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 Baha'u'llah
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Pour les dernières nouvelles concernant la Communauté Internationale Bahá’íe en anglais, se référer au site : Bahá'í World News Service
Revue n° 53-54, 2005

Aucun Etat n’est une île : il faut repenser l’idée de sécurité collective

L’Etat-nation moderne a été fondé en partie sur l’idée que les populations qui vivent à l’intérieur de ses frontières seront plus en sécurité si elles s’unissent contre les menaces extérieures.

Or, depuis quelques années, les Etats se révèlent impuissants à garantir la sécurité. Le monde étant de plus en plus interconnecté et interdépendant, les menaces qui pèsent sur les citoyens sont devenues plus diffuses et plus difficiles à contrer.

Aujourd’hui, la situation est différente. Les menaces les plus sérieuses viennent d’individus ou de groupuscules qui s’en prennent aux Etats, motivés souvent par leur intolérance ou leur fanatisme religieux.

Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants religieux il y a deux ans, le collège administratif mondial bahá’í, s’est expliquée à ce sujet. « Chaque jour qui passe voit grandir la menace d’une conflagration mondiale attisée par un fanatisme religieux dont les conséquences sont incalculables. Un gouvernement civil ne peut en aucun cas se défendre à lui tout seul. »

Et plus loin, dans la même lettre : « Ne nous méprenons pas en pensant que les appels à la tolérance mutuelle peuvent à eux seuls éteindre des querelles qui se réclament de la bénédiction divine. La crise actuelle doit faire comprendre aux dirigeants religieux qu’ils doivent rompre avec le passé avec autant de détermination que la société s’est élevée contre des préjugés aussi malfaisants que le racisme, la discrimination sexuelle et le nationalisme. »

Analysant la situation globale en matière de sécurité, le Groupe de personnalités de haut niveau explique que la pauvreté et le sous-développement sont les causes profondes de certaines menaces potentielles à notre sécurité. Il désigne également l’intolérance religieuse.

« Les groupes terroristes internationaux se réfugient dans les Etats faibles. Ils se recrutent facilement sur fond de rancoeurs nourries par la pauvreté, l’occupation étrangère et le déni des droits de l’homme et de la démocratie ; l’intolérance, religieuse ou autre ; et les conflits civils – tout un ensemble de raisons communes à toutes les régions où guerre civile et conflits régionaux s’entrecroisent. »

En ce qui concerne la nouvelle vision de la sécurité collective proposée par le Groupe, il convient de la considérer dans une perspective la plus large possible, celle de notre unité et de notre interdépendance sous-jacentes.

Le Groupe propose d’apporter à l’ONU un certain nombre de changements structurels, dont l’élargissement du Conseil de sécurité, le renforcement du rôle de l’Assemblée générale et la revitalisation de la Commission des droits de l’homme.

Il prévoit aussi de donner plus de poids à la société civile, corroborant ainsi les conclusions d’un Groupe d’experts sur les relations entre l’ONU et la société civile qui dit que « nous pensons que la société civile et les organisations non gouvernementales peuvent apporter des idées et des perspectives intéressantes sur des questions d’intérêt mondial ».

En fin de compte, le succès ou l’échec de ces réformes dépendra de la mesure dans laquelle les dirigeants du monde - et les peuples dont ils ont la charge – reconnaissent pleinement que nous sommes désormais interdépendants et qu’il n’y a qu’une seule race humaine. Ce n’est que par la reconnaissance de notre unité essentielle, sur laquelle se fonde notre réalité matérielle et spirituelle, que l’humanité trouvera la force de rompre avec le passé et de reconnaître cette unité globale nécessaire pour passer à un niveau supérieur de sécurité collective.

Aujourd’hui, ces menaces sont le fait de groupuscules, appareils ou organismes qui passent facilement à travers les frontières autrefois sûres de l’Etat-nation jusqu’alors bien protégé.

Cette nouvelle réalité tient une grande place dans les conclusions du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement. Nommé par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, il se compose de 16 anciens chefs d’Etat, ministres des affaires étrangères et hautes personnalités du monde politique ou privé. Leur compétence, la force et la franchise de leurs convictions rendent très intéressant ce rapport touchant aux questions de paix et de sécurité à long terme.

Le rapport dresse le constat suivant : « Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le monde ne connaissent pas de frontières, elles sont liées entre elles et doivent être prises en compte aux niveaux mondial et régional ainsi qu’au niveau national. Aucun Etat, aussi puissant soit-il, ne peut à lui seul se rendre invulnérable aux menaces actuelles. »

Dans cette optique, le Groupe lance un appel à l’élargissement et à la révision de la notion de sécurité collective pour se défendre contre des menaces à grande échelle que sont le terrorisme, les armes biologiques, la guerre civile, la criminalité organisée transnationale, la dégradation de l’environnement et les maladies infectieuses.

