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Revue n° 27, 1997

Le microfinancement : un outil puissant au service de la transformation sociale

Recherchant des mesures pratiques pour réduire la pauvreté et ses effets démoralisants sur les hommes et la planète, le microfinancement offre un ensemble d’outils performants au service du développement économique et social.

Pour résoudre les problèmes liés à la malnutrition ou à la maladie, freiner l’exode des ruraux qui viennent chercher du travail dans les villes, empêcher la dégradation de l’environnement ou l’éclatement des familles et des communautés, les programmes offrant des prêts limités et une formation économique à des individus sans ressources constituent l’un des aspects les plus prometteurs du nouveau modèle de développement.

Au cours des vingt dernières années, des programmes visant à développer le microcrédit, l’épargne, la formation professionnelle et la fourniture d’autres services connexes ont amélioré les revenus et le pouvoir économique de près de huit millions d’individus à travers le monde.

Un Sommet sur le microcrédit s’est tenu à Washington, D.C. en février 1997. Aboutissement de 20 mois de préparatifs, ce Sommet avait pour but de rassembler les institutions intéressées, recueillir les ressources financières nécessaires et s’assurer de l’engagement mondial de sorte que d’ici l’an 2005, cent millions de familles parmi les plus pauvres du monde – en particulier les femmes – puissent accéder au crédit et à d’autres services financiers.

Bien que certains milieux se montrent encore sceptiques, l’idée de consentir des petits prêts aux pauvres – avec la certitude qu’ils les rembourseront – s’est révélée être parfaitement viable. Le taux de remboursement effectif des prêts octroyés dans le cadre de nombreux programmes de microcrédit est égal, voire supérieur à celui des remboursements de prêts consentis à des grandes entreprises.

Le succès des programmes de microfinancement tient en partie au fait qu’ils sont fondés non seulement sur des principes économiques rationnels mais aussi sur l’application pratique de principes spirituels.

Le mouvement repose sur une conviction: celle de la noblesse intrinsèque de l’homme – de l’intégrité, des capacités innées et de la volonté des pauvres de travailler dur, de prendre en mains leur propre vie et de rembourser leurs crédits. C’est sur ce principe et sur d’autres valeurs essentiellement spirituelles comme la confiance et l’autonomie, que sont basées les méthodologies à partir desquelles les programmes de microfinancement ont été élaborés.

En vertu du principe spirituel de coopération, par exemple, les individus sont incités à rembourser l’argent emprunté et à respecter la notion de coût-efficacité en matière de prêts, en particulier lorsqu’il s’agit de groupes d’individus solidaires et égaux qui se connaissent et se font confiance. Les membres du groupe collaborent pour garantir leur succès mutuel et le remboursement du prêt sans caution physique. Les programmes de microfinancement bénéficient plutôt d’une caution morale en ce sens que le groupe tout entier se porte caution pour un seul individu. Le coût-efficacité est garanti par le fait que les groupes de solidarité sélectionnent eux-mêmes leurs membres, examinent et approuvent les entreprises de ces derniers, tiennent des comptes financiers et même financent et recueillent les prêts individuels.

Ce sont des principes spirituels qui ont permis la découverte et l’application des mesures pratiques entraînant la mise en œuvre des programmes de microfinancement.

Au moment où l’on veut développer le microfinancement dans le monde, les spécialistes du développement et les participants au programme doivent reconnaître et appliquer systématiquement les leçons tirées à ce jour en ce qui concerne les principes spirituels et le pouvoir qu’ont ces principes de mettre en mouvement la transformation économique et sociale.

Par dessus tout, c’est dans la mesure où les programmes de développement s’accordent avec le caractère essentiel de la nature humaine, qui est d’essence spirituelle, qu’ils peuvent renforcer les moyens d’action des individus et orienter leur volonté dans une nouvelle direction.

Par exemple, il devrait être entendu que l’égalité des hommes et des femmes – élément clé du succès des programmes de microfinancement – est en soi un principe spirituel. Dans le monde entier, des femmes ont prouvé qu’elles étaient efficaces en matière d’investissements et de remboursement des dettes, dans le domaine de l’épargne et de l’utilisation des gains pour se procurer essentiellement de la nourriture et des soins médicaux, améliorer leur logement et offrir à leurs enfants une meilleure éducation. Elles en sont sorties grandies aux yeux du monde, de leurs familles et à leurs propres yeux, obligeant l’humanité à mieux comprendre la réalité de l’égalité entre les hommes et les femmes. Le fait de reconnaître le fondement spirituel de ce principe donnera une nouvelle dimension à cette évolution.

Il convient aussi de reconnaître le pouvoir des principes spirituels dans le microfinancement car ce sont eux qui renforcent le sens communautaire.

Certaines institutions de crédit commencent à reconnaître l’importance des organisations populaires - groupes locaux autonomes qui continuent à fonctionner même si l’agence extérieure disparaît. Toutefois, pour réussir, il faut que les gens soient motivés, qu’ils aient la volonté de gérer leurs conflits, d’évaluer et résoudre leurs problèmes et qu’ils éprouvent un sentiment communautaire solide. Que ce soit dans les régions rurales ou urbaines du monde, c’est dans ce milieu communautaire où les personnes se connaissent et se font confiance, où ils apprennent à s’aimer, à se respecter et à coopérer les uns avec les autres, qu’ils tissent des liens et réussissent peu à peu à instaurer une société plus juste, équitable et pacifique.

A l’heure actuelle, cependant, même s’il s’agit de programmes mis en œuvre à travers des groupes de solidarité, la plupart des agences d’exécution mettent plus l’accent sur le progrès de l’individu que sur celui de la communauté. Elles applaudissent au succès de chaque femme, de chaque emprunteur au lieu de considérer l’individu dans le contexte de la communauté. En toute bonne foi, ces agences risquent non seulement de perpétuer une obsession très occidentale de l’individualisme mais aussi de saper le fondement même de la communauté.

Globalement, s’il est certes important d’octroyer des prêts à la moitié des très pauvres du monde pour améliorer leurs revenus, il est plus important encore de le faire de manière qui leur permette en même temps de se sentir moralement grandis et ainsi d’agir plus pour le bien commun que pour son propre intérêt.

Le microfinancement bien mené montre qu’il existe une cohérence dynamique entre les besoins matériels et les besoins spirituels. Ces programmes peuvent ainsi être des outils puissants qui permettent de développer non seulement toutes les capacités de l’individu mais aussi la force de l’unité que révèle la notion de communauté.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017