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Revue n° 23, 1996

Science, religion et stratégie pour le développement mondial

Note de la rédaction : La perspective exposée ci-après est extraite d’une déclaration plus longue, intitulée « Vers une Humanité Prospère », et a été publiée au début de l’année dernière par la Communauté internationale bahá’íe à l’occasion du Sommet mondial pour le développement social.

L’épanouissement d’une société mondiale demande des capacités qui dépassent tout ce que l’espèce humaine a été capable de réunir jusqu’ici. Pour y arriver, il faudra augmenter considérablement l’accès des individus et des organisations sociales à la connaissance.

L’éducation généralisée sera, certes, une compagne indispensable de ce processus, mais l’effort ne réussira que dans la mesure où les affaires humaines seront réorganisées de sorte qu’individus et groupes aient la possibilité d’acquérir la connaissance pour l’appliquer à la transformation de la société.

Au cours de l’histoire, deux sources de connaissance permirent à la conscience humaine d’exprimer progressivement ses potentialités: la science et la religion. Ce sont elles qui organisèrent l’expérience humaine, qui structurèrent son environnement; c’est par elles que ses pouvoirs latents s’exprimèrent, que sa vie morale et sa vie intellectuelle furent disciplinées. Elles furent les vrais parents de la civilisation.

Aujourd’hui, le respect pour la science est presque universel, et il n’est pas nécessaire d’insister sur le sujet. Dans le contexte d’une stratégie de développement économique et social, la vraie question serait plutôt de savoir comment organiser les activités scientifiques et techniques.

S’il s’agit de préserver le privilégier des élites en place vivant dans un petit nombre de nations, il est évident que l’énorme fossé qu’une telle organisation a déjà créé entre les riches et les pauvres de la planète continuera de s’élargir, avec les conséquences désastreuses pour l’économie mondiale déjà notées plus haut. Si la plus grande partie des peuples continue d’être considérée avant tout comme un ensemble de consommateurs de produits que la science et la technique ont créés ailleurs, on pourra difficilement baptiser “développement” des programmes soi-disant organisés pour servir les besoins de l’humanité.

La croissance de l’activité scientifique et technique est donc un défi aussi énorme qu’important. Des instruments de transformation sociale et économique aussi puissants ne doivent plus être le patrimoine de certains agents privilégiés de la société aux dépens des autres; il est nécessaire de les réorganiser de telle sorte que tous puissent y participer, selon leurs capacités.

Réorganiser signifie ici créer des programmes qui mettent à la disposition de tous ceux qui peuvent en tirer profit, l’éducation nécessaire à leur participation et établir, dans le monde entier, des centres d’apprentissage fonctionnels qui permettront de développer la capacité des peuples à participer au développement et aux applications de la connaissance.

En effet, une stratégie du développement bien comprise implique, d’une part, qu’on reconnaisse la grande différence de capacité entre individus, et d’autre part, qu’on donne les moyens à tous les peuples du monde d’approcher sur une base égale cette science et cette technique auxquelles ils ont droit.

Quoique de nature différente, les défis que devra relever l’humanité dans sa vie religieuse sont aussi impressionnants. L’idée que la nature humaine a une dimension spirituelle – en réalité, que son identité fondamentale est spirituelle – est une vérité qui, pour la vaste majorité du monde, n’a pas besoin de démonstration.

Cette perception de la réalité, découverte dès l’aube de la civilisation, fut entretenue pendant des millénaires par chacune des grandes traditions religieuses du passé. Ses accomplissements durables dans le domaine des lois, des arts et dans l’amélioration des relations humaines donnent à l’histoire épaisseur et sens. Sous une forme ou une autre, les apports de la religion influencent au quotidien la vie de la plupart des gens sur terre et, comme le montrent dramatiquement aujourd’hui les événements, les désirs qu’elle éveille sont inextinguibles et incroyablement puissants.

A l’évidence, des capacités si universelles et si créatives doivent être mises à contribution pour promouvoir le progrès humain. Alors, pourquoi les questions spirituelles que se pose l’humanité ne sont-elles pas au cœur du discours sur le développement? Pourquoi la plupart des priorités – comme la plupart des convictions qui les fondent – sur l’ordre du jour du développement international n’ont-elles été jusqu’à maintenant déterminées que par ces conceptions matérialistes auxquelles seule une petite minorité de la population du monde adhère ?

On peut objecter que les questions morales et spirituelles ayant été historiquement affligées de doctrines théologiques conflictuelles et non objectives ne peuvent être intégrées à l’ensemble des préoccupations concernant le développement de la communauté internationale. Leur accorder la moindre importance reviendrait précisément à ouvrir la porte à ces influences dogmatiques qui ont nourri tant de conflits sociaux et freiné le progrès humain.

Cet argument est vrai dans une grande mesure. Les tenants des différents systèmes théologiques portent une lourde responsabilité, non seulement pour la mauvaise réputation que s’est acquise la religion aux yeux de la plupart des penseurs progressistes, mais aussi pour les inhibitions et les déformations de l’éternelle réflexion spirituelle de l’humanité.

Néanmoins, en conclure que la réponse consiste à décourager la recherche des réalités spirituelles en ignorant les racines les plus profondes de la motivation humaine est une illusion évidente. L’histoire récente montre que chaque fois qu’une telle censure a été appliquée, elle a eu pour seul résultat la prise en main du futur de l’humanité par une nouvelle orthodoxie, affirmant que la vérité est amorale et que les faits sont indépendants des valeurs.

Sur le plan social, la religion a remporté ses plus grands succès dans le domaine moral. Grâce à ses enseignements et par l’exemple de vies qu’ils illuminèrent, la plupart des gens, à toutes les époques et en tous lieux, développèrent la capacité d’aimer. Ils apprirent à discipliner l’aspect animal de leur nature, à faire de grands sacrifices pour le bien commun, à pratiquer le pardon, la générosité et la confiance, à utiliser la richesse, et d’autres ressources, de manière à servir à l’avancement de la civilisation.

Des systèmes furent institués pour traduire sur une vaste échelle ces avancées morales en normes de vie sociale. Aussi obscurcis qu’ils aient pu être par des accrétions dogmatiques et détournés de leur but par des conflits sectaires, les élans spirituels suscités par des personnages transcendants comme Krishna, Moïse, Bouddha, Zoroastre, Jésus et Muhammad exercèrent l’influence la plus profonde sur le processus civilisateur de la personne humaine.

Ainsi, un dialogue constant et dense entre la science et la religion pourra grandement faciliter la capacité de l’humanité à accéder à la connaissance.

C’est un truisme – cela devrait l’être aujourd’hui, en tous cas – que d’affirmer que dans chaque sphère de l’activité humaine et à chaque niveau, toute découverte et toute technique représentant une réussite scientifique devrait chercher dans le domaine spirituel et éthique les directives pour une application appropriée.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017