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Pour les dernières nouvelles concernant la Communauté Internationale Bahá’íe en anglais, se référer au site : Bahá'í World News Service
Revue n° 29, 1997

Dans le monde entier, des groupes de femmes bahá’íes développent leurs activités

Parmi les manifestations organisées à l’occasion de la Journée mondiale de la femme cette année, celle du village de Piplud, près d’Indore en Inde, aura sans doute été la plus éloignée de la civilisation urbaine.

Organisée par des jeunes femmes tribales, elle a consisté en danses, échange d’expériences personnelles et expression de leurs propres préoccupations dont l’alcoolisme et l’analphabétisme au sein de leurs familles.

Les autorités régionales et les médias ont été sollicités. Shri V. R. Subramanian, percepteur du District de Dhar et l’un des principaux intervenants, s’est exprimé en ces termes : « Le pays ne progressera que lorsque les femmes pourront exercer un pouvoir » .

Cependant, la manifestation la plus grandiose aura sans doute été celle de Chuuk, dans les États fédérés de Micronésie, qui a réuni plus de 300 femmes autochtones venues des atolls voisins.

Tenue le 8 mars 1997, c’est la deuxième fois que le Journée mondiale de la femme a été organisée à Chuuk. La première, qui remonte à huit ans, avait été fidèle à la tradition locale en invitant de hautes personnalités à prendre la parole. C’est pourquoi, il n’y avait eu que des hommes sur l’estrade. Cette année, les organisatrices ont décidé d’en faire une affaire de femmes. « Huit ans après, » dit la principale intervenante, Mme Betty Benson « une nouvelle porte s’est ouverte ».

Le lien entre ces deux événements à Piplud et à Chuuk, ainsi que des centaines d’autres séminaires, tables-rondes et campagnes, est l’attachement des bahá’ís du monde entier à des activités en faveur de l’avancement de la condition féminine. La participation à ces activités est de plus en plus fréquente depuis la création il y a cinq ans du Bureau international bahá’í pour l’avancement de la femme.

En juin 1997, une trentaine de communautés nationales bahá’íes ont créé des bureaux ou comités spéciaux dont le rôle est d’œuvrer en faveur de l’avancement de la femme. Cette tendance reflète non seulement le caractère mondial de la foi bahá’íe mais aussi son attachement fondamental à l’égalité des droits des femmes et des hommes.

Un principe spirituel

« En tant que communauté mondiale, nous appliquons les écrits bahá’ís qui enseignent que les hommes et les femmes sont égaux, » dit Mary Power, directrice du Bureau de la femme de la Communauté internationale bahá’íe. « C’est un principe spirituel qui a été proclamé par Bahá’u’lláh il y a plus d’un siècle et c’est unique dans les religions du monde. »

« A un autre niveau, les communautés bahá’íes répondent à la création de notre bureau international » ajoute Mme Power. « Ce qui a pour beaucoup contribué à stimuler, encourager et appuyer le développement d’autres bureaux ou comités à l’échelon national. Nous en récoltons vraiment les fruits aujourd’hui en ce sens que les activités locales, nationales et régionales sont multipliées. »

A Piplud, par exemple, la Journée mondiale de la femme a été organisée par des femmes tribales qui viennent de recevoir une formation de l’Institut professionnel bahá’í pour les femmes rurales d’Indore. La décision de commémorer cette journée a été prise à l’occasion d’une session de formation de deux semaines sur la vie familiale qui a rassemblé quelque 18 couples de régions éloignées pour réfléchir à l’importance de la famille et à la nécessité du partage des responsabilités dans le couple.

La plate-forme de Beijing

La plupart des activités entreprises par les bahá’ís visent explicitement à réaffirmer et mettre en œuvre la Plate-forme d’Action adoptée par les gouvernements du monde à la Quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, tenue en septembre 1995 à Beijing. Ces femmes et ces hommes sont retournés chez eux avec une optique et une énergie nouvelles.

« Pour ma part, la participation à la conférence de Beijing a été une expérience exceptionnelle, » dit Lyn Lane, directrice du Bureau bahá’í australien pour l’avancement de la femme ouvert en 1993. « J’ai pu ainsi considérer réellement les problèmes à l’échelle mondiale et pas seulement nationale comme par le passé ; je me suis sentie plus attachée à la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes. »

Depuis Beijing, le Bureau australien a engagé des activités de suivi, ajoute Mme Lane ; par exemple, il a travaillé étroitement avec le CAPOW qui est un groupe d’organisations nationales de femmes et apporté son soutien aux groupes de travail sur « Les femmes et la paix » et « Les femmes dans la prise de décisions », deux des « questions critiques » posées dans la Plate-forme d’Action de Beijing.

Le Bureau bahá’í de Singapour pour l’avancement de la femme a organisé deux ateliers au Forum des ONG en collaboration avec le Conseil des organisations féministes de Singapour. Cette année, il coorganise avec le Conseil une série de colloques de neuf mois sur la santé des femmes, en collaboration avec le Ministère de la santé.

