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Revue n° 34-35, 1998

Le centenaire de la conférence de la Haye : vers une culture de la paix

Convoquée en 1899 par le tsar Nicolas II de Russie et la reine Wilhelmine des Pays-Bas, la première conférence internationale de la paix de la Haye a été un événement historique à plus d’un titre.

Elle a débouché sur la fondation de la Cour permanente d’arbitrage, première organisation internationale intergouvernementale à s’occuper du règlement pacifique des différends et, en tant que telle, devancière de l’Organisation des Nations Unies. La conférence a aussi permis des limitations importantes (bien que limitées) de plusieurs armes nouvelles.

Rétrospectivement, on peut dire aussi que cette initiative moderne de la diplomatie multilatérale ouverte à tous, représente peut-être le signe politique concret de la conscience collective qu’a l’humanité de son unité. La première conférence de la Haye, tout comme la deuxième (en 1907) ont consacré le principe de l’universalité dans les relations internationales, dans la mesure où des États non européens ont participé aux deux conférences. Elles ont aussi établi l’égalité des petits États avec les grands en donnant une possibilité de vote à chacun. Les conférences de la Haye ont aussi appelé l’attention sur la nouvelle réalité d’un système étatique mondial et sur la nécessité de le réglementer dans le cadre du droit international.

La célébration imminente du centenaire de la première conférence de la paix de la Haye, prévue au mois de mai, promet d’être une étape importante dans le futur développement de l’identité collective de l’humanité. Les commémorations commenceront par une manifestation des organisations non gouvernementales (ONG), dite appel à la paix de la Haye, suivie par un rassemblement intergouvernemental qui marquera la première cérémonie officielle du centenaire.

Dans les deux cas, des thèmes importants de réflexion et de discussion ont été retenus. En ce qui concerne la réunion intergouvernementale, l’ordre du jour a retenu : 1) la question des armements ; 2) le droit humanitaire et les lois et coutumes de la guerre ; 3) le règlement pacifique des différends.

Les discussions organisées par les ONG seront axées sur quatre thèmes qui, à maints égards, prolongent les points sur lesquels se pencheront les gouvernements. Ces thèmes, qui tracent les lignes d’une campagne internationale ou d’un « appel à la paix » sont : 1) renforcement du droit international humanitaire et de la législation et des institutions relatives aux droits de l’homme ; 2) promotion de la prévention, de la solution pacifique et de la transformation des conflits violents ; 3) mise au point et coordination des mesures de désarmement, y compris la suppression de l’arme nucléaire ; 4) identification des principales causes de la guerre et élaboration d’une culture de la paix.

A chaque étape successive, depuis la première conférence de la Haye jusqu’à l’Organisation des Nations Unies en passant par la Ligue des Nations, les moyens de règlement pacifique des différends ont été plus fermement établis. Et les autres conférences, conventions et accords qui se sont succédés par la suite pour promouvoir les droits de l’homme, le développement durable et le désarmement, tout en développant l’éducation et l’accès aux moyens d’information internationaux, ont rendu la guerre de plus en plus inacceptable - sur les plans à la fois moral et politique - comme moyen de résolution des conflits.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Les guerres régionales et civiles font toujours rage et la menace de conflits plus étendus existe toujours. Des armes terribles sont prêtes à servir. Bien souvent, les pactes internationaux relatifs au respect et à la promotion des droits de l’homme sont ignorés.

Il est significatif que les manifestations qui auront lieu prochainement à la Haye reconnaissent la société civile comme un acteur clé des relations internationales. L’ « appel » que cautionnent les ONG le montre clairement : il est non seulement organisé par la société civile elle-même mais il s’appuie sur elle, au niveau mondial, en tant que moteur de sa campagne. De plus, le programme d’action de la conférence intergouvernementale prend note explicitement de l’importance de la société civile dans la promotion des processus de paix, en disant que « le travail que les ONG accompliront pour mobiliser l’opinion publique aura une valeur inestimable pendant les sessions et séminaires régionaux de préparation aux conférences ; de même que leur expertise en la matière ».

