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Revue n° 33, 1998

En Thaïlande, une école provinciale prépare ses élèves à la mondialisation

YASOTHON, Thaïlande — Chaque année en mai dans cette calme capitale provinciale, les gens se rassemblent pour lancer des fusées artisanales dans l’atmosphère. L’objet du festival de la fusée est de réveiller le grand dragon dans le ciel afin qu’il plonge dans le lac et fasse tomber la pluie. Ce rituel ancien en dit long sur l’importance de la tradition ici.

Entourée de rizières et de plantations de manioc et de canne à sucre, la ville de Yasothon offre à première vue un contraste frappant avec les gratte-ciel et la circulation intense de Bangkok située à environ 530 kilomètres au sud-ouest. Plus de 95 pour cent des habitants de la province de Yasothon vivent à la campagne et la ville de Yasothon est, à bien des égards, une petite ville agricole.

Des commerces à l’occidentale commencent à s’y installer. Depuis peu, une petite épicerie reste ouverte de 7 heures à 11 heures et il est question d’accueillir bientôt un restaurant de la chaîne « Kentucky Fried Chicken ». Une usine de montage de magnétoscopes a donné à la région un air de haute technologie. Mais il y a le revers de la médaille et une ONG locale dirige un camp de jeunes atteints du SIDA qui ont quitté la grande ville pour venir mourir chez eux.

Dans ce contexte, on comprend le succès de cette école primaire parrainée par les bahá’ís dont l’effectif compte près de 500 élèves. Contrairement à la plupart des écoles de la région, tant publiques que privées, Santitham cherche avant tout à être un milieu d’éducation prônant une vision planétaire.

Bien que Yasothon soit une ville relativement éloignée et isolée du reste du monde, les parents reconnaissent de plus en plus que leurs enfants ont besoin de recevoir une éducation qui les prépare à devenir des citoyens du monde.

« Nous devons nous adapter au courant de la mondialisation », dit Rungtiwa Kongskul, qui a une fille de 8 ans dans cette école. « J’aime la diversité qui règne à Santitham et le fait que le personnel soit originaire de nations différentes. Ainsi ma fille apprendra à communiquer et à s’associer avec des personnes originaires d’autres pays. »

Santitham se distingue aussi par l’importance donnée à l’éducation morale et par son modèle d’éducation progressiste. Sa réputation d’excellence vient d’être confirmée par une récompense du ministère de l’éducation qui l’a déclarée deuxième meilleure école de taille moyenne de toute la région du nord-est de la Thaïlande. Santitham concourrait en même temps que 2000 autres écoles réparties dans huit provinces.

« Notre objectif est de former une nouvelle génération d’enfants » précise Nawarat Wongsopa, directeur de l’école. « Nous voulons former une génération d’enfants qui croient en l’unité dans la diversité, se conduisent comme des citoyens du monde et soient prêts à servir l’humanité. »

Fondée en 1967, Santitham lutte depuis plus de 25 ans pour atteindre cet objectif. Soutenue tout d’abord presque entièrement par la communauté bahá’íe thaï, l’école a connu des hauts et des bas et a rencontré les difficultés auxquelles se heurte habituellement les nouveaux projets qui sont peu soutenus sur le plan financier. Ces dernières années, elle est enfin devenue quasiment autonome. L’école est aujourd’hui considérée comme la meilleure de Yasothon et un bon nombre de ses élèves sont issus de familles de hauts fonctionnaires et de militaires.

L’un des grands attraits de Santitham est que les cours sont dispensés en langue anglaise laquelle est très peu parlée ici. De plus, la qualité de l’enseignement est renforcée par les efforts de jeunes volontaires internationaux qui viennent à l’école offrir une année de leur vie.

Cette année, quatre jeunes venus du Canada et d’Irlande travaillent dans le cadre de ce bénévolat. L’année dernière, le groupe comprenait six étudiants originaires du Canada, d’Irlande, de Malaisie, d’Écosse et des États-Unis. Ces jeunes apportent une note particulière d’idéalisme qui correspond bien à la philosophie de l’école.

