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Revue n° 33, 1998

Le fondement spirituel des droits de l’homme

Note de la rédaction : Le texte ci-après est adapté d’un discours liminaire prononcé le 15 novembre 1997 par le Professeur Suheil Bushrui à la 21ème conférence annuelle de l’Association pour les études bahá’íes. Prof. Bushrui est titulaire de la Chaire bahá’íe pour la paix mondiale à l’université de Maryland aux États-Unis.

La reconnaissance des droits de l’homme dans le cadre de la législation internationale est un fait relativement récent mais la philosophie qui sous-tend le concept est ancienne. Plusieurs textes ont façonné l’ordre moral mondial : le Code babylonien de Hammourabi, les règles de l’ancien sanhédrin israélien interdisant la torture et limitant le recours à la peine de mort, la législation islamique sur les droits de la femme, la Magna Carta anglaise, la Déclaration d’indépendance américaine, les conventions du 19ème siècle interdisant la traite des esclaves et la Déclaration universelle des droits de l’homme formulée après la guerre et signée à Paris en 1948.

Les questions posées par les droits de l’homme sont éternelles. Qu’est ce qu’un être humain ? Quel est le but de la vie sur terre ? Quelle doit être notre attitude intellectuelle et affective envers les autres ? Toutes ces questions sont également au cœur de la réflexion et de la pratique religieuses. Il semblerait que l’une des principales lacunes de notre approche des droits de l’homme vient de ce que nous les présentons comme un code civil et moral, voir un produit de la civilisation occidentale alors qu’ils sont essentiellement la codification de lois en grande partie spirituelles qui sont elles-mêmes le résultat des traditions religieuses du monde.

A la base de l’étonnante diversité des traditions religieuses qui se sont développées se retrouvent des enseignements cosmologiques, eschatologiques et théologiques communs : enseignements sur nos origines, notre destinée et la nature du divin. Une fois encore nous devons souligner la prise de conscience fondamentale qui est à la source des droits de l’homme : les formes sont diverses mais l’essence est unique.

L’unité sous-jacente se distingue parfaitement dans les systèmes éthiques des différentes fois, comme la règle selon laquelle il ne faut pas faire aux autres ce que l’on voudrait pas qu’on nous fît, connue aussi comme la « Règle d’or » et retrouvée sous des formulations différentes dans la Mahábhárata hindoue, le Talmud juif, le Dádistan-i-Díník zoroastrien, le Udana-Varqua bouddhiste, l’Évangile chrétien de St. Matthieu, le Hadith islamique et le Kalimát-i-Firdawsíyyih de Bahá’u’lláh.

Depuis la fin de la guerre froide, le plus grand obstacle à l’unité du monde n’est pas l’idéologie politique mais plutôt les conflits d’ordre religieux et culturel. Pour mettre en place un système universel efficace des droits de l’homme, les hommes et les femmes de foi doivent se regarder les uns les autres à la lumière de leur essence commune.

La difficulté vient de ce que nous devons, naturellement, surmonter les incompréhensions et les préjugés qui sont la cause des querelles entre les différentes religions et, à la place, se fonder sur les croyances fondamentales communes. Selon ‘Abdu’l-Bahá : « Si nous examinons avec soin les religions pour découvrir les principes sous-jacents à leurs bases, nous trouverons qu’elles s’accordent, car leur réalité fondamentale est une et non multiple. »

Nous pouvons voir que les religions diffèrent en ce qui concerne la forme mais jamais les principes essentiels. En effet, quelle religion n’enseigne pas la valeur de l’individu en tant que manifestation de la grâce divine ? Si toutes les religions reconnaissent l’existence des âmes et la relation entre l’âme et son créateur, chacune s’accorde donc sur la base essentielle des droits de l’homme : les êtres humains jouissent de certains droits inaliénables qu’aucune autorité temporelle ne peut supprimer de manière arbitraire ou systématique.

L’affirmation selon laquelle les droits de l’homme sont universels et ne peuvent être violés par les gouvernements est précisément ce qui rend cette question aussi épineuse et aussi sujette à controverse dans le monde entier. Ce qui importe dans ce débat c’est que la souveraineté de l’État et ce qui en découle, l’exclusivité culturelle, sont des obstacles majeurs à l’établissement d’un système universel de droits de l’homme. L’idée selon laquelle certains principes et institutions comme la démocratie participative sont tout simplement étrangers à certains peuples est à la base de la notion de « relativisme culturel ».

En théorie, le relativisme culturel est l’idée selon laquelle certaines pratiques sociales, économiques, culturelles et politiques sont inhérentes à certains groupes et que l’introduction précipitée, artificielle, d’influences étrangères peut être une cause de désordre. En pratique, cependant, le relativisme culturel est souvent utilisé par les élites dirigeantes comme prétexte pour s’opposer à des mouvements de réforme venus de l’intérieur qui menacent leur pouvoir ou leur position.

La connaissance et la pratique des droits de l’homme doivent être universalisés par l’éducation et l’accès à l’information dans ce domaine. L’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme est essentiel pour la diffusion du concept des droits de l’homme ; c’est la base sur laquelle les religions du monde peuvent coopérer à la réalisation de cet objectif. Il est ainsi libellé : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce qui implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

Aucun ordre juste ne pourra être établi dans le monde sans une transformation préalable de la foi par la recherche de notre héritage spirituel commun. Les systèmes religieux du monde, qui ont évolué à des moments différents et dans des circonstances différentes, incarnent les réponses nombreuses et variées à notre sens inné de la transcendance. Pourtant, ils ont beaucoup de points communs, notamment le cadre historique dans lequel les différentes réponses nous sont parvenues. Beaucoup d’initiatives intéressantes ont été prises pour réunir les différentes pensées religieuses : lancement de dialogues interreligieux, création de modèles de tolérance, culture de la tolérance religieuse et adoption d’une éthique commune des droits de l’homme. Hans Küng résume l’importance de la compréhension entre les religions par cette formule lapidaire mais combien éloquente : « Il ne peut y avoir de paix entre les nations sans paix entre les religions. »

L’approche de la foi bahá’íe vis-à-vis de la question de l’unité d’éthique et de vision est inscrite dans le concept de révélation progressive. L’une des bases de l’établissement de la paix religieuse et de la promotion des droits de l’homme est l’acceptation de l’unité essentielle des fondateurs de toutes les religions. A travers ces messagers qui se manifestent à différentes périodes de l’histoire et à des endroits différents, le seul vrai Créateur nous a fait connaître sa volonté et le but de l’humanité en nous faisant mieux connaître successivement la vérité religieuse et en nous permettant de mieux appréhender le divin.

Mais, à la racine et dans leur essence, les messages ne sont qu’un. Ce n’est qu’en établissant un système universel des droits de l’homme incarnant notre compréhension de la vérité et de l’unité sous-jacente de toutes les religions que nous pouvons espérer instaurer une paix juste et durable.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017