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Revue n° 28, 1997

Le Sommet du microcrédit : les ONG accueillent une conférence internationale

WASHINGTON — Avec plus de 2 200 personnes venues de près de 12 pays, le sommet qui s’est déroulé du 2 au 4 février 1997 ressemblait à bien des égards à l’un des sommets des Nations Unies: examen d’un thème important à l’échelle mondiale, participation active d’organisations spécialisées, participation de chefs d’État et de gouvernement et possibilité pour les représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) de bénéficier d’une plate-forme de discussion.

Pourtant, le Sommet du microcrédit n’était pas organisé par l’ONU mais par une coalition compétente d’ONG. Et la plupart des participants y ont vu une signification historique.

Comme jamais auparavant au niveau international, des ONG ont fixé l’ordre du jour, choisi les thèmes, préparé les documents et rassemblé des représentants issus des niveaux les plus élevés de la société: chefs d’État, dirigeants d’entreprise ou directeurs d’organisations spécialisées de l’ONU. La signification de cette nouveauté n’a pas échappé à ceux qui considèrent que l’influence grandissante des ONG et de la société civile est, sur le plan international, une tendance majeure qui remonte aux récents sommets mondiaux de l’ONU et promet de prendre de l’ampleur dans l’avenir.

« L’un des faits nouveaux les plus intéressants en ce qui concerne le transfert des microcrédits sur la scène internationale me semble être l’évolution du rôle de la société civile, » dit Juan Somavia, ambassadeur du Chili auprès des Nations Unies et président du Sommet mondial sur le développement social tenu en 1995.

« Vous avez pu rassembler tous les acteurs appropriés de la société civile et des gouvernements, ceux qui peuvent donner au sommet du microcrédit une réalité, » a-t-il ajouté. « C’est le type même d’activité que la société civile doit poursuivre. »

Objectif du sommet

L’objectif du sommet était de « lancer un mouvement mondial pour que 100 millions des familles les plus pauvres du monde, en particulier les femmes, bénéficient d’un crédit pour pouvoir créer leur propre entreprise d’ici l’an 2005. Selon les organisateurs, le microcrédit, qui consiste à prêter de très petites sommes à des particuliers sans caution ou presque, est un progrès décisif pour le développement économique.

Le principal but du sommet était de réunir des représentants des grands acteurs internationaux capables de dynamiser un tel mouvement: institutions de l’ONU spécialisées dans le domaine du développement, organismes donateurs, chefs d’État, groupes parlementaires, ONG, établissements d’enseignement ainsi que banques et sociétés commerciales et de leur faire prendre des engagements en commun afin de réaliser les buts du sommet.

A cet effet, un comité constitué essentiellement de représentants d’ONG familiarisés depuis longtemps avec la gestion des programmes de microcrédits, a travaillé pendant deux ans et demi à l’organisation du sommet, en y apportant leur perception propre.

Par exemple, au lieu de négocier la « Déclaration et le Plan d’action » au sommet lui-même, le document a été élaboré par un échange de courrier entre des spécialistes du microcrédit du monde entier ainsi que dans le cadre de plusieurs réunions préparatoires. Au total, plus de 5 000 particuliers et organisations ont contribué à cette préparation, dit M. Daley-Harris, fondateur du Results Educational Fund qui a joué un rôle clé dans le parrainage et l’organisation du sommet.

En outre, au lieu de désigner des comités chargés d’examiner des thèmes particuliers, comme ce fut le cas à d’autres récents sommets de l’ONU, les participants ont été répartis en « conseils » , dans lesquels chaque organisation a été regroupée en fonction de son type d’activité. Les organisations de l’ONU, par exemple, étaient regroupées dans un même conseil, les banques et instituts commerciaux financiers dans un autre. Ces conseils incluaient les « fondations et les philanthropes », « les institutions religieuses », « les ONG » et même « les organismes publics ».

Enfin et surtout, les organisateurs ont réussi de façon impressionnante à faire venir au sommet des représentants de chaque catégorie au plus haut niveau.

Cinq chefs d’État ou de gouvernement ont pris la parole, notamment le président ougandais, Museveni, le premier ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, le président du Mali, Alpha Konare, le président du Pérou, Alberto Fujimori et le premier ministre du Mozambique, Pascal Mocumbi. Deux reines étaient également présentes: la reine Sophie d’Espagne et la reine Fabiola de Belgique et trois épouses de présidents: Hillary Clinton des États-Unis, Siti Hasmah de Malaisie et Ana Paula dos Santos d’Angola.

