « Si les économistes occidentaux doivent un jour nous prendre au sérieux, nous devons nous qualifier et apprendre à diriger des affaires fiables. Sinon, nous n’avons aucun avenir. C’est cette transition que ce projet tente d’encourager. »

Pratique et spirituel

Les visiteurs occidentaux venaient des Etats-Unis, du Canada et du Vénézuela. Tous sont bahá’ís. Plusieurs parmi eux sont consultants en gestion, d’autres gèrent de petites affaires avec succès, quelques uns sont spécialistes en informatique et l’un deux est un ancien directeur de projet, retraité de la Banque mondiale. Chacun présentait son propre domaine d’expertise, et les thèmes développés dans les divers ateliers couvraient tous les sujets depuis les “comptabilité analytique et système d’information de gestion”, jusqu’à la “création d’une petite entreprise”.

Au cours de chaque session, le responsable d’atelier commentait également la manière dont les valeurs spirituelles et morales pouvaient constituer un fondement essentiel dans les affaires et pour l’entreprise. Suivent quelques valeurs et principes exposés de cette manière:

• La valeur de la consultation avec les employés, à chaque niveau dans l’entreprise, plutôt que l’écoute simplement de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, lorsque d’importantes décisions sont prises et exécutées.

• La possibilité d’utiliser le partage des bénéfices afin d’éviter quelques unes des embûches du capitalisme et d’apporter aux employés un encouragement supplémentaire. Le partage des profits entre propriétaires et employés a été préconisé dans la Foi bahá’íe depuis plus de cent ans.

• L’importance d’une honnêteté scrupuleuse dans l’établissement de relations durables avec les clients et les fournisseurs.

• L’idée selon laquelle le travail, lorsqu’il est accompli dans l’esprit de servir l’humanité, apporte une satisfaction qui va bien au delà de la rémunération financière. Elle peut motiver les employés à fournir un meilleur service.

• La reconnaissance du caractère insidieux et destructeur de la médisance sur le lieu de travail. L’unité dans l’effort est essentielle à son couronnement. La médisance et le commérage tendent à saper l’unité et le consensus en favorisant la suspicion et la méfiance.

« Les écrits de Bahá’u’lláh mettent l’accent sur l’application de chacun de ces principes dans la vie quotidienne et les bahá’ís qualifient ces notions de spirituelles », déclare Mme Godwin. « Pour la plupart des gens ce sont sans doute plutôt des valeurs morales ou éthiques. Quel que soit le nom qu’on leur donne, nous croyons que tous ces principes sont essentiels dans la mise en place d’une organisation réussie. »

« Notre message devrait aussi être pris à cœur par l’Occident: gérer son système économique uniquement sur une base d’incitations matérielles ne suffit pas. »

Lors du premier séminaire, tenu à Kiev du 25 au 27 février, les notions spirituelles, l’idée de participer à un débat d’idées et savoir que le programme serait souple gênaient les participants.

« D’abord les Soviétiques ne voulaient entendre parler que de procédures commerciales et d’exposés techniques », explique Mme Godwin. « Au début, ils ne voyaient aucune relation entre les sujets économiques et spirituels et ils ne sentaient évidement pas l’intérêt à participer à des séances ateliers où l’on peut échanger des idées avec les autres. »

Un début substantiel

Vers la fin du forum de trois jours, cependant, l’attitude des participants soviétiques avait changé de façon spectaculaire. Ainsi en témoignent-ils: « Ce séminaire a été pour moi un début substantiel; je suis très enthousiaste et j’en veux plus et encore. »

« Cela ne peut s’arrêter là. A quand le prochain forum? »

« Pour la première fois, j’entends des hommes d’affaires du secteur privé évoquer des notions telles que le partage des bénéfices ... si nous parvenons à le réaliser, alors pourra s’édifier un système plus équitable. Un de vos orateurs a aussi parlé des commérages sur le lieu de travail. Maintenant je découvre un “cancer” dont j’étais inconscient. Eliminer la médisance changerait totalement l’atmosphère de mon lieu de travail. »

Un des participants soviétiques, de retour à son usine et à la grande surprise de ses employés, préconisa un nouvel esprit de consultation et d’échange d’idées entre les travailleurs et la direction, une idée présentée comme principe spirituel lors des séminaires. D’après un employé, témoin de la transformation de l’attitude du directeur, l’idée de rechercher la collaboration des travailleurs serait à l’opposé des pratiques du passé dans cette entreprise.

« Les Soviétiques s’acharnent à changer leurs concepts et leur approche des aspects économiques de la vie », déclare Parks Scott, ancien cadre d’une société américaine de téléphone, la “South Central Bell”, et l’un des responsables d’atelier. « Ils essayaient d’apprendre ce qui détermine le succès des entreprises occidentales. Tous les participants auxquels j’ai parlé, sans aucune exception, étaient captivés et profondément impressionnés par ce qu’ils entendaient, y compris par ces notions qualifiées de spirituelles. »

La plus grande partie du coût du projet fut supportée par les responsables d’ateliers occidentaux eux-mêmes. Chacun régla ses propres frais de voyage et offrit gracieusement ses compétences d’expert. Les participants soviétiques n’étaient pas bahá’ís, beaucoup étaient parrainés par leur entreprise et ont contribué chacun pour l’équivalent de 180 FF. Cet argent permit de couvrir les frais d’organisation du côté soviétique.



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Dernière mise à jour le 25/09/2017