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Revue n° 27, 1997

Une collaboration particulière entre comédiens comiques: Omid Djalili et Annabel Knight

LONDRES — Rentrant chez lui à Hounslow, après un spectacle donné au Bearcat Comedy Club, Omid Djalili n’a pas été tendre avec lui-même.

« Je n’ai pas crevé le plafond » dit-il, déçu par la réaction à sa première grande apparition au Bearcat, l’une des meilleures scènes de Londres pour les comédiens qui montent. « J’ai mal jugé le public et fait des plaisanteries non adaptées. Je connais plein de blagues que j’aurais pu utiliser. »

En fait, le jeu de ce comédien de 31 ans a fait franchement rire. Sa caricature habile et provocatrice des conflits suscités par la présence de différentes identités culturelles au sein de la société britannique, de même que sa manière spirituelle de raconter de longues histoires sans queue ni tête ont déclenché pas mal de réaction. Surtout, la direction du club, très satisfaite, a déclaré après coup qu’elle le réinviterait régulièrement.

« Il est très bon, » dit James Dunnett, directeur du Bearcat. « Il sait bien contrôler le public. Et, dans son genre, il est seul. Il va à coup sûr dans la bonne direction. »

L’avenir semble donc sourire à M. Djalili, l’un des nouveaux acteurs comiques britanniques le plus drôle depuis longtemps. En juillet, il a reçu le prix du « Meilleur acteur comique » de 1996 lors de l’émission télévisée populaire « The Big, Big Talent Show » présentée sur la chaîne nationale ITV, sorte de vitrine des nouveaux artistes.

En fait, le spectacle auquel la critique a consacré l’un de ses meilleurs papiers est un « one-man show » mis en scène par la femme de M. Djalili, Mme Annabel Knight, elle-même actrice. Ce spectacle intitulé « A Strange Bit of History » a reçu le prix du « Nouveau spectacle le plus remarquable » à Édimbourg en 1994.

« A Strange Bit of History » est un spectacle d’avant-garde où M. Djalili joue plus d’une douzaine de rôles, depuis celui d’un chamelier égyptien du 19ème siècle jusqu’à celui d’un poète parasite de Liverpool des temps modernes. L’histoire met en scène certains événements qui ont marqué les débuts de la Foi bahá’íe, vers le milieu des années 1880 où quelque 20 000 disciples ont été condamnés à mort par les autorités religieuses qui voulaient anéantir la nouvelle foi.

En janvier dernier, le critique du magazine « What’s On », Douglas Mc Pherson, a salué une production de Djalili aux Studios Riverside en ces termes : « Avec un dynamisme et un talent remarquables, Djalili retrace ces événements en esquissant un portrait rapide de ceux qui étaient par terre à l’époque. Il en résulte un jeu à la fois éblouissant et désopilant dû au rythme de Djalili et à son talent pour les accents et les mimiques. Il imite toutes les nationalités et les deux sexes avec une totale facilité et ne lasse jamais le spectateur.

« Lorsque vous riez aux larmes, c’est presque une expérience spirituelle, » affirme M. Djalili. « Vous sortez de vous-mêmes. Vous êtes soulagé et dans un état d’élévation morale qui vous rend heureux; c’est ça la comédie au plus haut niveau. »

« Quand j’étais enfant, nous avons accueilli à la maison un nombre incalculable de personnes, » dit-il. « Mon père racontait toujours des blagues, et elles étaient toujours drôles. J’ai donc grandi dans cette atmosphère, dans une famille qui, bien qu’installée à Londres, était un microcosme de l’Iran où défilaient toutes sortes de personnages issus de toutes les classes de la société. »

Une autre influence de jeunesse est celle de l’école secondaire. M. Djalili a fréquenté Holland Park, une école multiculturelle de type expérimental unique en son genre au cœur de Londres. « Il y avait alors dans cette école des élèves de 44 pays différents, » explique-t-il, ajoutant que c’est probablement là qu’il a développé cette faculté d’imiter les différents accents – un talent qu’il a depuis perfectionné et qui figure dans son numéro.

Il a étudié l’anglais et l’art dramatique à l’université d’Ulster dont il est sorti diplômé en 1988. De retour à Londres, il a postulé pour 16 écoles d’art dramatique différentes – et a été rejeté par toutes ces écoles. « Je pense qu’elles m’ont jugé trop individualiste » dit-il.

Comme tout acteur qui doit se battre, M. Djalili a vécu de petits travaux, vendant des sandwichs, livrant des machines à écrire ou faisant du porte à porte pour vendre des livres de cuisine jusqu’au jour où il a obtenu des rôles dans les théâtres « expérimentaux » de Londres. Petit à petit, il est devenu connu pour son aptitude à imiter un certain nombre de caractéristiques ethniques, les italiens aussi bien que les latino-américains et il a même décroché des petits rôles au cinéma.