En réalité, l’un des buts de l’ « appel » parrainé par les ONG est de créer « de nouveaux partenariats entre les citoyens, les gouvernements et les organisations internationales » dans l’espoir d’établir « une nouvelle diplomatie qui ôtera toute légitimité au conflit armé ».

A cet égard, la manifestation organisée par les ONG risque bien d’éclipser la manifestation intergouvernementale. En effet l’ordre du jour fixé par les gouvernements qui se rencontreront à la Haye a surtout un caractère commémoratif tandis que les ONG veulent continuer à mobiliser la société civile et veulent effectuer un changement général dans la conscience du public.

Ce point est important car les questions clé qui se posent aujourd’hui à l’humanité ne sont pas tant de créer des institutions radicalement nouvelles que d’obtenir le soutien du public pour promouvoir le fonctionnement efficace de celles qui existent déjà.

Ce dont nous avons besoin en ce moment précis de l’histoire, comme le souligne l’ « appel » de la Haye, c’est d’une « culture de la paix », objectif sans doute irréalisable si la société civile ne prend pas les rênes.

En 1919, juste après la Première Guerre mondiale, ‘Abdu’l-Bahá, fils du fondateur de la Foi bahá’íe avait envoyé une lettre à l’Organisation centrale pour une paix durable de la Haye, organisation non gouvernementale fondée dans le sillage des deux premières conférences de la paix de la Haye. La lettre est intéressante pour la vision de la paix qu’elle développe et pour les conseils qu’elle donne s’agissant des conditions préalables de l’établissement de la paix.

« Cette guerre récente a prouvé au monde et aux populations que la guerre c’est la destruction alors que la paix c’est la construction ; la guerre, c’est la mort tandis que la paix, c’est la vie ; la guerre, c’est la rapacité et la soif de sang tandis que la paix, c’est la bienveillance et l’humanité » a écrit ‘Abdu’l-Bahá. « Il n’existe pas une seule âme dont la conscience ne témoigne en ce jour qu’il n’y a rien de plus important au monde que la paix universelle. »

Selon lui, la clé de la paix est l’ « unité de conscience ». Il a écrit également que « tant que les esprits des hommes ne seront pas unis, rien d’important ne pourra être accompli. A présent, la paix universelle a une grande importance mais l’unité de conscience est essentielle de sorte que ses bases soient plus sûres, son établissement solide et son édifice fort ».

Selon ‘Abdu’l-Bahá, cette unité de conscience doit reposer sur un certain nombre de principes et d’actions progressistes : l’égalité des hommes et des femmes, l’accès à l’éducation pour tous et une quête incessante de la vérité et de la justice.

Les racines de la guerre doivent être cherchées dans les différentes formes de préjugés et d’intolérance résultant des désaccords ou des différences à propos de la religion, de la race, de l’idéologie politique ou économique ou du simple patriotisme nationaliste. La clé de la cessation des guerres consiste à surmonter ou à abandonner ces préjugés, ce qui n’est possible que si on comprend l’unité innée de l’humanité.

« La surface de la terre est une seule terre d’origine » écrit ‘Abdu’l-Bahá, « chacun peut vivre en n’importe quel endroit du globe terrestre. C’est pourquoi, le monde entier est le lieu de naissance de l’homme ».

Il a aussi lancé un appel à l’établissement d’un « tribunal suprême » universellement représentatif qui serait appelé à connaître des différends internationaux aux fins de les régler définitivement, une instance qui pourrait s’appuyer sur les fondations du système des Nations Unies (dont la Cour internationale de justice, successeur direct de la Cour permanente d’arbitrage).

A maints égards, le monde a commencé a suivre cette vision. Le centenaire de la première conférence de la paix de la Haye et l’appel concomitant à la paix de la Haye fournissent opportunément une occasion importante de réfléchir collectivement aux progrès accomplis dans la création de l’ « unité de conscience » qui sous-tend la création d’une culture de la paix.



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Dernière mise à jour le 24/11/2017