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Revue n° 23, 1996

Reboisement d’un désert de montagne sur l’altiplano en Bolivie

COCHABAMBA, Bolivie — Dans les montagnes andines, à l’ouest de cette ville du centre de la Bolivie, l’altiplano est un plateau élevé, aux contours déchiquetés, sur lequel ne survivent que les êtres les plus endurcis.

Dans des vallées isolées, des petites communautés d’indiens Aymaras et Quechuas subsistent à peine par la culture de pommes de terre pendant la saison humide et en faisant paître des moutons sur les quelques pâturages accrochés au flanc des montagnes. Ces indiens, qui sont parmi les plus pauvres des pauvres, vivent dans le plus pauvre des pays d’Amérique latine.

Ils souffrent, entre autres, de pénurie d’eau. La saison humide dure à peine trois mois et même pendant cette saison des périodes de sécheresse peuvent détruire la récolte de pommes de terre. Les arbres qui auraient pu retenir l’eau de pluie ont été abattus il y a longtemps pour servir de combustible ou de matériau de construction.

« Ici, c’est un vrai désert de montagne, » dit William Baker, directeur du Centre Dorothy Baker d’Études sur l’environnement. Parrainé par les bahá’ís, ce centre étudie comment des techniques appropriées et l’éducation relative au développement durable peuvent améliorer les conditions sociales, économiques et écologiques de l’altiplano bolivien.

Au début, le Centre a surtout aidé les familles à construire des serres solaires peu coûteuses leur permettant de cultiver à haute altitude et pendant la morte saison des légumes et des fruits à moindre frais. (Note de l’éditeur : Au début de 1991, One Country consacra un article sur ce projet novateur, voir n° 8 sous le titre « Un centre bolivien d’études sur l’environnement s’attache aux problèmes particuliers de l’Altiplano »)

Depuis peu, le Centre s’éfforce d’encourager les communautés de l’altiplano à mettre en œuvre un projet simple mais ambitieux visant à construire des murets de retenue pour capter et retenir les rares eaux pluviales. On leur avait promis — et cette promesse commence d’ailleurs à se réaliser dans certaines régions — que les périodes de sécheresse ne seraient plus catastrophiques pour les récoltes de pommes de terre, que les pâturages eux-mêmes seraient plus verdoyants, que les flancs des montagnes pourraient dans une certaine mesure être reboisés et, enfin, que l’eau serait distribuée toute l’année.

« En réalité, le sol de la région est très fertile mais l’érosion et l’aridité croissante du sol ne permettent plus le développement des espèces végétales qui avaient l’habitude de pousser ici » affirme M. Baker dans une récente interview. « Cependant, grâce à la conservation de l’eau, on peut faire revivre l’écologie passée de la région dans sa plénitude et, sur cette base, concevoir d’autres projets respectant l’environnement dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. »

L’initiative du Centre s’appuie sur un programme d’étude de l’environnement destiné aux adultes et aux enfants d’âge préscolaire. Ces cours ont joué un rôle important dans l’aide apportée aux communautés pour leur faire adopter des technologies nouvelles. L’accent est mis sur l’apprentissage de l’autosuffisance. Les cours du Centre soulignent, par exemple, la dignité et la valeur intrinsèques de tous les êtres humains et ils insistent sur l’unité et l’égalité essentielle de tous les peuples. Ces enseignements aident les participants à puiser dans les aspirations communes à tous les hommes et renforcent leur responsabilisation en prenant en main leur propre développement.

« Dans nos classes, nous mettons en avant l’idée d’“investissement au service du bien-être”, » ajoute M. Baker. « L’idée repose sur les principes fondamentaux de la conservation et du respect de la nature. Il est rappelé que nous vivons dans un monde que nous n’avons absolument pas le droit de détruire sans porter atteinte aux droits des autres. »

Forts des connaissances acquises aux cours organisés par le Centre, les diplômés de quatre communautés de la province de Tapacari ont décidé leurs amis et voisins à prêter leur concours à la construction de 2 000 murets de retenue en 1994 et 1995. Au total, plus de 300 personnes ont participé au projet dans ces communautés situées à environ 120 kilomètres à l’ouest de Cochabamba.

Les simples murs de retenue en pierre qui peuvent être construits en quelques heures par trois ou quatre personnes sont destinés à empêcher le ruissellement de l’eau de manière à ce qu’elle pénètre dans le sol tandis que les éléments précieux du sol sont recueillis dans des collecteurs placés derrière le muret. L’initiative vise également à lutter contre la forte érosion qui, ces dernières années, a dégradé nombre de bons pâturages.

Des petites pépinières ont également été prévues dans ces communautés, on y plante de jeunes arbres qui peuvent servir au reboisement des terres situées derrière les murets.

Bien que le projet ait été lancé il y a moins de deux ans, il commence déjà à produire des résultats, dit M. Baker. « Dans une communauté, nous avons déjà des terres bien humides et dans une autre, nous avons augmenté leur superficie, » dit-il. « Au total, nous avons sans doute 500 barrages ou plus qui retiennent le sol et commencent à filtrer l’eau. Nous y avons planté beaucoup d’arbres nouveaux. »

« Aujourd’hui, en voyant les résultats, plusieurs autres communautés demandent à faire partie du programme, » conclut M. Baker.



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Dernière mise à jour le 22/09/2017