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Revue n° 27, 1997

Le Sommet mondial de l’alimentation vise à réduire de moitié le nombre des personnes souffrant de la faim

Réunies à Rome, les nations s’appuient sur les nouvelles règles internationales établies dans le cadre d’autres récentes conférences de l’ONU. Toutefois, certains sont restés à l’écart du processus de prise de décision.

ROME — S’appuyant sur les règles internationales en matière d’intégration et de coopération établies dans le cadre de récents sommets et conférences des Nations Unies, les gouvernements présents au Sommet mondial de l’alimentation à Rome ont approuvé un programme général visant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à l’an 2015.

Reconnaissant qu’il est « intolérable » que plus de 800 millions de personnes n’aient « pas de quoi satisfaire leurs besoins nutritionnels élémentaires, » les délégations de quelque 187 gouvernements présents à la conférence se sont mis d’accord sur un « Plan d’Action » en 7 points englobant les notions de développement durable, d’amélioration de la condition de la femme et de participation des gouvernements à la gestion des affaires publiques pour appliquer une nouvelle philosophie internationale au domaine de la production et de la distribution alimentaires.

« Nous réaffirmons qu’un environnement politique, social et économique pacifique, stable et propice est une condition essentielle pour que les États puissent donner un rang de priorité suffisant à la sécurité alimentaire et à l’éradication de la pauvreté, » dit la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire dans le monde, déclaration en 11 points qui précède le Plan d’action de 33 pages. « La démocratie, la promotion et la protection de tous les droits de l’homme et des libertés fondamentales, y compris du droit au développement, et la participation entière et sur un pied d’égalité des hommes et des femmes est indispensable pour bâtir une sécurité durable pour tous. » Parrainé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Sommet mondial sur l’alimentation, tenu au siège de l’organisation du 13 au 17 novembre, a cherché en priorité à replacer le problème de la faim au centre des préoccupations de la communauté internationale et à rassembler le plus grand nombre possible de chefs d’États et de gouvernements.

Qualque 82 dirigeants sont venus au Sommet, un peu moins qu’aux récents Sommets des Nations Unies. Pourtant, les déclarations des gouvernements ont été généralement optimistes sur la Déclaration et le Plan d’Action.

« Résoudre la question de la sécurité alimentaire est une mission difficile et de longue haleine pour l’humanité, » dit le premier ministre chinois, Li Peng. « Toutefois, si on considère la question dans son ensemble, les possibilités l’emportent sur les défis... Aussi longtemps que les pays du monde réuniront leurs efforts et travailleront en étroite collaboration, l’objectif de la sécurité alimentaire dans le monde nous paraît tout à fait accessible. »

« Les hommes ont toujours connu la faim, » dit Anders Wijkman, directeur du Bureau de la politique générale et du programme du PNUD. « La différence aujourd’hui est que nous possédons toutes les ressources et les connaissances nécessaires pour que l’agriculture soit viable. »

Un processus différent

Contrairement à d’autres récentes conférences mondiales des Nations Unies, aucune négociation n’a été engagée pendant l’assemblée finale. Au contraire, il a été demandé aux délégations de présenter les engagements qu’ils allaient prendre à l’égard du plan et qui avaient été convenus lors des négociations préparatoires deux semaines environ avant le Sommet.

Plusieurs représentants d’Organisations non gouvernementales (ONG) ont constaté que le degré d’engagement et de consultation au moment des négociations finales était de plus en plus fort.

C’est ainsi qu’à la quatrième Conférence mondiale sur la femme, tenue en septembre 1995 à Pékin et à la Conférence sur les Habitats humains (Habitat II), tenue au mois de juin dernier à Istanbul, des représentants d’ONG ont pu accéder aux négociations des gouvernements au plus haut niveau, lors des négociations finales, et ils ont pu alors soumettre des commentaires spécifiques sur la rédaction de ces documents finaux.

Bien que la FAO ait demandé aux ONG de faire des commentaires lors d’une série de six consultations avec elles en mars, avril et juin et lors d’une autre consultation ici en septembre, nombre de représentants des ONG présents au Sommet ont rapporté qu’ils s’étaient néanmoins sentis écartés du processus d’action et de prise de décision.

