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Revue n° 2, 1989

Véritables confessions : le voyage d’un homme au-delà des préjugés


« To Be One: A Battle Against Racism »
Par Nathan Rutstein
George Ronald
Oxford

A Chicago, en été 1953, le journaliste Nathan Rutstein a partagé un appartement avec un jeune noir… Il a accepté sa présence sans l’avoir vu, sur la recommandation d’un ami commun : c’est ainsi que commence, par cette anecdote, ce récit intensément personnel du combat d’un homme contre le racisme.

A cette époque, M. Rutstein venait de terminer ses études supérieures, et il raconte de quelle façon il se croyait extrêmement libéral en matière de racisme. Au cours de ses études secondaires, il s’était enthousiasmé pour le progrès des droits civiques et il refusa d’adhérer à une Fraternité étudiante qui usait de discrimination contre ceux qui n’étaient pas blancs.

Cependant, partager l’appartement d’un noir a engendré chez M. Rutstein des sentiments, qu’il n’avait pas connus jusque-là, à la fois de supériorité et de crainte. Son compagnon travaillait en tant que conducteur d’autobus, dans l’équipe de nuit et M. Rutstein restait éveillé très tard, à l’attendre, sans pouvoir dormir.

« Je ne pouvais pas dormir car j’étais effrayé, craignant que Peter rentre soûl ou qu’il amène un groupe de drogués du ghetto noir de son enfance. Lorsque ces pensées me saisissaient, je ressentais également de la honte. Comment pourrais-je avoir des pensées si horribles? me demandais-je. Et pourtant c’était le cas - elles jaillissaient du plus profond de mon être... »

C’est dans cette candeur que réside la puissance de ce livre. M. Rutstein, Américain blanc d’origine juive, décrit avec une grande honnêteté comment il en est venu à reconnaître les racines profondes du racisme dans sa propre conscience, et son combat par la suite pour surmonter ces préjugés.

Bien qu’il se situe dans le cadre du combat pour les droits civiques aux Etats-Unis, ce livre a un accent universel, il concerne le problème mondial des luttes raciales et ethniques.

Cette universalité vient de l’honnêteté avec laquelle M. Rutstein raconte son propre combat pour surmonter des sentiments racistes, et finalement, sa réussite. Bien qu’il ait peu recours aux statistiques et qu’il évite la rhétorique, le récit de M. Rutstein peut être considéré comme l’exemple type de l’examen de conscience auquel chacun doit se livrer si les hommes et les femmes du monde entier veulent se libérer de tout vestige de racisme.

Dans l’obscurité, et en attendant le retour de son compagnon, M. Rutstein pense à la façon dont ses expériences d’enfant l’ont influencé quant à son attitude envers les noirs. Son père avait autrefois proposé d’ouvrir un magasin de boissons alcoolisées dans le secteur noir de la ville parce que « les gens de couleur aiment beaucoup boire ». Lorsqu’un couple afro-américain bien habillé a exprimé le souhait d’acheter une maison située en face de la sienne, son père a ouvertement exprimé la crainte que le quartier ne devienne un “bas quartier”.

« Au bout d’un certain temps, il devint évident de quelle façon ces incidents ont pu renforcer l’impression que j’avais des noirs à cette époque » écrit-il. « Ce qui me laissait stupéfait c’est que ces incidents me paraissaient innocents, et puis je pensais à tous les autres hommes et femmes qui avaient eu des expériences analogues ».

En tant que journaliste, M. Rutstein a fait des reportages sur le mouvement des droits civiques entre 1960 et 1970, et par la suite, dans les années qui ont suivi 1970, il a rencontré les mêmes problèmes en tant qu’enseignant. Il conclut peu à peu que le racisme est, avant tout, une maladie sociale. Pour apporter un vrai remède, il faut d’abord reconnaître sa maladie et chercher à la vaincre.

En outre, il conclut que les mouvements sociaux, les lois et autres projets d’intérêt général sont indispensables dans la bataille pour mettre fin au racisme, mais que seule la réflexion individuelle peut modifier les attitudes qui encouragent la discrimination raciale.

Pour M. Rutstein, l’instrument le plus puissant de sa propre transformation a été sa pratique de la Foi bahá’íe. Il dit clairement que la prière et la méditation ont joué un rôle clé pour l’aider à reconnaître ses propres tendances racistes et à les modifier.

« ... surmonter le racisme, c’est comme surmonter l’alcoolisme ! Ce qu’il y a de plus important c’est de reconnaître sa maladie. S’efforcer de trouver la bonne aide est indispensable et il est nécessaire de suivre la prescription ... J’ai trouvé que les enseignements de ma foi étaient essentiels pour résoudre mon problème ».

Les bahá’ís d’Amérique ont été obligés moralement de s’attaquer au problème racial bien avant la Première Guerre mondiale, soit quelque 40 ans avant que le mouvement pour les droits civiques attire l’attention dans les années qui ont suivi 1950. M. Rutstein a tiré son inspiration de la vie d’ ‘Abdu’l-Bahá, fils du fondateur de la Foi bahá’íe qui, lors d’une visite en Amérique en 1912, déclara que la division raciale des Etats-Unis était un problème-clé de ce pays et mit en garde contre le sang qui coulerait si cette question n’était pas rapidement résolue. ‘Abdu’l-Bahá encouragea en particulier un mariage bahá’í entre deux personnes de race différente qui étaient proches de lui, en soulignant sans équivoque l’objectif de l’enseignement bahá’í sur l’unité des races.

Le livre se termine par le récit de la façon dont M. Rutstein et un groupe de voisins concernés se sont organisés pour relever le défi du racisme dans leur propre communauté, en mettant l’accent sur le système scolaire local de la vallée centrale du Massachusetts où vit actuellement M. Rutstein.

Mis au courant d’attaques raciales contre un élève noir du secondaire, M. Rutstein a aidé à organiser un groupe local de citoyens, le “Pioneer Valley Force For Racial Unity”. Ce groupe a réussi, grâce à une série de rencontres avec la direction du collège, avec des habitants de la ville, et avec des médias locaux, à introduire des modifications importantes dans l’administration et les programmes de ce collège.

La fin du livre est optimiste et, comme son développement, témoigne de ce que peut faire une personne qui décide de changer et qui fait des efforts de bonne foi pour promouvoir le changement dans sa communauté.



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Dernière mise à jour le 18/12/2017