En 1989, il rencontre Mme Knight au mariage d’un ami commun. Bahá’ís tous les deux, ils se sont découvert de nombreux points communs et se sont mariés en 1992. Et c’est peu de temps après leur mariage alors qu’ils travaillaient ensemble à la mise en scène de plusieurs pièces expérimentales en République tchèque qu’ont été jetées les bases de la pièce de Mme Knight ayant reçu un prix : « A Strange Bit of History. »

Le couple s’était rendu en Europe de l’est dans le cadre d’échanges culturels, profitant de la nouvelle ouverture après la chute du communisme. Ils se sont retrouvés au Centre du théâtre expérimental de Brno où ont été jouées certaines des premières pièces de Vaclav Havel; ils ont ensuite fait des tournées à travers le pays, donnant des spectacles et organisant des ateliers de théâtre.

Fin 1993, ils étaient très connus en République tchèque. Ils ont alors été invités en Écosse au Festival d’Édimbourg et ont décidé d’écrire quelque chose de nouveau à cette occasion où des centaines de compagnies théâtrales du monde entier avaient la chance inouïe de pouvoir présenter des nouvelles pièces et des nouveaux talents. Par ailleurs, Mme Knight attendant un enfant, ce qui l’empêchait de jouer, décida d’écrire un one-man show pour son mari traitant de façon terre à terre un thème plutôt noble: la recherche de la vérité face à une violente persécution religieuse.

Par le biais d’une surprenante association de personnages – dont un tortionnaire iranien curieusement enclin à l’introspection et chargé d’exécuter les premiers bahá’ís – la pièce est divertissante tout en appelant à la réflexion. Depuis son lancement à Édimbourg, elle a reçu des critiques élogieuses et attiré une foule de spectateurs dans les théâtres d’avant-garde de Londres.

Une collaboration qui dure

La collaboration entre M. Djalili et Mme Knight est totale et cette dernière continue à écrire et à guider le travail de son mari.

« Au début, alors que nous élaborions le scénario de « A Strange Bit of History », nous travaillions de minuit à cinq heures du matin parce que nous étions sûrs que nos enfants dormaient » dit M. Djalili. « Et pendant ce temps, nous nous sommes en quelque sorte mis sur la même longueur d’onde. C’est de la communication pure. Nous pouvons être entièrement honnêtes l’un envers l’autre. C’est la relation de travail dans sa quasi
perfection. »

Aujourd’hui, Mme Knight aide M. Djalili à élaborer et à cibler ses textes. « Si un gag déclenche un rire mais me rabaisse en tant qu’acteur comique ou s’il est cru, Annabel me le dira. Et je suis absolument convaincu qu’elle a raison. »

Des clubs aux écoles

La fait d’avoir une vie familiale stable est certainement un autre élément qui place M. Djalili dans une catégorie à part vis-à-vis des autres jeunes comédiens qui se disputent une place dans les clubs.

Mais c’est son origine iranienne et sa volonté d’y rattacher ses plaisanteries qui reste actuellement sa plus grande originalité. Si la comédie ethnique a longtemps marché aux États-Unis, elle n’a pas encore gagné entièrement le public britannique.

« C’est un produit rare, » dit Nigel Klarfeld, directeur de Bound and Gagged, agence pour les comédiens et imprésario de M. Djalili pour les clubs. « Nous n’avons pas d’autres comédiens iraniens ni ici ni ailleurs. Il n’y a pas à Londres d’autres comédiens originaires du Moyen-Orient ni même du sud de l’Europe. Pourtant, son humour est complètement accessible, peu importe votre pays d’origine, » ajoute Klarfeld, imprésario de près de 110 comédiens. « Il tire sa force de sa double formation d’acteur et de comédien et peut ainsi être plus éclectique. »

Le lendemain de son spectacle au Bearcat, M. Djalili a appris qu’il était demandé par les producteurs d’une nouvelle émission de télévision pour présenter plusieurs sketchs originaux concernant un pilote. Si la représentation est bonne, dirent ses agents, nous pourrons envisager de l’engager régulièrement.

Malgré ces succès et d’autres signes prometteurs, M. Djalili entend bien garder les pieds sur terre. Il va par exemple dans les écoles pour parler de son travail et du multiculturalisme.

Après son spectacle au Bearcat, il s’est adressé dès le lendemain matin à une classe d’élèves de 12-13 ans au lycée de Walford, agglomération de l’ouest de Londres où la population asiatique est majoritaire.

Il a commencé en racontant une histoire vraie qu’il raconte souvent dans ses sketchs illustrant par le rire, le comique pouvant résulter du face à face entre deux cultures. La blague a beaucoup fait rire et M. Djalili a saisi ce moment pour élargir son propos. « Ce que j’essaie de faire avec mes histoires, c’est de montrer que quelle que soit la culture à laquelle vous appartenez – antillaise, pakistanaise, indienne, irlandaise ou britannique – il faut essayer de se comprendre. On devrait toujours respecter la culture des autres et les aider à être eux-mêmes. »

« Beaucoup de gens ne sont satisfaits que lorsqu’ils rabaissent quelqu’un, » ajoute-t-il. « Mais ce que vous ne réalisez sans doute pas très bien c’est le pouvoir qui est en vous. Chacun d’entre vous est une mine de pierres précieuses. Vous devez vous encourager mutuellement et partager votre culture avec les autres. »



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Dernière mise à jour le 25/09/2017