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Revue n° 7, 1991

La formation professionnelle des femmes en milieu rural donne des résultats inattendus en Inde

Un programme pluridisciplinaire, comprenant alphabétisation, éducation sanitaire et morale, apporte à des villageoises les moyens de faire progresser leur communauté respective.

INDORE, Inde — Apprendre à faire marcher une machine à coudre à pédale d’un noir rutilant, c’est l’aboutissement d’un rêve pour Dhedi, jeune fille de 18 ans, née et élevée dans un village tribal isolé, à environ 200 km à l’ouest de la ville industrielle d’Indore, dans le centre de l’Inde.

Apprendre à lire et à écrire en même temps, constituait un avantage supplémentaire qui s’avère tout aussi précieux, elle le réalise à présent.

« J’ai appris la couture, mais apprendre à lire et à écrire est également nécessaire », déclare la jeune Dhedi entrée en mai dernier à "l’Institut bahá’í rural de formation professionnelle des femmes" pour y suivre un cours de formation de couturière de trois mois, mais aussi d’alphabétisation et d’éducation sanitaire et morale. « Lorsqu’on m’apporte des vêtements à réparer, je peux inscrire les noms et les mesures. »

En septembre dernier, Dhedi et une autre jeune stagiaire jusqu’alors illettrée, ont remporté le premier prix d’un concours de composition de chansons, parrainé par la Mission internationale de l’alphabétisation de New Delhi. Toutes deux ont composé une chanson qui exaltait les vertus de l’alphabétisation et l’ont adaptée à une mélodie tribale traditionnelle. Leurs concurrents comptaient des personnes récemment alphabétisées et appartenant à 33 autres organismes indiens similaires.

« C’est remarquable que ces jeunes femmes aient été alphabétisées en l’espace de trois mois », dit M.J. Mathur, Receveur du district de Jhabua, d’où un grand nombre des stagiaires sont originaires. En Inde, le Receveur du district est le principal administrateur gouvernemental à l’ échelle du district « La plupart des organismes d’Etat n’ont pas été en mesure de réaliser cela, même au cours de programmes d’un an », ajoute-t-il.

Bien que l’Institut fut conçu initialement comme un centre autonome de formation professionnelle pour des villageoises, les succès remportés en matière de promotion de l’alphabétisation montrent comment une approche pluridisciplinaire de l’éducation en milieu rural peut donner des résultats éloquents en peu de temps et avec des moyens financiers limités.

L’éducation morale: un facteur décisif

Selon son directeur et d’autres responsables, l’Institut est efficace parce qu’il choisit de privilégier un groupe précis de population désavantagé : les jeunes femmes, et parce que son programme comprend une éducation morale et spirituelle.

« Bien que l’alphabétisation, la formation professionnelle et l’éducation sanitaire et morale soient essentielles, notre action la plus importante consiste à aider ces jeunes femmes à reconnaître totalement leur potentiel en tant qu’être humain », déclare Janek Palta McGilligan, directeur de l’Institut. « C’est ici qu’intervient l’élément décisif qu’est l’éducation morale. »

L’Institut est géré par la communauté bahá’íe de l’Inde et s’appuie sur les principes fondamentaux de sa croyance. Son programme met l’accent sur l’importance du travail, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’abolition des préjugés et la dignité de la personne humaine.

« Grâce à leur formation pratique à laquelle s’intègre des principes moraux, ces femmes issues des tribus sont mieux à même d’assurer un rôle prépondérant lorsqu’elles retournent parmi les leurs », déclare Rashmi Prasad, coordinateur du développement socio-économique pour le conseil bahá’í à l’échelle nationale et il ajoute : « Cette formation leur permet de réaliser leurs propres programmes et projets de développement et d’entretenir un degré satisfaisant de confiance en soi et d’autosubsistance. »

Celles qui reçoivent une formation à l’Institut sont encouragées à retourner dans leurs communautés d’origine pour partager ce qu’elles ont appris: lecture et écriture, techniques d’hygiène et de santé, ou même des méthodes pour prendre de meilleures décisions en groupe.

Elles sont également encouragées à consulter avec les conseils bahá’ís locaux, les “Assemblées spirituelles locales”, lorsqu’elles se retrouvent dans leurs villages. Les relations avec les communautés locales bahá’íes permettent aux femmes de disposer d’un réseau existant pour soutenir leurs activités. Ainsi, dans plusieurs villages du district de Jhabua, des Assemblées spirituelles locales collaborent avec des stagiaires de l’Institut pour créer des écoles maternelles dans les villages.

