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Revue n° 34-35, 1998

Une ère nouvelle, une morale nouvelle, des dirigeants nouveaux

Parler d’ « autorité morale » dans le monde d’aujourd’hui semble être paradoxal. Presque tous les jours, la une des journaux relate la disgrâce, la chute, l’emprisonnement, ou la démission forcée d’un dirigeant politique, d’un chef d’entreprise, d’un chef religieux ou d’une communauté quelque part dans le monde.

La corruption de l’autorité prend diverses formes. Certains se servent de leur pouvoir pour amasser des richesses, éliminer leurs rivaux ou obtenir des faveurs de l’autre sexe. D’autres arguent de leur autorité pour défendre telle cause particulière aux dépens d’autres idées. D’autres encore se soucient plus des privilèges que leur confère leur appartenance à un parti que de chercher la vérité ou ne veulent dominer que pour manipuler ou exploiter les autres. D’autres, enfin, profitent abusivement de leur situation privilégiée parce qu’ils n’ont pas réfléchi au vrai sens du pouvoir.

La moralité du pouvoir est importante. Dans certains pays, l’effondrement de l’économie toute entière s’explique par différentes formes de corruption au niveau du gouvernement et/ou des entreprises. D’autres dirigeants ont fait la guerre pour conserver le pouvoir, satisfaire leur ego ou maintenir les privilèges d’une tribu ou d’une classe particulière. Au niveau local, des dirigeants privés de tout sens moral ont détourné les fonds de développement destinés à leurs communautés, conduit de mauvaises politiques et attisé les haines ethniques ou religieuses.

Étant donné qu’il y a toujours eu dans l’histoire des dirigeants malveillants et égoïstes dans tous les pays du monde, on peut difficilement parler d’une augmentation de la corruption. Il est néanmoins possible de suggérer que ces derniers sont les plus visibles du fait des progrès de la technologie de l’information, de l’influence croissante de la société civile et de la plus grande autonomie des peuples à travers le monde.

Ceci nous rappelle un point important : nous vivons une époque nouvelle, celle de la transition entre l’ancien ordre mondial et le nouveau. Chaque jour nous apporte de nouvelles preuves de l’effondrement du passé et de l’éclosion de nouvelles idées et institutions.

Face à la corruption apparemment croissante du pouvoir dans le monde, un certain nombre de groupes et d’organisations ont commencé à faire campagne en faveur d’une plus grande transparence dans la prise de décision, de l’application du droit, de l’indépendance de la justice et d’autres réformes démocratiques.

Ces efforts sont plus que nécessaires. Pourtant, ce ne sont que des palliatifs qui ne répondent pas à la question fondamentale suivante : qu’est-ce que l’autorité morale dans un monde interdépendant ?

Pour répondre à cette question, nous devons examiner la nature de la morale elle-même. Les bahá’ís croient en la dualité de la nature humaine. D’un côté elle est centrée sur le monde matériel, c’est à dire tournée vers les besoins physiques élémentaires : survivre, se nourrir, avoir un toit. De l’autre, elle est spirituelle. Ce côté spirituel, qui procède du fait que l’homme, créé par Dieu, a une âme douée de raison, suscite chez lui l’amour, la compassion et l’altruisme.

Sans cette prise de conscience fondamentale, la plupart des initiatives de nature à promouvoir la morale seront vouées à l’échec parce que occultées par les idées contemporaines sur la relativité des valeurs, rationalisées par le jeu des intérêts personnels ou exploitées par les rivalités de partis. Toutefois, une meilleure compréhension de la réalité spirituelle de l’homme ouvre le chemin vers le sens de l’autorité morale.

Autrefois, notre réalité spirituelle trouvait son expression dans l’invitation à aimer son prochain ou à se soumettre à la volonté de Dieu. Aujourd’hui, elle s’exprime pleinement dans le concept d’unicité de l’humanité, principe qui définit l’intégration et l’interdépendance du monde actuel.

Concrètement, ce principe étend la notion d’amour du prochain à l’échelle du village planétaire et appelle un nouveau type de dirigeant que l’on peut définir comme un « dirigeant moral ».

