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Revue n° 23, 1996

Se préparer à la prochaine étape de l’évolution de l’humanité

Le Quatrième Dialogue international sur la transition vers une société planétaire, tenu près de Washington, DC, cherche comment aplanir la voie vers un avenir pacifique

COLLEGE PARK, Maryland, États-Unis — Depuis cinq ans, quelques universitaires, scientifiques, chefs religieux et hommes politiques se réunissent régulièrement pour débattre de la question de savoir si la civilisation planétaire qui s’approche à grands pas incarnera les craintes les plus sombres ou les espoirs les plus chers de l’humanité.

Organisées sous la bannière du Dialogue international sur la transition vers une société planétaire, ces réunions s’appuient sur la conviction que l’avènement d’une société planétaire est inévitable et imminent. Les signes d’intégration complète des économies du monde, le mélange de ses systèmes sociaux et culturels et la prolifération des nouvelles technologies témoignent, à l’évidence, de cette réalité nouvelle.

Selon les organisateurs de ces réunions, la question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment gérer la transition vers une société planétaire afin que le vieux rêve de paix et de prospérité longtemps caressé par les hommes devienne réalité – plutôt que de vivre le cauchemar d’une planète plongée dans le chaos parce que l’humanité n’a pas su passer à l’étape suivante de l’évolution de la société.

Comme les précédents Dialogues, celui-ci a rassemblé une constellation de chercheurs, hommes politiques et directeurs de pensée. En fait, de nombreux signes ont montré que les Dialogues avaient désormais atteint un nouveau stade d’échange et de reconnaissance et qu’ils prenaient une importance de plus en plus grande dans le débat mondial sur les effets de la mondialisation.

Le Dialogue a accueilli un chef d’État et un ancien chef d’État. Le Président des îles Marshall, Amata Kabua, a prononcé un important discours, de même que l’ancien Président du Liban, Amine Gemayel. Aux dires du président de l’Université de Maryland, William Kirwan, le Vice-président américain, Albert Gore bien qu’absent, aurait « approuvé la réunion avec enthousiasme ».

Plusieurs personnalités religieuses ont également assisté à cette réunion, Madame Mary Rabbání, haute dignitaire de la Foi bahá’íe et M. Karan Singh, de l’Inde, chercheur hindou éminent et chef spirituel.

Compte tenu de la grande diversité des participants, venus de 22 pays, le Dialogue fut remarquable en ce sens qu’un consensus s’est dégagé sur le fait que la clé de la transition de l’humanité vers une société mondiale se trouve dans le respect des valeurs morales et, plus précisément, dans le progrès d’une nouvelle éthique universelle.

« Le phénomène de “rétrécissement” du monde a pour principale conséquence qu’il nous oblige à agir comme si nous étions tous des voisins » dit le Président Gemayel. « Et ce voisinage s’étend à tous les citoyens de la planète, qu’ils habitent la maison à côté ou à des milliers de kilomètres. »

« Le succès de tout effort en ce sens sera possible et durable si nous sommes guidés par des valeurs vraies, par une éthique universelle qui inspire nos actions et imprègne l’esprit et la manière dont nous sommes gouvernés, » a ajouté le Président Gemayel. « Les valeurs dont je parle sont éternelles; c’est à dire qu’elles sont défendues depuis des siècles par les grandes religions et par les plus grands penseurs politiques depuis Aristote et Platon. Elles comprennent le respect de la vie, la liberté et la justice. »

L’idée selon laquelle nos valeurs collectives détermineront la mesure dans laquelle l’humanité réussira la transition vers une société mondiale, fut reprise de nombreuses fois pendant les trois jours de réunion, du 15 au 17 octobre.

Bertrand Schneider, Secrétaire général du Club de Rome, parla des défis mondiaux posés par la révolution de l’information. « Même dans les sociétés les plus sophistiquées et les plus tolérantes, les nouvelles technologies soulèvent à propos des valeurs culturelles des questions difficiles à résoudre, » dit M. Schneider. « En soient, les technologies peuvent être neutres: les difficultés tiennent à la manière dont elles sont utilisées. Si la télévision par satellite et le réseau Internet n’étaient utilisés qu’à des fins éducatives, il n’y aurait aucun problème. Mais, que faire lorsqu’on les utilise au service de la pornographie, en particulier lorsqu’elle implique des enfants, pornographie que même les esprits les plus ouverts jugent répugnante ? »

La réponse, selon Bertrand Schneider, se trouve dans les nouvelles valeurs de la coopération. « La progression vers une société globale nous offre des occasions extraordinaires de réunir nos ressources intellectuelles et économiques pour attaquer nos problèmes communs au lieu de doubler nos efforts ou, ce qui est pire, de les utiliser l’un contre l’autre. Chacun reconnaît qu’il est plus raisonnable que les spationautes russes, américains et européens collaborent, comme ils le font aujourd’hui au lieu de se faire concurrence. Nous avons besoin de cette même coopération et de cette même solidarité ici bas: si nous nous y mettons tous, nous avons plus de chance de résoudre les problèmes qui nous déconcertent aujourd’hui. Pour cela, les connaissances à elles seules ne suffisent pas; nous avons aussi besoin de sagesse. »

Pour Prof. Ervin Laszlo, spécialiste de renommée internationale dans le domaine de la théorie de l’évolution et des systèmes, la gestion de la transition est une affaire de choix collectif de l’humanité.