« En Inde, comme chacun sait, les femmes sont en général traitées comme des citoyennes de second ordre » déclare le Docteur Tahirih Vajdi, qui a contribué à la fondation de l’Institut et qui est professeur d’économie à l’université d’Indore. « La femme est encore considérée comme tout juste bonne à s’occuper de la maison et à mettre au monde des enfants. A l’Institut, en revanche, les femmes reçoivent tout l’amour et toute l’attention possibles et se familiarisent avec le principe de l’égalité des femmes et des hommes. »

« Nous essayons de développer chez elles la confiance en soi, afin qu’elles sachent qu’elles sont importantes en tant qu’individus et qu’elles puissent jouer un rôle significatif dans leur propre foyer et dans le progrès et le développement de leurs villages », dit le Dr. Vajdi.

« Lorsque ces femmes retournent dans leurs villages, nous avons constaté qu’elles influencent toute la communauté », ajoute-t-elle. « Elles rapportent des idées nouvelles sur la santé et l’hygiène. Elles font connaître l’importance de l’éducation des enfants. »

Depuis sa fondation en 1983, l’Institut a dispensé des stages à plus de 430 femmes. Durant de nombreuses années, il a dû fonctionner avec très peu de moyens mais des subventions récemment octroyées par les gouvernements de l’Inde et du Canada et des fonds provenant de la Communauté internationale bahá’íe, ont permis de construire un dortoir pour 20 stagiaires, des bureaux, des ateliers et un logement destiné au directeur.

Le budget annuel de fonctionnement est d’environ 100.000 francs français, il se compose de fonds provenant à la fois de la communauté bahá’íe de l’Inde et du gouvernement indien, principalement de l’agence du Ministère du développement rural, le Conseil pour le développement de l’action populaire en matière de technologie rurale.

Une journée type

L’emploi du temps du dernier groupe de stagiaires témoigne de l’intégration de la pratique et du spirituel dans la formation. Pour les 20 jeunes femmes qui viennent de terminer le programme trimestriel, la journée débutait à six heures du matin par deux heures de travail dans le jardin modèle de l’Institut.

« Nous ne voulons pas que ces femmes, habituées à commencer leur journée dans les champs, oublient l’importance de l’agriculture », dit Jimmy McGilligan qui s’occupe de la formation agricole. « Au jardin, on étudie l’importance du respect de l’environnement aussi bien que les techniques d’irrigation perfectionnées et la culture de nouveaux légumes améliorés. »

Ensuite, les femmes retournent au dortoir et préparent elles même leur petit déjeuner. « Ici, elles composent et consomment leurs propres repas traditionnels », explique Mme McGilligan. « Nous ne leur servons pas de nourriture de type urbain, afin qu’elles ne s’habituent pas à des aliments dont elles ne disposeront pas dans leurs villages. »

De 9 h. à 11 h. du matin, l’accent est mis sur l’éducation morale et les principes spirituels; l’heure suivante : cours sur la santé et l’hygiène comprenant une formation en soins pré et post natals ou l’utilisation des remèdes traditionnels.

Suit une heure d’alphabétisation avec une pause déjeuner de 13 à 14 heures. L’après-midi est surtout consacrée à la formation professionnelle avec, notamment, des cours de couture, tissage, artisanat et économie ménagère. En ce qui concerne l’artisanat, il est aussi enseigné à tenir compte du choix des matières premières disponibles localement et à commercialiser les produits finis.

« Nous nous efforçons de consacrer une heure par jour à aider les femmes à exprimer leur créativité dans ce travail artisanal », dit Mme McGilligan, « ainsi, en couture, nous les encourageons à intégrer dans leurs modèles des dessins et des formes traditionnelles tribales. Il est important qu’elles prennent conscience de leur capacité à créer de beaux motifs. Cela leur permet d’acquérir le sentiment qu’elles sont des êtres humains de même rang que tous leurs semblables ».

Lors des travaux pratiques, elles apprennent également à construire et à utiliser des fourneaux sans émanation nocive, plus efficaces et consommant moins d’énergie et à se servir de fours solaires. Bien que ces technologies ne soient pas toujours disponibles actuellement dans les zones tribales, l’Institut s’efforce de sensibiliser les femmes à ces possibilités futures.

En cours de journée, les femmes décident entre elles de la composition de leurs repas, de leurs activités de la soirée et des autres orientations de leur vie en commun. Ces décisions sont prises collectivement selon les principes de la consultation bahá’íe. La consultation est une technique de prise de décision communautaire sans confrontation qui cherche à englober une grande diversité d’idées, d’informations et de personnes. Il s’agit de la technique préférée des conseils bahá’ís locaux pour la prise de décision.

Dans la soirée, après le dîner, les femmes chantent ou exécutent des danses tribales ou des sketches. « Nous les encourageons à être fières de leur propre culture », dit Janek Palta McGilligan, « ainsi, cette formation est un moyen de renforcer à leurs yeux la valeur de leur héritage culturel et non de l’amoindrir ».



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Dernière mise à jour le 24/11/2017