Ont également participé au sommet des ministres et directeurs d’organisations de l’ONU et d’autres organisations internationales: la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (FNUAP) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Les dirigeants présents ont presque toujours exprimé fermement leur soutien aux objectifs du sommet et ils ont en même temps annoncé la mise en œuvre de nouveaux programmes d’appui aux activités dans le domaine du microcrédit dans leur pays, leur région, leur organisation ou société.

Le président Fujimori, par exemple, a annoncé la création d’une nouvelle institution de financement et de crédit, la MIBANCO « spécialement destinée au soutien et à l’encouragement des créateurs d’entreprise ayant des difficultés financières » ; elle devrait, selon lui encourager « fortement » le microcrédit au Pérou.

« En utilisant le microcrédit comme un levier, je suis convaincu que les femmes, tant au Pérou que dans les pays pauvres, pourront apporter une contribution non négligeable à la création de richesse et d’emplois » , a souligné le président Fujimori.

Le président de la Banque mondiale, James D. Wolfensohn, qui a été critiqué dans le passé pour avoir trop privilégié des projets de grande envergure a dit que la Banque consentirait un effort accru en faveur du microcrédit. « Nous sommes de ceux qui veulent contribuer à l’octroi de microcrédits à 100 millions de familles» dit M. Wolfensohn.

Les succès du microcrédit

M. Daley-Harris est d’avis que les ONG ont organisé le sommet, parce qu’elles ont eu le sentiment, aux dernières conférences des Nations Unies, que l’attention n’avait pas été suffisamment attirée sur l’efficacité du microfinancement pour réduire la pauvreté. « Si à l’occasion d’un seul des précédents sommets, un objectif obligatoire et mesurable dans le domaine du microcrédit avait été proposé, nous n’aurions pas organisé ce sommet, » dit M. Daley-Harris. « On peut exprimer les choses autrement et rappeler que lorsque les ONG ont dit à l’ONU, “quelque chose vous a échappé”, elle a acquiescé. »

Les programmes qui remportent le plus de succès enregistrent des taux de remboursement de 90% et d’autres vont même jusqu’à 98%. « Le premier Sommet du microcrédit annonce au monde une découverte formidable, » dit Michael Chu, président d’ACCION International, une ONG importante dans le domaine du microcrédit. « L’établissement d’un développement durable et l’éradication de la pauvreté, si difficiles à atteindre malgré des efforts considérables, ne se feront pas à coup de distributions massives d’aide publique mais en exploitant les richesses existantes, même dans les secteurs de nos sociétés les plus fragiles sur le plan économique: l’initiative des hommes et des femmes pauvres à travers le monde. »

Bien que les programmes de microcrédit varient d’une région à l’autre, l’une des principales nouveautés est l’organisation des clients en petits « groupes d’emprunteurs cosolidaires » au sein desquels les membres s’engagent à s’acquitter de la dette de chacun des autres en constituant une sorte de « capital social » garantissant le remboursement. Les ONG ont joué un rôle déterminant en aidant les individus à créer ces groupes et en gérant ces prêts que beaucoup de banques avaient jugés trop petits pour être rentables.

Il y a dix ans, aucun prêt n’était pratiquement octroyé par des institutions de microfinancement, dit Nancy Barry, présidente de Women’s World Banking et membre du comité exécutif du Sommet. « Aujourd’hui, on en compte 13 millions. C’est grâce aux ONG et aux organisations locales. »

En dépit du soutien apporté au microcrédit et à ses praticiens, certains lancent un avertissement à ceux qui ne se concentrent que sur ces programmes. « Le microcrédit est un outil efficace mais qui ne peut fonctionner que s’il est intégré dans d’autres actions de développement, » dit Paul Grozen, secrétaire exécutif du Fonds d’équipement des Nations Unies.

D’autres ont aussi lancé une mise en garde contre l’idée qu’il suffirait d’injecter des fonds supplémentaires aux programmes de microcrédits pour que le sommet atteigne ses objectifs. « Ce n’est pas le manque de capitaux mais plutôt le manque de capacités humaines et institutionnelles qui dresse un obstacle aux programmes de microcrédits, » dit James Gustav Speth, administrateur du PNUD. En signe d’approbation, le PNUD a annoncé une contribution de 41 millions de dollars pour renforcer la capacité des ONG d’octroyer des microcrédits, l’élément central de ce programme étant le travail direct avec les ONG sans passer par les gouvernements, contrairement à ce qui était fait dans le passé.

Les organisateurs du sommet espèrent que les différents « conseils », ainsi que l’engagement pris par les participants de rendre compte des résultats de leurs plans et de leurs efforts en faveur du développement du microcrédit, créera un mouvement dynamique qui pourra conduire à des changements profonds dans la conduite du développement économique.



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Dernière mise à jour le 20/09/2017