« Je voulais servir mon prochain d’une manière concrète » dit Roya Ravanbakhsh, jeune femme de 21 ans originaire de Vancouver (Canada) qui est venue ici en 1997. « L’école a vraiment besoin d’aide et je me sens très utile. Il y a peu d’autres étrangers à Yasothon et la culture est très thaï. Quand on va travailler dans un autre pays avec une culture différente, on rend service à l’humanité tout simplement en faisant tomber les barrières. Je crois que c’est ce que nous faisons ici. »

Les fonctionnaires municipaux de l’éducation s’accordent à reconnaître que le rôle de Santitham est important pour l’avenir de la région. « Le monde tend vers l’unité » dit Pen Pakpeal, responsable de l’éducation du district. « L’enseignement en anglais contribuera à relier les nations entre elles. Je pense que Santitham ouvre la voie en préparant les élèves à s’intégrer dans une communauté plus globale. »

L’école se distingue également par l’importance qu’elle attache à l’éducation morale. A tous les niveaux et dans toutes les classes, les enseignants mettent l’accent sur la courtoisie et la bonne conduite ainsi que sur des concepts plus complexes comme la tolérance envers les autres religions et les autres peuples et la reconnaissance du principe d’unité de l’humanité.

« Nous suivons le programme obligatoire qui est enseigné dans toute la Thaïlande mais nous y ajoutons une forte composante d’éducation morale », dit Naiyana Wongsopa, directrice de l’école. « Chaque matin, avant le début des cours, les professeurs discutent avec les enfants de vertus comme l’honnêteté, l’unité et l’amour et ils s’interrogent sur la façon de vivre ensemble dans la paix et le partage. »

Certains enseignants présentent les choses encore plus simplement : « Ici nous considérons les élèves comme les membres de notre famille », dit Tassanee Nantum, professeur de mathématiques qui enseignait auparavant dans une grande école privée à l’est de la Thaïlande.

Les éducateurs d’autres écoles peuvent apprécier la différence de comportement des élèves de Santitham. « D’après ce que j’ai pu observer », dit Chamroon Phaipaim, directeur de l’école Anuban à Yasothon, l’une des écoles publiques les plus importantes de la ville, « les élèves de Santitham sont mieux élevés que ceux d’autres écoles de la ville et aussi plus disposés à apprendre ».

Paitun Hienthag, qui enseigne dans une école publique et a deux filles à Santitham, dit que le grand mérite de Santitham est de consacrer autant de temps et d’effort à l’éducation morale alors que beaucoup d’écoles se préoccupent uniquement de l’apprentissage scolaire. « En ce moment en Thaïlande tout le monde tente de survivre c’est donc une période difficile pour apporter des notions d’éducation morale », dit-il.

Les responsables de Santitham, quant à eux, disent que la formation morale est pour eux tout aussi importante que les résultats scolaires. Dans cette optique, l’école essaie de mettre en pratique ce qu’elle enseigne. Elle a aussi participé à plusieurs projets visant à renforcer le développement économique et social de toute la communauté, à savoir : 1) assistance, sous forme de cours d’éducation morale, à l’ONG locale qui travaille avec les jeunes atteints du SIDA, « Youth and Children for Development » ; 2) formation d’enseignants et de travailleurs dans des centres de soins pour enfant, projet auquel ont participé environ 80 personnes de 10 villages ; et 3) organisation de cours de couture pour les femmes, en coopération avec le centre d’éducation non formel de Yasothon.

« Nous voulons faire de notre école une société en miniature », dit M. Wongsopa, « un modèle de ce que nous voudrions que notre société devienne un jour, de telle sorte que tous les membres de cette mini-société deviennent des membres généreux et actifs de l’ensemble de la communauté et conscients d’être des citoyens du monde ».



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Dernière mise à jour le 22/11/2017