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Revue n° 26, 1996

Le défi du développement


Le Scandale et la Honte
Bertrand Schneider
Club de Rome Édition du Rocher
Monaco, 1996

« Il existe un scandale financier à l’échelle de la planète, que personne n’avait jamais osé aborder jusqu’ici, bien qu’il porte sur des centaines de milliards de dollars et qu’il existe depuis quarante ans maintenant » – c’est avec ce constat d’un échec moral d’une portée inimaginable que Bertrand Schneider, secrétaire général du Club de Rome, membre de l’Académie mondiale des arts et des sciences et conseiller écouté en matière de stratégie de développement crie au scandale et à la honte dans son dernier livre.

Le titre provocateur est censé interpeller le lecteur et faire appel à notre conscience collective devant ce qui touche notre vie sur la planète et les responsabilités qui en découlent.

Si à première vue l’auteur soumet le système de l’aide au développement à une rude épreuve et dénonce à force d’arguments incontestables les méthodes et pratiques défaillantes, il ne se contente guère de s’arrêter là. En tant qu’observateur averti et acteur concerné, Bertrand Schneider nous guide savamment vers ce qui devrait être un développement capable d’éliminer la pauvreté et de permettre aux habitants de la planète de bénéficier d’un minimum de bien-être et de bonheur où qu’ils se trouvent.

Pour répondre aux critiques du système de l’Organisation des Nations Unies, il rappelle les limites imposées par la propre charte de cette dernière à son fonctionnement efficace.

« Il ne peut y avoir de développement durable et efficace s’il ne se met pas en place, à l’échelle des pays pauvres comme à celle des pays riches, un véritable système de prise de décisions et de contrôle » écrit-il.

L’auteur souligne en outre la nécessité d’adopter « une vision commune du développement ». « Au fond de cette démarche fondamentale se trouve l’obligation éthique et politique, dont il nous faut convaincre les gouvernements du Sud comme du Nord, d’adhérer à une vision commune, à un concept du développement » et il déplore qu’« aucun débat n’a jamais été engagé jusqu’ici sur ce problème de fond. Et pourtant le simple bon sens demande qu’une stratégie globale de développement soit mise en place ».

Bertrand Schneider ne se contente pas de constater les échecs du passé et d’annoncer les menaces du futur. Il esquisse plutôt un plan d’action audacieux et concret qui, il y a encore quelques années, aurait été certainement jugé utopique et irréalisable.

Au centre de ce vaste programme se trouve « l ’être humain, dans toutes ses dimensions rationnelles et irrationnelles, intellectuelles, morales et spirituelles, dans ses deux sexes féminin et masculin, dans tous ses âges, de la naissance à la vieillesse » qui « doit être au centre du développement ». « Il doit être le noyau – tout doit partir de lui, tout doit revenir à lui ».

« L’initiative doit désormais provenir du Sud – et non du Nord – qui doit formuler ses objectifs de développement et ses priorités », dit l’auteur qui ensuite souligne la nécessité d’un réel partenariat économique, de la préservation de l’environnement, de la maîtrise de l’utilisation des marchés, de la collaboration internationale, du bon usage des technologies modernes associées aux savoirs traditionnels et de l’accès aux moyens de communication et d’information.

Tous les acteurs du processus de développement sont ensuite invités à s’engager sans tarder dans la mise en oeuvre de la stratégie WISE, qui signifie «sage» en anglais pour « The Well-being for Individuals and Societies Everywhere » ou en français « le bien-être des individus et des sociétés partout ». Cette approche met en avant « l’éducation », « la maîtrise de la démographie », « l’accès à la propriété terrienne » et propose « une stratégie radicalement nouvelle de financement du développement » basée sur le « renforcement du rôle de la société civile ».

Et à l’auteur de conclure en écrivant : « Les problèmes que nous avons évoqués représentent tant de souffrances humaines, tant d’injustices, un tel scandale, une telle honte pour l’humanité toute entière que le temps ne peut plus attendre... Ce n’est pas la moindre des contradictions dans laquelle nous nous débattons. Mais c’est une exigence supplémentaire pour ne pas perdre de temps, car ici plus qu’ailleurs le temps revêt une valeur éthique »; il n’est pas question pour Bertrand Schneider de présenter un programme complet de solutions mais de provoquer un débat qui impliquerait « aussi bien les agences des Nations Unies que les gouvernements, les ONG et les différents secteurs de la société civile, autant les pays développés que les pays sous-développés ».



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Dernière mise à jour le 18/12/2017