« Nous sommes dans une période de transition et comme chaque grande transition, celle-ci a sa logique propre, » ajouta le professeur Laszlo. « Ce n’est pas le passé qui nous dicte ce que sera l’avenir, ce n’est pas non plus un événement au hasard. C’est un chaos déterministe. Beaucoup de liberté reste possible. Ce qui n’est pas possible, c’est de rester le même ou d’y échapper. Par conséquent, le changement est une nécessité. Toutefois, le changement n’est pas prédéterminé. Dans tout grand bon évolutionniste, le succès, comme l’échec, est possible. »

La clé du succès, reprit le professeur Laszlo, un doigt pointé sur son front, « elle est écrite ici, dans nos esprits et dans les valeurs que nous respectons ».

Les chefs religieux présents au Dialogue ont eux aussi souligné l’importance des valeurs et suggéré que toute recherche d’une éthique universelle capable de guider la transition de l’humanité devrait commencer par l’examen des valeurs morales qui sous-tendent toutes les grandes religions du monde.

M. Karan Singh dit que l’hindouisme, comme presque toutes les grandes religions, enseigne « la présence du divin en toutes choses »et que « l’étincelle du divin est présente dans chaque être humain ». Ceci étant, nous pouvons voir que « si nous renfermons tous en nous l’étincelle divine, l’humanité est alors une famille élargie. C’est ce qui doit être la note dominante de la société mondiale ».

« La religion, » ajoute encore M. Singh, « peut être le fondement de l’unité de la race humaine. Elle seule peut constituer ce fondement ».

Pour Madame Rabbání, la “règle d’or” que l’on trouve dans toutes les religions constitue aussi le fondement de cette éthique universelle, la seule chose qui soit capable de promouvoir la compréhension et la tolérance. Elle demanda instamment aux dirigeants du monde de dépasser les vues nationalistes étroites.

« La philosophie politique actuelle et nombre de ses adeptes sont trop souvent guidés par le fanatisme et l’opportunisme, les préjugés dus à l’ignorance et des ambitions purement personnelles, » dit Madame Rabbání. « Je préfère une conception du pouvoir différente, large, plus altruiste. »

« Le pouvoir devrait être défini comme l’obligation sacrée d’accomplir le plus grand bien pour le plus grand nombre,» ajoute-t-elle. « Dans le contexte actuel, cela signifie que le monde entier, et ceux qui sont au pouvoir, agissant en tant que légataires du Créateur Lui-même, doivent Lui rendre compte de leurs actes. Ils sont donc obligés de se considérer non comme les représentants de petites circonscriptions locales mais comme les représentants de tout ce qui vit sur la terre; ils devraient juger les hommes avec le souci de la justice, reconnaître que les décisions qu’ils prennent dans cet esprit préserveront sûrement leurs intérêts nationaux tout en préservant le bien-être de l’ensemble – en d’autres termes, l’humanité. Je pense que ces deux principes – responsabilité mondiale et responsabilité spirituelle – caractériseront les institutions gouvernementales qui seront celles de la société mondiale de demain. »

Certains chefs laïques présents au Dialogue ont fait écho à l’appel lancé en faveur de la prise en compte des valeurs religieuses dans la recherche d’une orientation politique.

Le Président Kabua dit qu’une nouvelle société mondiale ne se construira que par « l’interaction créative de systèmes de connaissance religieux et scientifiques de manière à modifier fondamentalement nos habitudes et nos attitudes ».

Dans le passé, la science et la religion ont toutes les deux été la cause d’immenses progrès et de terribles horreurs, dit le Président Kabua. La science a promu de « grandes inventions et des entreprises colossales » mais elle a aussi « renforcé la capacité de l’humanité à tuer des centaines de milliers de personnes. »

De même, « malgré l’influence de la religion dans l’édification de la civilisation mondiale, l’histoire – passée et présente – témoigne amplement des actes de barbarie commis en son nom ».

Ce n’est qu’à travers la fraternité et l’unité humaine, conclut le Président Kabua, que la science et la religion peuvent ensemble produire leurs fruits les plus beaux. Dans ce contexte, « la religion dont le but est d’unir les hommes sera une force puissante au service de l’harmonisation de nos besoins spirituels et matériels et du progrès ».



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Dernière mise à jour le 20/09/2017