Ce sentiment d’isolement est dû en partie aux imposantes mesures de sécurité prises par le gouvernement italien dont les services de sécurité ont institué un système de laissez-passer à code-couleur qui obligeait les délégations des gouvernements, les ONG et les médias à se cantonner dans certaines parties séparées du bâtiment de la FAO, limitant ainsi les échanges entre toutes les parties.

Nombre de représentants d’ONG se sont alors posé la question de savoir pourquoi ils avaient été invités si les négociations étaient terminées et s’ils n’avaient aucune chance de peser sur les résultats du Sommet.

« Nous sommes un peu déçus parce que nous avons le sentiment de n’avoir pas eu le temps d’exprimer nos points de vue, » dit Venus B. Kimei, secrétaire générale de l’Association tanzanienne des ONG basée à Dar-es-Salaam. « C’est pourquoi nous estimons que tout ce déplacement était inutile. »

La participation des ONG à ce Sommet a été sensiblement moindre par rapport aux récentes conférences de l’ONU. Au total, environ 629 représentants d’ONG étaient accrédités au Sommet – quelque 1200 autres ont assisté à un Forum parallèle, tenu à quelques kilomètres dans une gare de chemin de fer temporairement réaménagée. Par comparaison, plus de 30 000 personnes ont participé au Forum des ONG, à la quatrième Conférence mondiale sur la femme tenue en Chine, 20 000 environ au Forum mondial à Rio et plus de 5 500 au Forum des ONG au Sommet social de Copenhague.

Les représentants de la FAO se sont déclarés favorables à la négociation des documents à l’avance. « L’avantage, c’est qu’en arrivant ici vous savez sur quelle base négocier, » dit Jacques Vercueil qui, en tant que fonctionnaire de la FAO chargé de la Division de l’analyse du développement agricole et financier, a suivi les négociations des gouvernements de bout en bout. « Les désaccords sont derrière nous. Ainsi, le Sommet est un point de départ et non un point d’arrivée. »

Appel à la participation des ONG

M. Vercueil a souligné que chacun des sept engagements énoncés dans le Plan d’Action précise que les gouvernements devraient faire en sorte qu’ils soient mis en œuvre « en collaboration, selon le cas, avec tous les acteurs de la société civile ». Le mot collaboration figure plus de 20 fois dans le document.

« Il est donc bien compris que rien de bon ni de durable ne peut arriver sans la participation de tous les acteurs, » ajoute M. Vercueil.

De nombreux représentants d’ONG présents à Rome se sont félicités du texte du document final qui cherche à promouvoir la notion de collaboration et à considérer l’importance du rôle des femmes et des populations autochtones pour mener à bien le Plan d’Action. Le fait que l’importance de la durabilité, de la biodiversité et des réformes agraires ait été soulignée dans le Plan d’action a été considéré comme positif par l’ensemble des ONG.

Une déclaration des ONG, rédigée par les 1 200 représentants au Forum souligne toutefois un point de vue différent sur la question de savoir si le libre marché et la libéralisation des politiques commerciales freinent ou au contraire facilitent la sécurité alimentaire et la question de savoir s’il faut renforcer l’industrialisation de l’agriculture.

« L’industrialisation de l’agriculture, l’élevage intensif et la pêche sauvage détruisent l’agriculture traditionnelle, empoisonnent la planète et tous les êtres humains, » lit-on dans la déclaration des ONG intitulée « Le profit pour quelques uns ou de la nourriture pour tous ». Cette déclaration a été lue aux chefs de gouvernements le dernier jour du Sommet. « La subvention des exportations, le maintien de prix artificiellement bas, un dumping permanent et même des programmes d’aide alimentaire augmentent l’insécurité alimentaire et rendent les gens dépendants de produits alimentaires qu’ils sont incapables de produire. »

Les ONG ont alors proposé un « nouveau modèle » sur la sécurité alimentaire, énoncé en six points, et « fondé sur la décentralisation » et qui viserait à:1) renforcer les capacités des petits agriculteurs, « y compris les autochtones, les femmes et les enfants », 2) renverser les effets de la « concentration de la richesse et du pouvoir »; 3) encourager des systèmes fondés sur des « principes agro-écologiques »; 4) souligner que les gouvernements locaux et nationaux ont la « responsabilité essentielle de garantir la sécurité alimentaire »; 5) élargir la participation des « organisations populaires et des ONG »; et finalement 6) fixer un droit international garantissant le « droit à la nourriture ».



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Dernière mise à jour le 20/09/2017