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Revue n° 29, 1997

Le devoir d’éducation morale

La question de l’éducation morale est posée dans les termes suivants : les camps de la mort et les campagnes de purification ethnique et raciale auraient-ils existé si le sens moral avait été plus développé ?

Par delà ces exemples dramatiques, un coup d’œil aux préoccupations mondiales du moment suffit pour nous montrer qu’il faut encore mettre l’accent sur le développement, en chaque individu, d’un guide intérieur, d’une vision éthique.

Les démocraties naissantes ne pourront réussir sans la participation active, éclairée et fondée sur des principes élevés de tous les citoyens. Par ailleurs, pour éviter une concentration excessive des richesses dans le contexte actuel de l’économie de marché, les hommes d’affaires doivent freiner la course au profit et lui préférer des valeurs humanistes.

Nous constatons également qu’un matérialisme excessif et narcissique est une source de gaspillage de capital humain. Retransmises par des médias qui font le tour du monde, les attitudes qu’impliquent la course à ce matérialisme excusent implicitement la toxicomanie et l’alcoolisme, la sexualité débridée et d’autres projets égocentriques. Ces attitudes sont en définitive dégradantes pour l’individu et nuisibles pour la famille, les amis et les voisins.

Ces tendances, entre autres, appellent une réflexion collective sur la nécessité de promouvoir le développement moral à l’échelle de la planète et sur les moyens pour y parvenir. Par conséquent de nombreuses voix se sont récemment élevées en faveur de l’adoption d’une vision éthique et morale universelle adaptée à l’ère nouvelle d’interdépendance.

Pourtant, l’idée de promouvoir des valeurs morales spécifiques est sujette à controverse, en particulier en cette période de relativisme. Trop souvent dans le passé, la défense des valeurs morales a été associée au fanatisme religieux, à la dictature politique ou à des notions étroites et limitées du bien commun fondées sur un cadre nationaliste, culturel ou ethnique particulier.

Il existe en fait deux attitudes possibles à l’égard de la morale. La première, plus traditionnelle, consiste à proposer un code de conduite qui comporte des « règles » que différentes autorités (la police ou les prêtres par exemple) s’emploient à faire respecter.

Malheureusement, bien que pavée de bonnes intentions, l’approche autoritaire a trop souvent entraîné des excès ; si elle n’a pas complètement échoué par exemple dans les cas de génocide pratiqué par des sociétés dites « civilisées ».

Par ailleurs, il y aura toujours des gens qui violeront la loi et échapperont à la justice. Bien sûr, si on ne peut rejeter entièrement les lois, notre civilisation mondiale naissante a besoin d’institutions nouvelles pour promouvoir la justice à l’échelle mondiale. Il est clair aussi qu’il faut aller plus loin.

La deuxième approche s’oriente vers une direction permettant aux individus de développer leur propre conscience morale afin de prendre tout seuls la « bonne » décision et de suivre le « bon chemin », même au prix de leurs intérêts immédiats.

Cette approche mérite un examen attentif et doit être adoptée pour promouvoir l’éducation et le développement moral. En effet, dans la mesure où elle respecte la dignité inhérente à tous les hommes et reconnaît leur valeur et leur capacité propres, elle est plus en accord avec le principe de l’unité de l’humanité.

En vérité, ce principe doit être le fondement de toute morale. Car s’il existe des principes moraux communs qui ont été et continueront à être des repères importants dans tout programme d’éducation morale, (devoir d’honnêteté, interdiction du vol et condamnation de la violence) il est clair également que la dynamique qui nous entraîne de plus en plus vers l’unité du monde nous oblige à considérer nos relations mutuelles sous une nouvelle optique.

Prenons un exemple : la bonté, définie en termes passifs, (s’occuper de ses propres affaires et ne faire de mal à personne), est tout simplement inadaptée de nos jours. De même, les concepts limités du bien (bien national, bien des entreprises, bien tribal) sont insuffisants quand le voisinage devient mondial.

Le fait de reconnaître la nature spirituelle de la réalité humaine nous permet de mieux réfléchir à ces deux concepts clés, à savoir que chaque individu doit développer son propre guide intérieur et que la morale doit être aujourd’hui considérée sous l’angle de l’unité humaine.

Toutes les religions ont tenté non seulement de définir le bien et le mal mais aussi de développer la faculté propre à chaque individu de percevoir et d’appliquer ces principes éthiques dans des situations difficiles. Cette faculté intérieure tient en grande partie au fait que nous reconnaissons le caractère rationnel de notre âme et la responsabilité de nos actes devant le Créateur.

Les enseignements moraux des grandes religions du monde sont un cadre de référence pour le développement moral, à condition de dépasser les différences qui les séparent en ce qui concerne leurs rituels, leurs pratiques ou leurs dogmes qui ont tellement occulté le fait que la vérité religieuse est une.

Le développement moral passe aujourd’hui par une réflexion concertée sur les caractéristiques communes des grandes religions et des systèmes moraux, réflexion qui montre à l’évidence que chaque religion prône l’unité, la coopération et l’harmonie entre les individus, établit des principes directeurs en ce qui concerne la responsabilité de l’être humain dans son comportement et encourage le développement de vertus qui constituent la base de relations fondées sur la confiance et des principes. Chaque religion enseigne que la morale commence par la « règle d’or » selon laquelle il ne faut pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse.

La règle d’or doit maintenant être appliquée au niveau mondial, à savoir que tous les êtres humains doivent être considérés comme nos voisins. Comme l’a écrit Bahá’u’lláh il y a plus d’un siècle :

« Il est vraiment un homme celui qui, aujourd’hui, se consacre au service de la race humaine toute entière... Ce n’est point d’aimer son propre pays qu’il convient de se glorifier, c’est d’aimer le monde tout entier. »

Les bahá’ís considèrent l’idée de l’unité religieuse et la réalité de l’unité de la race humaine comme un principe fondamental de leur foi. Ces concepts recouvrent d’autres notions importantes qui doivent devenir à l’heure actuelle le point d’appui de tout programme de développement moral, à savoir :

• la droiture, la confiance et l’honnêteté sont des éléments essentiels de la stabilité et du progrès dans le monde;

• la pureté des intentions doit guider toute entreprise humaine, dans la mesure où la sincérité des motifs peut être reconnue et cultivée par tout individu indépendamment de sa culture, son éducation ou son milieu;

• rendre service à l’humanité, non gagner de l’argent, asseoir sa situation ou renforcer son statut, est la source de bonheur et d’honneur et donne un sens à la vie.



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Dernière mise à jour le 22/09/2017