Au Royaume Uni, le Comité national bahá’í pour les femmes a non seulement continué à suivre les questions issues de la Conférence de Beijing mais il a aussi travaillé avec d’autres groupes religieux pour appuyer le vote de la législation visant à traduire en justice des citoyens britanniques impliqués dans l’exploitation d’enfants à l’étranger. Le Comité a recueilli environ 10 000 signatures de 159 villes en faveur de la législation désignée sous le nom « Action pour la campagne en faveur des enfants » et ratifiée par le parlement en mars 1997.

Aux États-Unis, l’Assemblée spirituelle nationale, organe administratif de la communauté nationale, copréside un groupe de travail d’ONG composé de plus de 100 organisations qui militent en faveur de la ratification par le gouvernement de la Convention des Nations Unies relative aux femmes. Elle vient également de publier une déclaration sur l’égalité « Les deux ailes d’un oiseau: l’égalité, fondement du progrès humain, » pour stimuler une large discussion à ce sujet.

L’action à la base

En plus des projets menés à l’échelon national, de nombreuses femmes bahá’íes ont constitué des réseaux locaux ou régionaux.

Au Danemark, une association bahá’íe de femmes a été créée en janvier 1996. « En résumé, notre objectif est d’essayer de développer le potentiel des femmes, » dit Ingegerd Bischoff, présidente de l’association.

A ce jour, les membres de l’association ont organisé une série de réunions à Copenhague sur des thèmes comme « les femmes et le SIDA » ou « l’excision » .

En Allemagne, la Communauté bahá’íe a organisé il y a un an un forum qui compte aujourd’hui 130 membres répartis dans 10 régions. Dans ce cadre, un certain nombre de « groupes thématiques » ont été constitués pour engager un débat sur des questions comme « Les femmes et l’art » , « L’avancement des femmes » et « La violence à l’encontre des femmes » .

En France, l’Association bahá’íe de femmes pour le développement, la paix et l’unité a été créée en 1989 à Paris ; elle compte aujourd’hui huit branches régionales. « La création de nombreuses branches témoigne de la vitalité des femmes du pays » dit Mme Locascio, secrétaire de l’association.

Les problèmes spécifiques abordés par les groupes et comités nationaux de femmes bahá’íes sont très vastes et sont souvent liés à des intérêts et des problèmes relatifs à l’environnement local ou national.

La Communauté bahá’íe de Guinée équatoriale, préoccupée par des problèmes élémentaires de développement économique et social, a financé un cours d’alphabétisation fonctionnelle destiné à des femmes de Malabo et Bata de novembre 1996 à avril 1997. En collaboration avec le Ministère chargé de la condition féminine et des affaires sociales, la communauté a utilisé des centres bahá’ís pour enseigner la lecture et l’écriture, la santé génésique, la nutrition et les mathématiques élémentaires.

Au Ghana, le Comité national des femmes bahá’íes a axé son action sur des programmes visant à promouvoir la santé de la famille et à aider les femmes à prendre conscience de leurs possibilités. « En Afrique, » dit Rosemary Mills-Tettey de la communauté bahá’íe du Ghana, « des études ont montré que bien qu’accomplissant la plupart des tâches productives, les femmes ont une mauvaise image d’elles-mêmes. »

Transformations de la communauté

La prolifération des activités en faveur des femmes a également introduit des changements au sein de la communauté bahá’íe. En Autriche, par exemple, un groupe de travail national sur les femmes a organisé à l’échelle nationale une série de séminaires sur les thèmes suivants : « L’encouragement » , « Le changement » et « Le service ». Selon Daniela Hlavac-Marcak, secrétaire du groupe de travail : « Après quatre années d’activité, nous pensons avoir suscité une prise de conscience générale de la relation entre les questions relatives aux femmes et d’autres questions très pertinentes non seulement au sein de la communauté bahá’íe mais dans l’ensemble de la société. »

A Singapour, où un Comité des femmes bahá’íes existe depuis 1972, on a observé une transformation progressive des attitudes des hommes et des femmes de la communauté. « Dans le passé, beaucoup de femmes n’assistaient souvent pas aux réunions, aux cours, etc ... parce qu’elles devaient s’occuper de leurs enfants » dit Cheryl Hum du Bureau bahá’í de Singapour pour l’avancement de la femme. « Et lors de ces manifestations, c’était habituellement les femmes qui préparaient et servaient les boissons et faisaient ensuite le ménage. »

« La situation a beaucoup changé ces dernières années, les hommes et les femmes ayant de plus en plus pris conscience de la nécessité de travailler ensemble en tant que partenaires égaux et de l’importance de la contribution de femmes compétentes au processus de prise de décision » dit Mme Hum. Aujourd’hui, « un nombre plus important de femmes sont élues dans les organes administratifs à Singapour, hommes et femmes travaillent côte à côte au sein des comités et lors des manifestations organisées par les bahá’ís, ils partagent les tâches d’accueil et de nettoyage et les maris s’occupent souvent des enfants pour permettre à leurs femmes de participer aux réunions, jouer un rôle dans les comités, suivre des cours, etc... ».



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Dernière mise à jour le 24/11/2017