Et il conclut : « Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce n’est rien moins que d’un nouveau consensus entre des alliances qui s’érodent entre les pays riches et les pays pauvres, et entre des peuples enlisés dans une méfiance creusée par un fossé culturel apparemment de plus en plus profond. La nature de ce consensus est simple : nous sommes tous responsables de la sécurité des autres. Et pour mettre ce consensus à l’épreuve ce qu’il faut, c’est agir. »

La Communauté internationale bahá’íe affirme depuis longtemps que la sécurité collective est le seul chemin vers une paix durable. Bahá’u’lláh n’a-t-il pas écrit, il y a plus de 140 ans, que « le bien-être de l’humanité, sa paix et sa sécurité resteront inaccessibles aussi longtemps que son unité ne sera pas fermement établie ».

Bahá’u’lláh a également affirmé que la condition essentielle pour créer ce sentiment profond d’unité était de reconnaître notre interdépendance collective tout en se penchant sur des questions telles que la pauvreté, le racisme ou l’égalité des sexes.

Dans cet esprit, la Communauté Internationale bahá’íe soutient depuis longtemps les institutions internationales qui s’intéressent à la sécurité collective et défendent cette notion. Dans une lettre d’introduction à leurs propositions dans ce domaine, les bahá’ís définissent les grands principes qui guident leur approche de la question de la sécurité collective.

Les recommandations des bahá’ís s’appuient sur trois vérités apparentes : la véritable souveraineté n’est plus l’apanage des institutions de l’Etat du fait de l’interdépendance des nations ; la crise actuelle est d’ordre moral, spirituel et politique ; enfin, cette crise ne peut être surmontée que par l’établissement d’un ordre mondial représentant les peuples et les nations.

Parler d’une crise morale et spirituelle semble tout à fait pertinent alors que le plus grand danger qui semble menacer l’humanité aujourd’hui ne vient pas des nouvelles technologies ni même des idéologies politiques mais plutôt de la propagation du fanatisme religieux. Au vingtième siècle, le bien-être collectif de l’humanité a été moins menacé par les bombes ou les balles que par des idéologies qui prônaient la supériorité d’un groupe sur un autre, que ce soit en raison de sa race,de sa nationalité ou de sa classe sociale. La pire menace était celle de l’affrontement d’un Etat contre un autre.

Aujourd’hui, la situation est différente. Les menaces les plus sérieuses viennent d’individus ou de groupuscules qui s’en prennent aux Etats, motivés souvent par leur intolérance ou leur fanatisme religieux.

Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants religieux il y a deux ans, le collège administratif mondial bahá’í, s’est expliquée à ce sujet. « Chaque jour qui passe voit grandir la menace d’une conflagration mondiale attisée par un fanatisme religieux dont les conséquences sont incalculables. Un gouvernement civil ne peut en aucun cas se défendre à lui tout seul. »

Et plus loin, dans la même lettre : « Ne nous méprenons pas en pensant que les appels à la tolérance mutuelle peuvent à eux seuls éteindre des querelles qui se réclament de la bénédiction divine. La crise actuelle doit faire comprendre aux dirigeants religieux qu’ils doivent rompre avec le passé avec autant de détermination que la société s’est élevée contre des préjugés aussi malfaisants que le racisme, la discrimination sexuelle et le nationalisme. »

Analysant la situation globale en matière de sécurité, le Groupe de personnalités de haut niveau explique que la pauvreté et le sous-développement sont les causes profondes de certaines menaces potentielles à notre sécurité. Il désigne également l’intolérance religieuse.

« Les groupes terroristes internationaux se réfugient dans les Etats faibles. Ils se recrutent facilement sur fond de rancoeurs nourries par la pauvreté, l’occupation étrangère et le déni des droits de l’homme et de la démocratie ; l’intolérance, religieuse ou autre ; et les conflits civils – tout un ensemble de raisons communes à toutes les régions où guerre civile et conflits régionaux s’entrecroisent. »

En ce qui concerne la nouvelle vision de la sécurité collective proposée par le Groupe, il convient de la considérer dans une perspective la plus large possible, celle de notre unité et de notre interdépendance sous-jacentes.

Le Groupe propose d’apporter à l’ONU un certain nombre de changements structurels, dont l’élargissement du Conseil de sécurité, le renforcement du rôle de l’Assemblée générale et la revitalisation de la Commission des droits de l’homme. Il prévoit aussi de donner plus de poids à la société civile, corroborant ainsi les conclusions d’un Groupe d’experts sur les relations entre l’ONU et la société civile qui dit que « nous pensons que la société civile et les organisations non gouvernementales peuvent apporter des idées et des perspectives intéressantes sur des questions d’intérêt mondial ».

En fin de compte, le succès ou l’échec de ces réformes dépendra de la mesure dans laquelle les dirigeants du monde – et les peuples dont ils ont la charge – reconnaissent pleinement que nous sommes désormais interdépendants et qu’il n’y a qu’une seule race humaine. Ce n’est que par la reconnaissance de notre unité essentielle, sur laquelle se fonde notre réalité matérielle et spirituelle, que l’humanité trouvera la force de rompre avec le passé et de reconnaître cette unité globale nécessaire pour passer à un niveau supérieur de sécurité collective.



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Dernière mise à jour le 22/09/2017