Une fois encore, il faut faire la différence entre le passé et aujourd’hui. Trop longtemps, l’autorité a été considérée - tant par les dirigeants eux-mêmes que par leurs partisans - comme synonyme de pouvoir et de domination sur les autres. Ces dirigeants ont plutôt asservi ceux qu’ils étaient censés servir. Ils ont souvent cherché à sur-centraliser le processus de prise de décision ou obligé les autres à se soumettre. Sous une apparence d’écoute attentive, ils visent en réalité à promouvoir leurs idées et à dominer les autres. Ces types de pouvoir englobent l’autocratie, le paternalisme et le totalitarisme ainsi que la manipulation des médias.

Selon la nouvelle définition de l’autorité, les hommes au pouvoir doivent aujourd’hui se soucier avant tout de servir leur communauté plutôt que de défendre leurs idées, leurs carrières ou leurs privilèges. En d’autres termes, la première caractéristique d’un dirigeant moral doit être de servir la communauté plutôt que de la dominer. Sa principale obligation doit être de servir au mieux les intérêts de l’ensemble plutôt que ceux d’un parti, d’une idéologie, d’une tribu ou d’une corporation.

L’autorité morale se reconnaît aussi par la recherche de la vérité dans une situation donnée avant d’agir, (au lieu de camper sur des positions préétablies ou partisanes) l’importance accordée aux processus décisionnels fondés sur le consensus, la capacité à inspirer et encourager une action constructive à la base et la faculté de voir « la fin dans le commencement » c’est-à-dire d’être visionnaire.

D’une manière générale, l’autorité morale doit approuver les idées sociales progressistes qui découlent du principe d’unicité de l’humanité en s’engageant à respecter les droits de l’homme, comprendre les instruments nécessaires au renforcement de la cohésion et du bien-être de la société, reconnaître sans ambiguïté l’égalité des femmes et des hommes et rejeter totalement toutes préférences fondées sur la race, l’appartenance ethnique, la croyance religieuse ou l’origine nationale.

Le concept d’unicité de l’humanité pose inévitablement des questions sur le rôle des partis politiques. Bien que ce rôle ait été, historiquement, de défendre les intérêts de circonscriptions longtemps laissées pour compte et de susciter de nouveaux courants de pensée, les nouvelles réalités de l’époque ainsi que les innovations dans les domaines de la technologie de la communication et de la science de l’organisation, les rendent de plus en plus superflus. Par ailleurs, les aspects négatifs de l’esprit partisan sont plus que jamais présents : tendance à mettre l’intérêt personnel au-dessus de l’intérêt général, possibilité d’acheter son influence et propension à vouloir gagner le combat politique même au détriment de la vérité.

Enfin, on réalisera que l’esprit partisan est aujourd’hui avant tout un facteur de division alors qu’à l’heure de la mondialisation, de l’interdépendance écologique et de la présence d’armes de destruction massive, notre principal objectif devrait être l’unité.

La caractéristique sans doute la plus importante de l’autorité morale est la véracité. « La sincérité est la base de toutes les vertus de l’humanité » dit ‘Abdu’l-Bahá. « Sans sincérité, le progrès et le succès d’une âme dans les royaumes de Dieu ne sont pas réalisables. Lorsque cet attribut saint est établi en l’être humain, toutes les qualités divines seront également atteintes. »

Bien entendu, le problème aujourd’hui est de savoir quand les dirigeants recherchent sincèrement la vérité et quand ils ne le font pas car tous les dirigeants d’aujourd’hui rendent hommage à la véracité. A cet égard, il est utile une fois de plus de comprendre la nature spirituelle de la réalité. Comme le dit ‘Abdu’l-Bahá, la sincérité est au cœur des autres vertus. On lit dans les Ecrits bahá’ís que : « ... c’est par ses bonnes actions que l’on prouve la vérité de ses paroles ».

Nous revenons alors à la réalité de l’âme humaine et au but fondamental de notre existence qui est d’acquérir des vertus spirituelles. A mesure que les individus progressent sur le plan spirituel, ils acquièrent la capacité de distinguer les actes vertueux de la fausse rhétorique.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017