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Revue n° 20, 1995

« La Force des Faibles » : Extraits d’un entretien avec l’auteur, S. E. Paul-Marc Henry, ambassadeur de France

Il y a ceux qui ont bénéficié de la révolution de la technologie et de la mobilité et il y a ceux—la majorité—qui en sont les victimes. Dans son livre, La Force des Faibles, Paul-Marc Henry ne voit d’alternative à la confrontation suicidaire que dans l’émergence d’un nouvel ordre économique basé sur l’équité et le don mutuel.

A votre avis quels sont les problèmes sociaux d’aujourd’hui? Quels sont les plus importants ?

La division de la société en plusieurs catégories est certainement le problème le plus grave. Toute la presse, que ce soit en France ou à l’étranger, parle du « phénomène d’exclusion ». La société est divisée en catégories, plutôt que de ne former qu’un groupe. En étant divisée, que ce soit les divisions entre hommes et femmes, ou entre races, l’humanité ne peut pas progresser.

Quelles sont les racines des problèmes sociaux du monde ?

Les racines des problèmes sont en nous. C’est beaucoup plus une question de responsabilité de l’individu que de l’Etat. Le plus grand problème est la mentalité des populations et le fait qu’il n’y a pas de respect entre les individus ; si nous nous respections les uns les autres, il n’y aurait pas de problèmes sociaux. Le principe de la responsabilité en soi peut améliorer les conditions sociales.

Dans votre livre La Force des Faibles vous avez discuté du problème du chômage par rapport à la technologie. Aujourd’hui, vingt ans après, nous voyons que les problèmes liés au chômage sont très graves partout dans le monde. Est-ce que la relation entre le chômage et la technologie existe toujours ?

Il est évident qu’il existe une relation entre le chômage et la technologie. La part du travail, en tant que facteur économique, diminue. La technologie a entraîné un grand nombre de changement dans le monde ; ces changements ont affecté les modes de production et de fabrication, et par conséquent le mode de travail a également été transformé. La société consomme énormément, mais malheureusement cette super-consommation ne crée pas de nouveaux emplois car l’augmentation de la production s’effectue par le biais de la technologie.

Quels sont aujourd’hui les problèmes de survie des pays en voie de développement ?

Il faut faire une distinction entre les problèmes des différents pays, il y a ceux des pays d’Asie, de l’Afrique, de toute l’Amérique latine, et des pays de l’Europe de l’Est. Il y a une grande différence entre ces régions du monde, et chacune a ses propres difficultés. Par exemple en Afrique, il y a plutôt des problèmes sociaux et historiques qui dominent. En Europe de l’Est les problèmes sont plus des questions de développement économique global et de technologie moderne.

Quel rôle la militarisation et le nationalisme jouent-ils dans les pays en voie de développement ?

Ce n’est pas une question qui peut être répondue au niveau théorique, c’est une question d’observation. La militarisation se fait à plusieurs niveaux ; les pays développés et ceux en voie de développement s’arment, et cela pose beaucoup de problèmes complexes ; mais il y a aussi une militarisation plus importante, qui est celle des individus et des groupes. Avec tous ces différents groupes armés les dangers de conflits augmentent.

Qu’est ce que vous pensez du rôle des Nations Unies aujourd’hui ?

Les Nations Unies ont un rôle d’orientation politique et sociale très important. Mais cette organisation n’est pas équipée pour assumer un rôle de gendarme ou de police. C’est en général le Conseil de sécurité qui décide quelles actions vont ou ne vont pas être entreprises ; malheureusement les instruments d’action et d’intervention ne sont pas suffisants. Les Nations Unies manquent de pouvoir politique pour faire respecter ses décisions.

Dans votre livre La Force des Faibles vous dites «il faut aller plus loin et plus vite vers une intégration effective des mécanismes de décision». Comment peut-on mettre cela en pratique ?

Il faut intégrer tous les partis responsables dans le processus de prises de décisions. Il faut également une compréhension plus grande des problèmes globaux ; cette condition est nécessaire pour pouvoir aller de l’avant ; les mécanismes doivent être connus et compris par tous.

Les Etats doivent-ils s’engager pour renforcer les structures supranationales ?

Il faut avoir une autorité globale pour prendre en charge les problèmes globaux ; mais cette institution ne devrait pas forcément s’occuper de tous les problèmes. Ces derniers peuvent être classés dans deux catégories, les problèmes globaux et nationaux, et ce n’est pas toujours évident de faire la différence.

Ensuite, une cohérence entre les politiques nationales et les accords internationaux sera sans aucun doute bénéfique aux relations internationales. De plus en plus l’action globale se définit par des discussions entre différents protagonistes soucieux de trouver un accord. Ce dont le monde a besoin en ce moment est un globalisme raisonnable et un nationalisme bien tempéré.

Quelles solutions préconisez-vous pour l’avenir dans le domaine social ?

Les conditions préalables sont le respect entre les êtres humains, et l’esprit de paix. Les individus ont besoin d’une certaine garantie, d’une certaine sécurité ; ils ne peuvent pas vivre en se demandant à chaque instant ce qui va leur arriver. Les problèmes ne seront pas résolus tant que les humains vivront dans la terreur et la peur.

C’est une question de méthode. Il faut « désamorcer la bombe » et éliminer la guerre. Il faudrait beaucoup plus mettre l’accent sur l’idéalisme et les idées de paix et de démocratie. Les actions devraient être collectives plutôt qu’individuelles.



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Dernière mise à jour le 24/11/2017